« Instabilité inimaginable » si on touche à l’eau de l’Égypte, martèle Sissi
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« Instabilité inimaginable » si on touche à l’eau de l’Égypte, martèle Sissi

"Personne ne peut se permettre de prendre une goutte d'eau de l'Egypte, sinon la région connaîtra une instabilité inimaginable", a déclaré le président égyptien

Illustration: un jeune pêcheur égyptien tire son filet sur le Nil dans le village de Gabal al-Tear près de la ville de Minya, à quelque 265 km au sud de la capitale égyptienne, Le Caire, le 13 novembre 2019. (Crédit : Khaled DESOUKI / AFP)
Illustration: un jeune pêcheur égyptien tire son filet sur le Nil dans le village de Gabal al-Tear près de la ville de Minya, à quelque 265 km au sud de la capitale égyptienne, Le Caire, le 13 novembre 2019. (Crédit : Khaled DESOUKI / AFP)

Le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, a averti mardi que la région entourant l’Egypte connaîtrait une « instabilité inimaginable » si le barrage construit par l’Ethiopie sur le Nil menaçait « une goutte d’eau » égyptienne.

« Personne ne peut se permettre de prendre une goutte d’eau de l’Egypte, sinon la région connaîtra une instabilité inimaginable », a déclaré le président lors d’une conférence de presse à Ismaïlia, interrogé sur ce grand barrage controversé.

« Personne ne doit s’imaginer qu’il est loin de la portée de l’Egypte », a ajouté M. Sissi en soulignant que la part des eaux du Nil revenant à l’Egypte était « une ligne rouge ».

Le barrage de la Grande Renaissance éthiopienne (GERD), amené à devenir la plus grande installation hydroélectrique d’Afrique, est depuis son lancement en 2011 source de tensions entre le Soudan, l’Egypte et l’Ethiopie.

L’Egypte, qui dépend du Nil pour environ 97 % de son irrigation et son eau potable, le considère comme une menace pour son approvisionnement en eau.

Le Soudan craint que ses propres barrages ne soient endommagés si l’Ethiopie procède au remplissage du GERD avant qu’un accord ne soit conclu.

Mais l’Ethiopie affirme que l’énergie hydroélectrique produite par le barrage sera vitale pour répondre aux besoins énergétiques de ses 110 millions d’habitants.

De son côté, le Premier ministre Abiy Ahmed, a déclaré la semaine dernière que l’Ethiopie n’avait « pas l’intention » de faire souffrir l’Egypte avec son barrage.

« Ce que je veux que nos frères qui vivent de l’autre côté (en Egypte et au Soudan) comprennent c’est que nous ne voulons pas vivre dans les ténèbres. Nous avons besoin d’une ampoule ».

Lors d’une conférence à Addis Abeba mardi, le porte-parole du ministère des Affaire étrangères Dina Mufti a déclaré que l’Ethiopie restait favorable à des négociations tripartites en collaboration avec l’Union Africaine.

« L’Ethiopie pense que les problèmes africains peuvent être résolus par les Africains eux-mêmes. Nous respectons la sagesse africaine et les négociations actuelles (…) nous espérons qu’elles vont réussir », a-t-il dit.

M. Sissi a toutefois précisé qu’il « ne menaçait pas » et que son pays n’avait « jamais menacé ».

« Mais notre réaction au cas où l’on porterait atteinte (à notre part des eaux du Nil, ndlr) affectera la stabilité de l’ensemble de la région », a-t-il martelé.

L’Egypte et le Soudan ont exhorté l’Ethiopie à ne pas effectuer le remplissage avant la signature d’un accord.

Le sujet a fait l’objet d’environ une décennie de discussions sans qu’aucun accord ne soit trouvé.

« Au cours des prochaines semaines, il y aura des négociations et j’espère que nous allons parvenir à un accord juridique contraignant », a encore dit M. Sissi.

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