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"L'accord ne sert pas les intérêts de l’Iran au Liban"

Hulata : Le Liban n’a pas atteint ses objectifs dans l’accord maritime avec Israël

Si le conseiller à la sécurité nationale reconnaît que Beyrouth obtiendra une grande part des eaux contestées, il note que le Liban voulait l'intégralité du champ gazier de Cana

Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Un bateau lance-missiles israélien de classe 4.5 Saar surveillant le navire flottant de production, de stockage et de déchargement Energean sur le champ gazier de Karish, le 2 juillet 2022. (Crédit : Armée israélienne)
Un bateau lance-missiles israélien de classe 4.5 Saar surveillant le navire flottant de production, de stockage et de déchargement Energean sur le champ gazier de Karish, le 2 juillet 2022. (Crédit : Armée israélienne)

Si le Liban a réussi à avoir la quasi-totalité des eaux qui étaient au cœur d’un différend avec Israël, il n’a pas obtenu ce qu’il recherchait véritablement dans l’accord sur la frontière maritime entre les pays, a déclaré mercredi le conseiller à la sécurité nationale Eyal Hulata, alors que les ministres s’apprêtaient à faire avancer l’accord négocié par les États-Unis.

« Le Liban n’a pas obtenu 100 % de ses revendications », a déclaré Hulata lors d’un briefing avec les journalistes, « mais le Liban a reçu quelque chose ».

« Ce que le Liban voulait vraiment – et ils ont l’exigé jusqu’à la dernière minute – c’était 100 % du champ gazier de Cana. Ils ont essayé de parvenir à un arrangement dans lequel nous obtiendrions Karish et ils obtiendraient Cana », a-t-il ajouté.

Israël recevra une indemnisation financière sur un certain pourcentage des revenus du champ de Cana, selon le texte de l’accord.

Selon Hulata, les deux parties étaient parfaitement conscientes que le véritable enjeu concernait les droits sur le gaz de Cana, et non les eaux territoriales.

Il a ajouté que les Libanais n’ont pas non plus obtenu ce qu’ils voulaient en termes de frontière proche du rivage, ce qui était important pour eux dans la mesure où cette délimitation est susceptible d’avoir un impact dans de futures négociations concernant la frontière terrestre.

Hulata a également fait valoir que l’accord n’était pas une victoire pour l’Iran ou pour le groupe terroriste du Hezbollah, qui est soutenu par Téhéran, comme le chef de l’opposition Benjamin Netanyahu et d’autres détracteurs de l’accord l’ont affirmé à grands cris.

« Cet accord ne sert pas les intérêts de l’Iran au Liban. Cet accord renforce l’indépendance du gouvernement libanais et réduit sa dépendance vis-à-vis du Hezbollah », a-t-il dit.

Le conseiller à la sécurité nationale Eyal Hulata et Lior Schillat, directeur général du ministère de l’Énergie, lors d’un briefing vidéo avec des journalistes, le 12 octobre 2022. (Crédit : Capture d’écran)

Lior Schillat, le directeur-général du ministère de l’Énergie, a déclaré lors du briefing que le développement du champ gazier de Cana – et les recettes qu’Israël recevra de la part du géant français de l’énergie TotalEnergies – se fera en quatre phases, dont la première devrait durer de 2 à 4 ans.

Au cours de cette phase d’exploration, des études géologiques initiales et des forages d’essai seront réalisés. Toutefois, avant tout, Israël et Total devront conclure un accord portant sur les indemnisations qui seront versées à l’État juif.

Au cours de la phase suivante, des forages d’exploration supplémentaires seront réalisés pendant un à deux ans, avant qu’une décision finale d’investissement ne soit prise. Les deux parties se mettront d’accord sur la quantité de gaz naturel présente dans le champ et sur le montant qu’Israël touchera pour les ressources énergétiques situées de son côté de la frontière maritime, avant la signature d’un accord détaillé.

Israël recevra le premier paiement de Total avant le début des premiers forages. Une fois les fonds transférés, la phase de développement commencera et elle durera probablement entre 4 à 7 ans. Pendant cette période, des forages seront effectués pour extraire le gaz et des tuyaux seront posés.

La phase finale, qui se déroulera au cours des 25 à 50 prochaines années, sera le travail d’extraction, Israël continuant à recevoir des paiements selon un calendrier convenu.

Schillat et Hulata se sont exprimés après que le gouvernement a voté en faveur de l’accord, l’envoyant à la Knesset pour une période de réexamen de 14 jours avant un vote d’approbation final par les ministres.

Les membres du cabinet votent sur l’accord sur la frontière maritime du Liban à Jérusalem, le 12 octobre 2022. (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO)

Avant la tenue du cabinet ministériel, l’accord a été délibéré par le cabinet de sécurité, plus restreint. Hulata et d’autres hauts responsables de la sécurité participant à cette réunion ont exprimé leur soutien à l’accord et ont fait valoir qu’il ne profitait pas au Hezbollah.

« Le Hezbollah ne voulait pas d’un accord avec Israël mais il a compris que compte-tenu de la crise politique intérieure au Liban, il avait la possibilité de gagner des points auprès de l’opinion publique », a déclaré David Barnea, chef du Mossad, selon le site d’information Walla.

Le chef d’état-major de l’armée israélienne, Aviv Kohavi, a fait écho à Barnea en disant que l’accord n’était pas bon pour le Hezbollah, selon le site.

Mardi matin, Israël a annoncé qu’il était parvenu à un accord « historique » avec le Liban concernant la frontière maritime entre les deux pays dans les eaux méditerranéennes riches en gaz.

Le Premier ministre Yair Lapid a déclaré que l’accord « renforcerait la sécurité d’Israël, injecterait des milliards dans l’économie israélienne et assurerait la stabilité de la frontière nord du pays ».

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