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Implantations : Des agents de sécurité en grève après l’arrestation d’un collègue

L'agent de sécurité privée en charge de l’avant-poste illégal a été accusé d’entrave à la justice après que des extrémistes ont crevé des pneus dans un village palestinien voisin

Illustration : Coucher de soleil au-dessus de l’avant-poste illégal de Havat Gilad, en Cisjordanie, le 26 août 2009. (Nati Shohat/Flash90)
Illustration : Coucher de soleil au-dessus de l’avant-poste illégal de Havat Gilad, en Cisjordanie, le 26 août 2009. (Nati Shohat/Flash90)

Des dizaines d’agents de sécurité chargés de coordonner, avec l’armée, la protection des implantations de Cisjordanie ont annoncé, mercredi, qu’ils se mettraient en grève, après l’arrestation d’un des leurs, soupçonné d’être impliqué dans un crime racial.

L’incident a commencé, dans la nuit de lundi, par des pneus de voiture crevés dans le village palestinien de Fara’ata, dans le nord de la Cisjordanie, à proximité de l’avant-poste illégal de Havat Gilad.

Selon la chaine Kan, l’agent de sécurité de Havat Gilad aurait été arrêté pour entrave à la justice et complot en vue de commettre un crime, après que des images de caméra de sécurité l’ont montré en train de se débarrasser d’un sac utilisé par des extrémistes juifs pour commettre les actes de vandalisme anti-arabe. Les images ont permis de voir un suspect avec un sac à dos rouge, sac abandonné ensuite le long de la route par l’agent de sécurité.

Lors de l’audience mercredi, le commandant de la brigade régionale de Samarie, le colonel Roy Zweig, a pris la défense de l’agent de sécurité, affirmant que c’était « lui qui avait signalé l’incident à Tsahal. Par le passé, il a agi pour empêcher de tels actes. Il sauve la vie des habitants chaque nuit ».

Mais le juge du tribunal de première instance de Jérusalem a statué qu’« il existait un doute raisonnable que le suspect ait commis les infractions qui lui sont reprochées » et a prolongé sa détention provisoire jusqu’à vendredi.

Un autre garde a également été arrêté, mais sa détention provisoire n’a pas été prolongée, a indiqué Kan.

En réaction, des représentants des agents de sécurité ont déclaré que « la police a saisi l’occasion de s’en prendre à un agent de sécurité privée, et hier notre ami… a été emmené pour interrogatoire, arrêté comme un criminel ».

Plus de 40 agents de sécurité privée ont signé la déclaration annonçant un mouvement de grève et « la suspension immédiate de tout contact avec l’armée et la police jusqu’à nouvel ordre !!! »

Les cas de vandalisme contre les Palestiniens et les forces de l’ordre israéliennes sont communément qualifiées de « représailles », les auteurs affirmant faire écho à la violence palestinienne ou aux politiques gouvernementales perçues comme hostiles aux implantations.

Leurs auteurs sont très rarement arrêtés et les groupes de défense des droits de l’homme déplorent que les condamnations le soient davantage, les charges étant abandonnées dans la plupart des cas.

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