Intel Capital : Israël a de meilleures idées que la Silicon Valley
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Intel Capital : Israël a de meilleures idées que la Silicon Valley

Wendell Brooks a déclaré qu'Israël était l'un des trois centres technologiques sur lesquels Intel Capital se focalisait

Ricky Ben-David est journaliste au Times of Israël

Wendell Brooks (à gauche), président d’Intel Capital et vice président d’Intel Corp., et Lip-Bu Tan, PDG de Cadence Design Sytems et président de Walden International, échangent sur la scène au Sommet mondial d’Intel Capital 2019 le 1 avril 2019. (Intel Corporation)
Wendell Brooks (à gauche), président d’Intel Capital et vice président d’Intel Corp., et Lip-Bu Tan, PDG de Cadence Design Sytems et président de Walden International, échangent sur la scène au Sommet mondial d’Intel Capital 2019 le 1 avril 2019. (Intel Corporation)

PHOENIX, Arizona — Cette semaine, l’esprit d’entrepreneuriat et d’innovation d’Israël a été mis à l’honneur lors de la conférence annuelle d’Intel Capital organisée sur trois jours, alors que des entrepreneurs, de cadres d’Intel, des acteurs de premier plan du secteur et d’investisseurs d’Israël et du monde entier se sont retrouvés à Phoenix dans l’Arizona pour l’événement.

Lundi, s’exprimant auprès de la presse israélienne en marge du sommet, Wendell Brooks, le président d’Intel Capital, a déclaré qu’Israël était l’un des trois centres techniques sur lesquels Intel Capital, la branche d’Intel Corporation chargée des investissements, se focalisait (avec ceux de Pékin/Shanghai en Chine et de la Silicon Valley en Californie). Brooks a également remarqué que les entrepreneurs israéliens ont souvent de « meilleures idées que dans la Valley ».

« Ils apportent incontestablement une perspective différente », a déclaré Brooks, qui est aussi le vice-président d’Intel Corp.

Lors d’une discussion sur la scène dans le cadre de son intervention phare du sommet, Brooks a demandé à Lip-Bu Tan, Américain d’origine malaysienne, PDG de la multinationale américaine Cadence Design Systems et président de fonds d’investissements à risque Walden International, quel écosystème – celui de la Chine ou celui d’Israël – il connaissait le mieux. Tan a répondu avec une boutade en disant qu’il était plus simple de prendre un vol entre la Californie et Tel Aviv.

« L’entrepreneuriat [en Israël] est très bon, et les gens sont vraiment passionnés. J’investis beaucoup là-bas », a déclaré Tan.

Soulignant que les Israéliens sont intelligents, plein d’humour et directs, Tan a déclaré que les Israéliens « peuvent débattre avec vous, se confronter à vous, et je [prèfère] cela que de tourner autour du pot, ils sont très directs ».

Pour Tan, un autre aspect positif de l’écosystème technologique israélien vient du fait que l’entrepreneuriat y est « véritablement mondial parce que leur marché intérieur est très petit ».

Lundi, lors de la conférence, Intel Capital a annoncé qu’elle allait agrandir son équipe en Israël, en nommant deux directeurs des investissements qui seront focalisés sur les start-up en phase précoce. Le fonds d’investissement à risque a déclaré avoir terminé l’année de 2018 avec un total de 110 millions d’euros d’investissements dans 14 start-up et entreprises israéliennes. Ces investissements concernaient l’entreprise technologique de transfert de données Moovit, dans laquelle Intel a investi 44 millions d’euros, et Habana Labs, un développeur de processeurs d’intelligence artificielle, dans lequel Intel a investi 66 millions d’euros l’année dernière.

Brooks a déclaré qu’Intel Capital que 2018 a été une année record pour les investissements en Israël et que 2019 devrait être « encore meilleure ».

Le premier investissement d’Intel Capital dans une startup israélienne cette année était pour la startup ProteanTecs basée à Haïfa, qui a lancé une campagne de financement pour lever 31 millions d’euros. Fondée en 2017, ProteanTeacs a développé une solution pour prédire et surveiller la performance et la fiabilité de systèmes électroniques à travers toute leur durée d’opération.

Cet investissement était l’un de 14 nouveaux investissements à risque à hauteur de 104 millions d’euros qu’Intel a effectué dans des entreprises mondiales jusqu’à maintenant pour 2019. Ces investissements concernaient des entreprises dans le domaine de l’intelligence artificielle, de la santé, de la production intelligente et des technologies de données.

Les dirigeants de 14 entreprises qui rejoignent le portefeuille d’Intel Capital posent avec le président d’Intel capital Wendell Brooks à la résidence Biltmore dans l’Arizona alors que le 19ème Sommet annuel d’Intel Capital a été lancé le 1 avril 2019. (Crédit : Intel Corporation)

Au cours des dernières années, l’entreprise américaine a évolué du statut de fabricant de puces informatiques en silicium à celui d’entreprise qui gère des données, avec des activités allant de la production de puces au développement de produits de sécurité pour les véhicules, les connexions sans fil, les drones et les technologies basées sur le cloud.

Brooks a déclaré qu’actuellement, environ « 50 % de ses revenus proviennent de plate-formes focalisées sur les données », puisque Intel Capital a créé de nouveaux modèles d’activité. L’entreprise n’essaie plus de faire des investissements directement en lien avec l’activité d’Intel Corp.

Dirigé par Brooks, Intel Capital dispose actuellement d’un porte-feuille avec 339 entreprises – dont 28 sont Israéliennes – en baisse par rapport au 470 entreprises dans lesquelles le fonds avait investi il y a cinq ans quand il a pris sa direction. Brooks a expliqué qu’un nombre plus réduit d’entreprises permet d’être mieux focalisé sur chaque compagnie.

« Nous voulons investir là où nous pouvons ajouter de la valeur, et proposer des solutions aux clients, a-t-il déclaré. De nombreux fonds d’investissement à risque donnent de l’argent ; nous voulons donner de l’expertise et des connaissances, et nous voulons développer des relations ».

Les tours Azrieli à Tel Aviv (Crédit : Moshe Shai/Flash90)

Et Israël est un bon choix dans cette optique. « Tel Aviv est le premier endroit [dans le monde] où l’on a l’impression qu’il y a un éco-système durable, un éco-système de croissance où des entreprises s’occupent d’autres entreprises », a déclaré Brooks, expliquant qu’il s’agissait d’une des raisons pour lesquelles il a agrandi l’équipe israélienne et a investi plus d’argent dans des startup israéliennes.

« L’innovation fait avancer les économies, et les deux meilleurs endroits pour cela sont Israël et les Etats-Unis », a-t-il déclaré.

Un autre type de fonds d’investissement

Roi Bar-Kat, l’un des deux nouveaux directeurs de l’investissement de l’équipe israélienne, a déclaré au Times of Israël qu’Intel Capitale, en tant que fonds d’investissement, se trouvait au-dessus du lot, notamment parce que c’est le fonds le plus actif du genre en Israël.

« Nous avons l’argent, donc nous n’avons pas à perdre du temps pour lever des fonds. Nous sommes les fonds d’investissement d’entreprise le plus important, et les startup qui travaillent avec nous ne sont pas sous pression pour sortir. Nous avons aussi accès à des ressources en ingénierie, nous disposons d’une grande base de clients et de partenaires », a déclaré Bar-Kat, en citant certaines raisons pour lesquelles des startup voudraient travailler avec Intel Capital en Israël.

Noam Kaiser, qui rejoint l’équipe israélienne d’Intel Capital, a déclaré que le fonds « remet en question le monde de l’investissement à risque, en investissant en phase précoce et promouvant un modèle de compensation basé sur le succès ».

« C’est une culture de l’investissement qui prend vraiment en compte les entrepreneurs et développe des relations avec eux où nous pouvons être directs et, quand c’est nécessaire, leur dire des vérités difficiles », a déclaré Kaiser, ancien responsable de développement de l’activité chez Amazon pour l’investissement à risque en Israël, en Espagne et au Portugal.

L’équipe israélienne d’Intel Capital, de gauche à droite : Noam Kaiser, Shira Vissoker, Roi Bar-Kat, et Yair Shoham. (Crédit: Intel Corp.)

Chez Intel Capital, Kaiser va se concentrer sur les technologies de cloud informatique, le devops, les technologies de données et de mobilité, tandis que Bar-Kat, qui travaillait auparavant pour le fonds d’investissement américain Liberty Technology, se focalisera sur des startup dans les domaines de la sécurité informatique, de l’intelligence artificielle et des véhicules autonomes.

Kaiser et Bar-Kat vont rejoindre Yair Shoham, directeur investissement d’Intel Capital en Israël, et Adi Caspi Zepkowitz, un partenaire, dans l’équipe.

Intel en Israël

Intel est derrière le plus grand rachat d’une entreprise israélienne de l’histoire, en ayant fait l’acquisition de l’entreprise basée à Jérusalem Mobileye, un constructeur de systèmes d’aide à la conduite, en 2017 pour la somme record de 13,5 milliards d’euros.

Cette année, l’entreprise américaine était aussi dans la course pour acheter Mellanox Technologies, le fabricant israélien de serveur à haute vitesse et de solutions de réseau de stockage, acheté le mois dernier par le fabricant de puces Nvidia (un concurrent d’Intel) pour 5,9 milliards d’euros.

Brooks a déclaré qu’Intel avait « regardé de près » Mellanox et qu’elle semblait être une « entreprise intéressante » mais que la compagnie israélienne avait fini par accepter la proposition de Nvidia. Il a refusé de donner des chiffres.

Le président d’Intel Capital a déclaré que le géant du semi-conducteur va continuer la compétition avec Nvidia en Israël alors que l’entreprise fait de grands progrès dans la technologie de véhicule autonome dirigée par Mobileye.

Installées discrètement, les 12 caméras offrent une configuration à 360 degrés pour offrir une vision globale à long portée et un capacité à se garer à la voiture autonome développée par Intel Mobileye (Intel Corp.)

« Nous sommes loin devant tout le monde, et même si nous n’aurons peut-être pas de voiture totalement autonome avant au moins 2021, nous serons les premiers », a déclaré Brooks.

En janvier, Intel a confirmé qu’il construisait une nouvelle usine à Kiryat Gat, où l’entreprise produit et développe certaines de ses puces informatiques les plus avancées. Il s’agit d’un investissement à hauteur de 9,8 milliards d’euros

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