« Il y a des enfants à l’intérieur ! » : incendies à Sussiya après une attaque de résidents d’implantation
Aucun blessé n'a été signalé ; Tsahal et la police sont arrivés après l’extinction des feux, sans procéder à des arrestations ; l’avant-poste illégal de Kol Mevaser est en reconstruction
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Des habitations et des véhicules du village palestinien de Sussiya, dans le sud de la Cisjordanie, ont été incendiés mardi soir lors d’une attaque qui a été commise, semble-t-il, par des partisans du mouvement pro-implantations israéliens.
Des images diffusées par les médias palestiniens ont montré plusieurs incendies dans le village. Selon certaines informations, au moins quatre sites auraient été pris pour cible, notamment une tente où vivaient des habitants et l’entrée d’une maison où se trouvait une famille.
Deux véhicules ont été incendiés et un autre a eu ses vitres brisées, selon des militants de gauche.
L’agence de presse officielle de l’Autorité palestinienne (AP), WAFA, a rapporté que quatre habitants ont été pris en charge sur place après avoir inhalé des fumées toxiques.
Les forces de sécurité israéliennes ont été envoyées sur les lieux plus tard dans la soirée. À leur arrivée, les incendies avaient déjà été maîtrisés.
Aucune arrestation n’a été effectuée.
Des images filmées par les caméras de sécurité – horodatées aux environs de 20 h 15 et diffusées par les médias palestiniens – montrent plus d’une dizaine d’assaillants masqués mettant le feu à un camion et à un autre véhicule près de deux bâtiments. Plusieurs semblent armés de bâtons.
À un moment donné, l’un des individus visibles ramasse un objet au sol et il le lance en direction de la caméra. On distingue les franges d’un tzitzit, un sous-vêtement rituel juif, sous la chemise d’un autre individu qui se tient à côté de lui.
CCTV footage shows a large group of Israeli settlers setting Palestinian homes and vehicles on fire in an attempt to burn families alive in the village of Susya in the West Bank, then trying to destroy the security camera to erase the evidence. pic.twitter.com/156MTNhExz
— Ihab Hassan (@IhabHassane) February 25, 2026
Dans une autre vidéo, on entend un Palestinien crier en arabe qu’il faut apporter de l’eau à « la maison ». Il interpelle ensuite quelqu’un, cette fois en hébreu, en lui disant que « des enfants sont à l’intérieur ! »
L’armée israélienne et la police ont finalement envoyé des renforts dans ce village situé dans les collines du sud de Hébron. Dans un communiqué commun, elles ont indiqué qu’à leur arrivée, les flammes étaient éteintes et qu’aucun blessé n’était à déplorer.
Elles ont ajouté que les troupes ratissaient la zone à la recherche de suspects et que le Shin Bet examinait l’incident.
« Les forces de sécurité condamnent fermement ce type d’incident et elles continueront d’agir pour maintenir l’ordre public dans la région », ont-elles déclaré.
Mais mercredi matin, aucune arrestation n’avait été signalée.
Les médias palestiniens ont également fait état de violences nocturnes dans plusieurs villages de la région de Masafer Yatta, près de Sussiya. Selon WAFA, des habitants de Khirbet Qawawis et de Khirbet al-Halawa ont affirmé que des résidents d’implantations avaient ouvert les barrières des enclos où se trouvait le bétail, laissant les bêtes s’échapper. Des incidents similaires ont été signalés à al-Mirkaz et à Khirbet at Tabban.
Les résidents d’implantations reviennent dans un avant-poste démoli
Dans le nord de la Cisjordanie, des résidents d’implantations ont été filmés mardi en train de reconstruire un avant-poste illégal dans la zone B, placée sous contrôle administratif de l’AP.
Cet avant-poste, appelé Kol Mevaser, a déjà été démantelé à plusieurs reprises par les autorités israéliennes dans le passé, en raison de préoccupations sécuritaires.
Il s’agit de l’un des rares cas de construction illégale par des résidents d’implantations que les autorités israéliennes ont cherché à empêcher – ces dernières concentrant généralement leurs efforts sur les constructions palestiniennes non autorisées.
Des extrémistes juifs sont néanmoins retournés mardi sur la colline située près du village palestinien de Mukhmas, qui a été la cible d’attaques répétées de la part de partisans du mouvement pro-implantations israéliens.
Des images montrent des résidents d’implantations utilisant des engins de chantier lourds – ce qui semble indiquer que Tsahal a choisi de détourner le regard, ne cherchant pas activement à stopper ces travaux.
מתנחבלים בונים מחדש את קן הטרור ״קול מבשר״ בשטח B בין חאלת א-סידרה למיחמאס תוך שימוש בכלי עבודה כבדים.
אתמול קבוצת מתנחבלים דיווחו שכוחות הכיבוש פינו אותם מהשטח הצבאי הסגור בפעם העשירית מאז אוקטובר.
כרגיל, הכוחות לא ביצעו מעצרים וכעת המתנחבלים בונים מחדש לקראת המתקפות הבאות pic.twitter.com/zfsvFbDuec
— Herd of Justice (@JustHerds) February 24, 2026
Mukhmas a été le théâtre de violences meurtrières la semaine dernière, lorsque des résidents d’implantations armés ont abattu Nasrallah Abu Siam, un Palestino-Américain de 19 ans, et qu’ils ont blessé quatre autres hommes.
Abu Siam a été la première personne à avoir été tuée par des extrémistes juifs en Cisjordanie pour 2026 – et la 37ᵉ depuis le pogrom qui avait été perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas, le 7 octobre 2023, qui avait déclenché une guerre de deux ans à Gaza, selon l’agence WAFA.
Les attaques de résidents d’implantations ont augmenté depuis le début du conflit contre le Hamas. Bien que quasi quotidiennes, elles restent largement impunies. Les poursuites contre les extrémistes juifs sont rares, et les condamnations plus rares encore. Les détracteurs accusent le gouvernement, décrit comme le plus radical de l’histoire d’Israël, de fermer les yeux sur ces violences.
Des données publiées le mois dernier par Tsahal et le Shin Bet ont fait état d’une hausse de 27 % des attaques de résidents d’implantations en 2025 par rapport à l’année précédente.
Outre l’augmentation globale des attaques des résidents d’implantations, 2025 a également vu une hausse du nombre d’incidents graves, notamment des fusillades, des incendies criminels et d’autres crimes violents, avec 128 cas recensés, contre 83 en 2024 et 54 en 2023, selon ces données.
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