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Indignation après la suppression du mot « massacre » dans le titre du projet de loi commémorant le 7-Octobre

À la demande du bureau du Premier ministre, le terme a été supprimé du titre du texte commémorant le pogrom ; mais la question devrait être réexaminée avant le vote final

Du sang dans une maison envahie par des terroristes du Hamas, dans le kibboutz Beeri, le 7 octobre 2023. (Crédit : Edi Israël/Flash90)
Du sang dans une maison envahie par des terroristes du Hamas, dans le kibboutz Beeri, le 7 octobre 2023. (Crédit : Edi Israël/Flash90)

Mercredi, des familles endeuillées ont exprimé leur indignation après la demande du bureau du Premier ministre de supprimer le mot « massacre » du titre d’un projet de loi présenté à la Knesset pour commémorer le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, pour le remplacer par le mot « événements ».

Si la commission de l’Éducation, de la Culture et des Sports de la Knesset a approuvé cette modification, la question n’est pas encore définitivement tranchée.

Des mesures avaient été prises à ce sujet avant même la discussion de mercredi au sein de la commission.

En effet, le projet de loi présenté aux membres de la commission et aux invités au début de la séance portait déjà le titre « Mémoire et commémoration des événements de Simhat Torah », le terme « massacre » ayant été supprimé.

Au cours de la discussion du projet de loi, Yoel Elbaz, représentant du bureau du Premier ministre, a déclaré que pour décrire le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas au cours duquel plus de 1 200 personnes ont été tuées et 251 autres enlevées, le bureau préfère utiliser un mot en hébreu qui signifie littéralement « événements », mais qui a également été utilisé par le passé pour désigner des « émeutes ».

La raison, selon lui, est que le 7-Octobre « ce n’était pas seulement un massacre, mais aussi de l’héroïsme ».

Le site de la rave organisée aux abords de la frontière avec Gaza où le Hamas a commis un carnage le 7 octobre, à proximité du kibboutz Reim, le 12 octobre 2023. (Crédit : Ohad Zwigenberg/AP)

« Tout comme les émeutes de 1929 ont été appelées ainsi et non le ‘massacre de 1929’, note-t-il, faisant référence au massacre de Hébron en 1929, au cours duquel environ 69 Juifs ont été assassinés par des émeutiers arabes.

« Je ne sais pas dans quelle mesure les gens se souviendront du nom de la loi – ils se souviendront plutôt des actions menées par les autorités, qui préserveront également la mémoire du massacre », a ajouté Elbaz.

Dans un premier temps, le président par intérim de la commission, le député Yosef Taieb (Shas), a semblé rejeter cette idée, déclarant : « Il n’y aura aucune tentative de masquer la réalité. »

« Nous savons tous aujourd’hui qu’il y a eu un massacre. Ma préoccupation est de savoir si nos enfants et petits-enfants le sauront », a-t-il expliqué.

La commission a néanmoins décidé de supprimer le mot « massacre », même si Taieb a indiqué que la question serait réexaminée avant le vote final.

« Il faudra me passer sur le corps pour que cette loi soit adoptée », a déclaré Hila Abir, sœur de Lotan Abir, assassiné lors du festival de musique Nova, lors de la discussion du projet de loi.

« Où est la mort de nos frères et de nos enfants ? Tout a été effacé ! »

Elle a également dénoncé le fait que la commission s’occupe de « changer le récit » avant même qu’une commission d’enquête ait été mise en place pour établir ce qui s’est exactement passé et comment éviter de nouvelles catastrophes à l’avenir.

Lotan Abir, assassiné au Festival Supernova, le 7 octobre 2023, sur une photo non datée. (Crédit : Autorisation)

« Il est insensé que le bureau du Premier ministre gère cet événement alors qu’il entrave l’enquête », a-t-elle ajouté.

« Vous faites entrer le loup dans la bergerie ? »

Benjamin Netanyahu s’oppose fermement à la création d’une commission d’État et résiste à la pression exercée en ce sens depuis plus de deux ans. Il affirme qu’une commission d’État serait partiale à l’égard du gouvernement, car elle est nommée par le pouvoir judiciaire, dont son gouvernement cherche à limiter les pouvoirs.

Au lieu de cela, la coalition propose un projet de loi visant à mettre en place une enquête politiquement nommée, plutôt qu’une commission d’enquête nationale indépendante, une initiative à laquelle s’opposent la plupart des familles des otages et des proches des personnes assassinées le 7-Octobre.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’exprimant lors d’une conférence de presse au ministère de la Défense, à Tel Aviv, le 28 octobre 2023. (Crédit : Dana Kopel/POOL

« Nous avons attendu deux ans et demi, et nous attendrons encore un peu jusqu’à ce qu’il y ait une loi digne de ce nom qui convienne à tout le monde, jusqu’à ce qu’il y ait une enquête digne de ce nom », a poursuivi Abir.

Le Conseil d’octobre, qui représente de nombreuses familles endeuillées de personnes assassinées le 7 octobre 2023, a déclaré dans un communiqué qu’il s’agissait de « la dernière tentative du bureau du Premier ministre pour étouffer le massacre du 7-Octobre ».

« Nous sommes ici pour affirmer clairement : il y a eu un massacre. Nous en avons payé le prix le plus élevé possible. Nous veillerons à ce que tous les responsables fassent l’objet d’une enquête menée par une commission d’enquête nationale et qu’ils en paient également le prix », poursuit le communiqué.

« La vie d’aucun politicien n’a pas plus de valeur que celle de nos enfants, de nos frères et de nos parents. Honte à vous. »

Suite à l’indignation générale le bureau de Netanyahu a ensuite souligné que le terme apparaissait dans le corps du texte de la législation, tout en reconnaissant qu’il s’était opposé à l’inclusion de ce mot dans le titre.

« Contrairement aux informations qui ont circulé, le projet de loi inclut explicitement le mot ‘massacre’, » a indiqué le bureau dans un communiqué, « comme convenu lors des discussions entre la Knesset et le gouvernement, il y a trois semaines ». Le bureau a transmis une image du projet de loi montrant que le mot était bien présent dans le corps du texte.

Le communiqué n’a pas mentionné les réactions négatives du public à la demande soumise par le bureau de Netanyahu, concernant la modification du titre du projet de loi.

Interrogé à ce sujet, un porte-parole du bureau a déclaré au Times of Israel que la demande de modification ne visait pas à exclure le mot, mais plutôt à conserver le nom original de la proposition du gouvernement, qui n’a jamais inclus ce terme.

La commission de l’Éducation, de la culture et des sports de la Knesset a approuvé aujourd’hui la fusion de deux projets de loi commémorant le pogrom du 7-octobre. Le premier – un texte qui a été parrainé par 80 députés et qui est intitulé « Projet de loi visant à commémorer le massacre et l’héroïsme du 22 Tishrei » – a été adopté en première lecture le mois dernier et il a fait l’objet depuis de discussions au sein de la commission.

Le second, un projet de loi du gouvernement intitulé « Mémoire et commémoration des événements de Simchat Torah », a été approuvé par la commission des Lois, il y a plusieurs semaines, a précisé le bureau du porte-parole de la Knesset.

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