Homosexualité: Un rabbin moderne orthodoxe s’oppose aux thérapies de conversion
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Homosexualité: Un rabbin moderne orthodoxe s’oppose aux thérapies de conversion

Daniel Sperber, lauréat du Prix Israël, a vivement critiqué les rabbins et les médecins qui affirment que cette pratique est efficace

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Le professeur et rabbin Daniel Sperber à la célébration d'ordination du premier groupe pour Harel Beit Midrash, le 9 juin 2015. (Sigal Krimolovski)
Le professeur et rabbin Daniel Sperber à la célébration d'ordination du premier groupe pour Harel Beit Midrash, le 9 juin 2015. (Sigal Krimolovski)

Dimanche, un important rabbin orthodoxe moderne en Israël a rendu une décision religieuse contre le recours à la thérapie de conversion auprès des homosexuels. Il a fustigé les responsables religieux qui affirment que cette pratique peut être efficace. Il a prévenu que ces thérapies peuvent avoir des conséquences graves et à long-terme.

« Ce traitement, selon des preuves solides, n’est pas efficace du tout. Il peut causer une grande souffrance physique et psychologique, des conséquences à long-terme et des dégâts graves », a écrit le rabbin et professeur Daniel Sperber en réponse à une demande de la Société israélienne pour les thérapies sexuelles.

La décision religieuse est intervenue alors que des groupes de défense des droits de LGBT s’apprêtent à mener de grandes manifestations dans plusieurs grandes villes du pays.

Ces manifestations auront lieu à la place des célébrations de la pride qui ont été annulées à cause du coronavirus. La décision est intervenue juste un an après que l’actuel ministre de l’Education, Rafi Peretz, avait voulu faire adopter la pratique avant de faire machine-arrière après avoir fait l’objet de commentaires et de critiques dures de l’ensemble de la classe politique.

Les thérapies de conversion, également appelées thérapies réparatrices ou de réorientation, ont été fortement critiquées en Israël, aux Etats-Unis et ailleurs. Des grandes organisations de santé ont critiqué ce qu’elles ont qualifié de méthodes pseudo-scientifiques et le traitement de l’homosexualité comme une maladie mentale.

Des membres de la communauté LGBT tiennent une pancarte où l’on peut lire en hébreu « un raciste homophobe doit démissionner » lors d’une manifestation contre le ministre de l’Education Rafi Peretz à Tel Aviv, le 14 juillet 2019.
(JACK GUEZ / AFP)

Sperber, un lauréat du Prix Israël du Talmud et universitaire des études juives à l’université Bar-Ilan, a écrit que « certaines des méthodes de thérapie de conversion incluent de la torture, et donc d’importantes organisations internationales » ont interdit cette pratique.

Sperber a critiqué les rabbins, des personnalités religieuses et des membres marginaux de la communauté médicale qui « pensent qu’il y a des bénéfices dans ces pratiques ».

Interrogé pour savoir si la thérapie de conversion était acceptable dans les limites de la halakha, la loi religieuse, Sperber a noté que la réponse était tout « simplement » non. Il a ajouté qu’il était interdit aussi bien de pratiquer que de financer ces thérapies. Il a précisé que le traitement ne devrait pas être utilisé, même si certains individus le réclamaient.

Le mois dernier, l’Association médicale israélienne et la municipalité de Tel Aviv ont annoncé la création d’une nouvelle ligne direct de signalements et de plaintes dédiée à la thérapie de conversion.

Même s’il est découragée par le ministère de la Santé, la pratique reste légale en Israël. Elle est encore acceptée dans certains cercles conservateurs et orthodoxes.

Les personnes qui appellent la ligne seront redirigées vers des services sociaux et la police, si c’est nécessaire. Elles pourront obtenir de l’aide des autorités, si elles le souhaitent.

On peut contacter la ligne directe au 03-7244660. Elle est disponible de 8h à 15h, du dimanche au jeudi.

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