« Hyper Caché » : un otage témoigne
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« Hyper Caché » : un otage témoigne

Yohann Dorai faisait partie des otages de l’Hyper Cacher enfermé dans la chambre froide du magasin

Yohann Dorai, l'un des otages de l'Hyper Cacher, se confie au Parisien (Crédit : Capture d’écran DailyMotion/Parisien)
Yohann Dorai, l'un des otages de l'Hyper Cacher, se confie au Parisien (Crédit : Capture d’écran DailyMotion/Parisien)

Yohann Dorai faisait partie des otages de l’Hyper Cacher il y a un an. Enfermé dans la chambre froide du magasin avec six autres personnes, Yohann Dorai témoigne dans un livre des heures d’angoisse étonnement ponctuées d’humour.

Dans son livre « Hyper Caché », Yohann Dorai, 39 ans, père de quatre enfants raconte la place de l’humour pendant ces heures sombres.

Yohann était dans ce supermarché casher pour la première fois de sa vie, alors qu’il se préparait à partir au ski avec des amis, rapporte Le Parisien.

Accompagné d’un ami, Rudy, au moment où Amedy Coulibaly entre dans le magasin, Yohann entend les tirs sans parvenir à voir ce qu’il se passe. Son ami se précipite alors vers lui pour le prévenir que le terroriste est armé de la Kalashnikov.

Un quinzaine de clients, avec à leur tête Rudy qui connaît les lieux pour y avoir travaillé, se dirigent vers la sortie de secours. Cette dernière étant fermée, le groupe se dirige vers la réserve en sous-sol.

Si d’autres font le choix de remonter, sept personnes se cloîtrent dans la chambre froide dont un bébé de 11 mois. Yohann débranche le système de refroidissement et ferme la porte à clé derrière lui.

Durant les longues heures de ce huis clos, Yohann n’aura de cesse d’essayer d’amuser la galerie, avec les moyens du bord il fera sourire le bébé, invitant les autres otages à manger le coucous de sa femme dès qu’ils sortiront de ce cauchemar.

Il ira jusqu’à déclarer au Raid qu’il ferait mieux de se dépêcher de les libérer parce qu’il doit s’occuper d’organiser la bar mitsva de son fils.

« Ces petites blagues sont ma réponse à l’angoisse générale, un moyen de nous faire positiver envers et contre tout. C’est aussi ma façon à moi d’extérioriser la peur qui me dévore, » confesse-t-il au Parisien. Lui aussi était pourtant sur d’y rester.

Pendant toute la prise d’otages, Yohann est en contact avec le Raid. Il explique que tous les quarts d’heure, la police leur assurait que le dénouement était proche.

Avec le temps qui passe, il avoue ne plus y avoir cru, jusqu’au moment ou le Raid leur donne instruction de se réunir au fond de la chambre froide.

Le Raid finit par défoncer la porte. Avant de les exfiltrer, les otages sont fouillés. Ils sortent en file indienne par l’entrée du magasin, ils sont alors témoins de l’ampleur du carnage.

Yohann a écrit ce livre « pour rendre hommage aux policiers et aux victimes décédées. Pour m’aider à me reconstruire aussi : je dors deux heures par nuit en moyenne, et chaque bruit inhabituel de la rue me fait sursauter, » avoue-t-il au Parisien.

Il témoigne que l’humour lui a permit de lutter contre la situation désespérée dans laquelle il se trouvait.

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