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Il n’y aura « jamais » d’Iran nucléaire, jure le chef du Mossad

David Barnea affirme que l'agence "fera tout ce qui est nécessaire" pour faire disparaître la menace alors que le pays examine la crédibilité de l'option militaire

Des avions de combat F-35 israéliens volent en formation lors de l'exercice militaire Blue Flag en octobre 2021. (Crédit : armée israélienne)
Des avions de combat F-35 israéliens volent en formation lors de l'exercice militaire Blue Flag en octobre 2021. (Crédit : armée israélienne)

Le chef de l’agence d’espionnage du Mossad a déclaré jeudi qu’un mauvais accord sur le nucléaire iranien, qui pourrait être conclu entre les puissances mondiales et l’Iran, serait « intolérable » pour Israël, jurant que jamais la République islamique ne sera en capacité de se doter de l’arme atomique.

« Il est clair qu’enrichir de l’uranium à 60 % n’est pas nécessaire à des fins civiles », a déclaré David Barnea pendant une cérémonie organisée à la résidence présidentielle, qui rendait hommage à des agents du Mossad d’exception. « Trois sites d’enrichissement ne sont pas nécessaires. Des milliers de centrifugeuses actives ne sont pas nécessaires – à moins qu’en définitive, il y ait une intention de développer réellement une arme atomique. »

« Un accord mauvais – j’espère que cela n’arrivera pas – nous serait intolérable », a-t-il ajouté. « L’Iran se bat pour obtenir l’hégémonie régionale, elle nourrit le terrorisme que nous parvenons quotidiennement à bloquer dans le monde entier et elle menace sans relâche la stabilité au Moyen-Orient. »

« Nos yeux sont grands ouverts, nous sommes prêts et, avec nos partenaires de l’establishment de la sécurité, nous ferons tout ce qui est nécessaire pour réduire la menace qui plane sur Israël et pour la déjouer indépendamment des moyens utilisés », a poursuivi Barnea.

« L’Iran n’obtiendra pas l’arme nucléaire – ni dans les prochaines années, ni jamais. C’est la promesse que je vous fais, c’est la promesse faite par le Mossad », a-t-il poursuivi.

Les propos de Barnea ont été tenus alors que les négociations ont repris à Vienne entre la République islamique et les puissances mondiales visant à redonner vie à l’accord sur le nucléaire conclu en 2015 – le JCPOA – qui limitait le programme nucléaire iranien en échange d’un allègement des sanctions imposées au pays.

De gauche à droite : Le Premier ministre Naftali Bennett, le président Isaac Herzog et le chef du Mossad David Barnea allument des bougies de Hanoukka à la résidence du président à Jérusalem, le 2 décembre 2021. (Crédit : Haim Zach/GPO)

Israël s’oppose avec force à cet accord et l’État juif a vivement recommandé à l’administration Biden – qui cherche à réintégrer l’accord – de mettre un terme aux pourparlers, accusant Téhéran d’utiliser les négociations pour gagner le temps nécessaire aux avancées de ses activités nucléaires.

L’Iran enrichit actuellement de l’uranium à un degré de pureté de 60 % – un degré très proche de celui nécessaire pour fabriquer une bombe atomique et qui dépasse de loin le seuil de pureté qui avait été fixé par le JCPOA. Un uranium enrichi à 90 % ne présente aucune utilité à des fins civiles.

Israël exerce des pressions sur ses alliés pour qu’ils abandonnent l’accord de 2015, affirmant qu’il faut plutôt trouver un arrangement meilleur ou mettre en vigueur des sanctions lourdes soutenues par une menace militaire crédible.

Une vidéo diffusée par la télévision d’État de la République islamique d’Iran, IRIB, montre diverses centrifugeuses, le 11 avril 2021, à l’installation d’enrichissement d’uranium de Natanz en Iran. (Crédit : IRIB via AP, File)

Interrogé sur les projets potentiels de frappe militaire contre les sites nucléaires iraniens au cours d’une rare interview télévisée diffusée jeudi, le chef de l’armée de l’air, Amikam Norkin, a déclaré que Tsahal considérait comme prioritaire les préparations en vue d’une telle éventualité.

Il s’est néanmoins abstenu de répondre directement lorsque la Treizième chaîne lui a demandé si les forces aériennes seraient en mesure de neutraliser totalement la menace d’un Iran nucléaire.

« Nous devons toujours être prêts pour une option militaire – et c’est donc une éventualité qui est devenue une haute priorité », a-t-il dit devant les caméras.

« Nous faisons des erreurs, nous nous améliorons », a continué Norkin qui est resté évasif lorsqu’il a été interrogé sur les capacités de l’armée de l’air et sur la menace immédiate posée par l’Iran.

Norkin a comparé l’État juif à une « politique d’assurance » contre l’acquisition par Téhéran de la bombe atomique. Alors qu’il lui était demandé si cette politique d’assurance serait amenée à jouer, il a simplement répondu que « nous ferons tout ce qui s’avèrera nécessaire ».

Le chef de l’armée de l’air, le général Amikam Norkin, lors d’un entretien télévisé, le 2 décembre 2021. (Capture d’écran : Treizième chaîne)

Par ailleurs, le site d’information Walla a rapporté jeudi qu’Israël n’avait aucun plan d’opération pour frapper le programme nucléaire iranien.

L’article, qui n’a pas cité ses sources, a expliqué que les militaires travaillaient bien sur des plans d’action à mettre en œuvre si cela était nécessaire, mais que les exercices pour ce type de mission n’avaient pas commencé et qu’ils prendraient plusieurs mois.

Une fois ces entraînements particuliers effectués, l’armée israélienne sera alors en mesure de fournir aux hauts-responsables une option militaire détaillée, a poursuivi Ynet.

Au début de la semaine, le ministre israélien des Affaires étrangères, Yair Lapid, avait déclaré au président français Emmanuel Macron que seule une menace militaire crédible serait en mesure de mettre un terme au programme nucléaire de Téhéran. D’éminents responsables israéliens se sont entretenus avec leurs homologues aux États-Unis, au Royaume-Uni, en France et en Allemagne, ces derniers jours, pour tenter de mettre en garde contre les négociations avec la République islamique, qui ont recommencé lundi après une longue pause.

L’administration Biden a fait part de manière répétée de son désir de réintégrer le JCPOA (Joint Comprehensive Plan of Action), après le retrait de l’accord des États-Unis, décidé par l’ancien président américain Donald Trump. Suite à ce retrait, les États-Unis avaient réappliqué des sanctions à l’encontre de Téhéran et l’Iran, de son côté, avait ouvertement violé les dispositions du pacte.

L’administration Biden a insisté sur le fait qu’elle ne lèverait les sanctions imposées que si elle constatait des changements concrets et prouvés dans le comportement de la République islamique, ajoutant que certaines sanctions resteraient toutefois en vigueur.

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