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« Il ne faut pas toujours respecter les électeurs » : Meloni répond à BHL

Le philosophe juif français a déploré la perspective d'une victoire de la coalition des droites aux législatives de dimanche

Bernard-Henri Lévy. (Autorisation)
Bernard-Henri Lévy. (Autorisation)

La dirigeante du parti d’extrême droite italien Fratelli d’Italia, Giorgia Meloni, a vertement répondu mardi au philosophe juif français Bernard-Henri Lévy selon qui « il ne faut pas toujours respecter les électeurs » quand leur choix « n’est pas respectable ».

Interrogé lundi soir sur la chaîne de télévision publique Rai 3 à quelques jours des législatives du 25 septembre en Italie, le philosophe français a rappelé qu’un « fasciste venu par les urnes ne se convertit pas automatiquement en démocrate ».

« Non, il ne faut pas toujours respecter les électeurs. Vous savez, quand les électeurs portent au pouvoir Benito Mussolini, ou Adolf Hitler, ou même Vladimir Poutine, ce choix n’est pas respectable. La démocratie, c’est deux choses : c’est la volonté populaire bien sûr, mais c’est aussi le respect d’un certain nombre de valeurs et de principes fondamentaux qui caractérisent aussi la démocratie », a souligné Bernard-Henri Lévy depuis Paris.

« Le jour où Mussolini, vous le savez mieux que personne en Italie, le jour où le maréchal Pétain est investi par l’Assemblée nationale, ils ne deviennent pas des démocrates », a-t-il également dit.

L’entrevue de Montoire, le 3 octobre 1940, entre le maréchal Pétain et Adolf Hitler. (Crédit : Wikimedia Commons)

Jeudi, Giorgia Meloni, dont la formation post-fasciste est donnée favorite du scrutin de dimanche devant le Parti démocrate (PD, centre-gauche) et qui pourrait devenir Première ministre, a répondu sur son compte Twitter.

« Le service public invite un écrivain français – qui défendit autrefois le terroriste communiste Cesare Battisti [condamné à la perpétuité pour sa participation à la lutte armée des Brigades rouges, ndlr]- pour nous expliquer l’idée qu’a la gauche de la démocratie et comparer l’Italie conduite par la droite aux pires régimes », a-t-elle réagi.

Giorgia Meloni, chef du parti Fratelli d’Italia, lors d’une interview à Marina di Pietrasanta, le 4 août 2022. (Crédit : Riccardo Dalle Luche / ANSA / AFP)

« Autrement dit : si les Italiens votent FdI et la Ligue, il ne faut pas respecter leur choix », a-t-elle ajouté.

Bernard-Henri Lévy a précisé qu’il ne connaissait pas Giorgia Meloni mais a débattu il y a quelques années avec Matteo Salvini, chef de la Ligue (anti-immigration) et membre de la coalition de droite-/extrême droite formée avec Fratelli d’Italia et Forza Italia de Silvio Berlusconi.

Matteo Salvini, le 15 septembre 2019. (Crédit : AP Photo/Luca Bruno)

« Je l’ai trouvé pathétique et ridicule (…), un personnage d’une faiblesse insigne », a-t-il dit. La perspective d’une victoire de la coalition des droites est « triste pour l’Italie, berceau de l’Europe, de l’idée républicaine et de l’idée démocratique », a encore estimé Bernard-Henri Lévy.

FdI a saisi le gendarme de l’audiovisuel, et la Ligue a demandé la démission du patron de la Rai, Carlo Fuortes, en dénonçant des déclarations non contradictoires alors que la campagne électorale sera close vendredi.

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