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Impôts palestiniens retenus par Israël : Argaman aurait rencontré Abbas

Le dirigeant du Shin Bet aurait tenté de convaincre le chef de l'Autorité palestinienne d'accepter les fonds collectés par Jérusalem

Le chef de l'agence de sécurité intérieure du Shin Bet, Nadav Argaman, lors de la commission de la Défense et des Affaires étrangèresà la Knesset, le 6 novembre 2018. (Crédit : Hadas Parush/Flash90/Dossier)
Le chef de l'agence de sécurité intérieure du Shin Bet, Nadav Argaman, lors de la commission de la Défense et des Affaires étrangèresà la Knesset, le 6 novembre 2018. (Crédit : Hadas Parush/Flash90/Dossier)

Le responsable des services de sécurité du Shin Bet, Nadav Argaman, a récemment rencontré le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas pour tenter de le persuader d’accepter l’argent des impôts collectés par Israël au nom de l’AP, selon un reportage diffusé samedi par la Douzième chaîne.

Abbas a refusé d’accepter les fonds, l’Etat juif retenant de l’argent à hauteur du montant des sommes versées par l’Autorité palestinienne aux familles de terroristes.

La date de la rencontre entre les deux hauts-responsables reste indéterminée pour le moment.

Le Shin Bet a refusé de commenter l’information.

Israël avait annoncé, au mois de février, que le pays retiendrait 138 millions de dollars en fonds mensuels à l’AP – la somme correspondant aux paiements octroyés aux Palestiniens emprisonnés pour terrorisme et pour violences au sein de l’Etat juif ainsi qu’aux familles de terroristes morts après avoir mené des attentats.

Le président Mahmoud Abbas s’exprime pendant la réunion hebdomadaire de cabinet de l’AP dans la ville de Ramallah en Cisjordanie, le 29 avril 2019. (Crédit : Majdi Mohammed / POOL / AFP)

Israël affirme que les fonds versés par l’Autorité palestinienne aux terroristes et à leurs familles encouragent la violence et représentent une incitation directe à commettre des attentats. Pour les Palestiniens, il s’agit d’allocations sociales données aux familles touchées par le conflit.

Les Palestiniens ont protesté contre cette coupure unilatérale du versement des fonds et refusent depuis de recevoir les impôts collectés mensuellement par Israël, et ce tant que l’Etat juif refusera de verser cet argent dans sa totalité. Pour équilibrer ses finances, l’Autorité a émis des mesures d’austérité.

Les taxes collectées et transférées par Israël à l’Autorité palestinienne s’élèvent à des centaines de millions de shekels et représentent plus de la moitié de son budget mensuel.

Israël aurait tenté à plusieurs occasions de transférer le montant de 182 millions de dollars à l’AP – des transactions qui ont été rejetées. Jérusalem s’inquiète d’un effondrement de l’Autorité palestinienne, ce qui déstabiliserait la Cisjordanie.

Des Palestiniens protestent contre une hausse des impôts à Ramallah, en Cisjordanie, le 12 décembre 2018. (Crédit : Luke Tress/Times of Israel)

Au mois d’avril, la Ligue arabe a promis d’octroyer la somme de 100 millions de dollars mensuels pour compenser le manque des fonds versés par l’Etat juif.

Début 2018, les Etats-Unis ont drastiquement réduit leur contribution à l’UNRWA, l’agence controversée de l’ONU chargée des réfugiés palestiniens et de leurs descendants, en la faisant passer de 360 millions de dollars à 60 millions de dollars. En 2019, aucune contribution américaine ne sera apportée à l’organisation.

Le ministre des Finances de l’AP Shukri Bishara a annoncé que Ramallah avait adopté une série de mesures d’austérité afin de réduire l’impact de la pénurie de fonds sur les opérations gouvernementales, avec notamment une réduction des salaires versés aux fonctionnaires.

Le Premier ministre de l’Autorité palestinienne Mohammad Shtayyeh a récemment mis en garde contre un effondrement de l’AP au mois de juillet ou au mois d’août si l’impasse avec Israël n’était pas résolue.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre des Finances Moshe Kahlon auraient évoqué, au mois d’avril, des plans d’urgence en cas d’effondrement du système financier de l’Autorité palestinienne. Les deux hommes auraient parlé des mesures à mettre en place et des initiatives possibles à prendre pour conserver la solvabilité des Palestiniens, craignant que les déboires financiers rencontrés par l’AP ne paralysent l’économie et ne déstabilisent la Cisjordanie toute entière.

La Banque mondiale a mis en garde contre une crise économique à venir en Cisjordanie si le problème ne devait pas être résolu dès le mois d’avril.

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