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Horowitz reproche à Shaked de refuser l’assurance médicale aux réfugiés ukrainiens

Le ministre de la Santé juge "honteux" les propos de la ministre de l’Intérieur qui estime « impossible » qu’Israël augmente ses dépenses

Le ministre de la Santé Nitzan Horowitz lors d’une séance plénière à la Knesset, le 23 février 2022; la ministre de l’Intérieur Ayelet Shaked tient une conférence de presse à l’aéroport Ben Gurion près de Tel Aviv, le 13 mars 2022. (Yonatan Sindel; Roy Alima/Flash90)
Le ministre de la Santé Nitzan Horowitz lors d’une séance plénière à la Knesset, le 23 février 2022; la ministre de l’Intérieur Ayelet Shaked tient une conférence de presse à l’aéroport Ben Gurion près de Tel Aviv, le 13 mars 2022. (Yonatan Sindel; Roy Alima/Flash90)

Selon une information publiée jeudi, la ministre de l’Intérieur, Ayelet Shaked, aurait refusé que l’État finance une assurance médicale pour les milliers de réfugiés ukrainiens arrivés en Israël.

Shaked aurait déclaré qu’il était « impossible » qu’Israël finance leur assurance médicale, ont confirmé trois sources présentes lors d’une réunion du gouvernement à la Douzième chaîne.

Selon la Douzième chaîne, le ministre de la Santé, Nitzan Horowitz, aurait réagi à l’occasion d’une autre réunion à huis clos : « Il est inconcevable d’accueillir des réfugiés de guerre sans leur accorder de soins de santé. »

« C’est une honte, une honte », a martelé Horowitz, jurant qu’il ne laisserait pas Shaked faire ce qu’elle voulait.

Selon les informations disponibles, le gouvernement aurait, pour l’heure, pris la décision de ne pas prendre en charge l’assurance maladie des réfugiés, en dépit des coûts en jeu, de l’ordre de quelques millions de shekels, a précisé la chaîne.

Shaked a rétorqué qu’il « ne s’agissait pas de réfugiés mais de personnes venues [en Israël] avec un visa de touriste ».

« Ils recevront des soins médicaux d’urgence par l’intermédiaire de Terem [centres de services médicaux d’urgence], mais les familles qui les accueillent peuvent prendre en charge une assurance privée », a-t-elle ajouté.

La Douzième chaîne a indiqué que Shaked craignait que les réfugiés bénéficiant d’une assurance maladie renoncent à retourner en Ukraine une fois la guerre terminée et s’installent définitivement en Israël.

La question devrait à nouveau être évoquée lors de la réunion hebdomadaire du gouvernement, dimanche, selon les informations disponibles.

La polémique sur l’accueil des réfugiés en Israël se cristallise autour de Shaked.

Des immigrants fuyant l’Ukraine arrivent au bureau d’immigration et d’intégration de l’aéroport Ben Gourion près de Tel Aviv le 15 mars 2022. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

La prise en charge des réfugiés ukrainiens par Israël avait provoqué l’indignation, certains candidats à l’entrée ayant été maintenus des heures -voire des jours-, en zone d’attente à l’aéroport. Shaked avait alors pris des dispositions, la semaine passée, pour qu’ils soient hébergés à l’hôtel le temps d’examiner leur dossier.

Shaked a annoncé pour la première fois la semaine dernière qu’Israël se préparait à accueillir 100 000 réfugiés éligibles à la citoyenneté en vertu de la Loi du retour, concernant les personnes ayant au moins un grand-parent juif.

Elle a par ailleurs plafonné à 5 000 le nombre de réfugiés inéligibles à la citoyenneté (en plus des 20 000 qui se trouvaient dans le pays avant que la guerre n’éclate) susceptibles d’être accueillis par Israël.

Face à un tollé public, elle avait annoncé peu de temps après que les proches parents de citoyens Israéliens n’étaient pas concernés par ce plafond.

Toutefois, le degré de parenté acceptable par les autorités n’est pas encore clair.

Depuis le début des combats en Ukraine, provoqués par l’invasion russe le 24 février dernier, plus de 10 000 Ukrainiens sont arrivés en Israël.

2 800 d’entre eux seraient éligibles à l’immigration en vertu de la Loi sur le retour ou l’auraient d’ores et déjà fait, selon les chiffres du ministère de l’Immigration et de l’Intégration. 944 d’entre aurait volontairement quitté Israël ou se seraient vu refuser l’entrée.

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