Intelligence artificielle : Israël est « à la traîne » – Autorité de l’Innovation
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Intelligence artificielle : Israël est « à la traîne » – Autorité de l’Innovation

L'Autorité israélienne de l'innovation exhorte le gouvernement, les universités et l'industrie à s'unir pour faire progresser l'intelligence artificielle, en concurrence mondiale

Photo d'illustration : Robots et intelligence artificielle (AI) (Crédit : PhonlamaiPhoto; iStock by Getty Images)
Photo d'illustration : Robots et intelligence artificielle (AI) (Crédit : PhonlamaiPhoto; iStock by Getty Images)

L’Autorité israélienne de l’Innovation – en charge d’établir les politiques du pays en termes de technologie – a averti que la « Start-up Nation » est « à la traîne dans la course pour la domination technologique dans le secteur de l’intelligence artificielle » et que, sans l’allocation de ressources et d’instruments appropriés, Israël prenait le risque de perdre face à d’autres nations.

« La course pour le leadership dans les technologies basées sur l’intelligence artificielle a commencé », a déclaré Aharon Aharon, directeur de l’Autorité israélienne de l’innovation, lors d’un entretien téléphonique avec le Times of Israel à l’occasion de la publication de son rapport annuel 2018-2019. « L’intelligence artificielle va faire partie de nos vies pendant de nombreuses années et, sans programme national d’ampleur pour Israël, nous allons rester à la traîne du reste du monde ».

Israël doit « combler le retard » avec les pays qui se livrent à d’énormes investissements dans les infrastructures liées à l’intelligence artificielle, a-t-il ajouté.

L’Autorité réclame la « consolidation de tous les secteurs – gouvernement, universités et industrie – pour mettre au point une vision et une stratégie en faveur de l’intelligence artificielle pour l’économie israélienne ».

Aharon Aharon, directeur de l’autorité de l’innovation d’Israël à la conférence de Tel Aviv, en juin 2017. (Crédit : autorisation Ofer Vaknin)

L’intelligence artificielle – le secteur qui donne aux ordinateurs des capacités d’apprentissage – existe depuis les années 1950. Elle profite actuellement d’une renaissance rendue possible par la puissance informatique plus élevée des puces. Le secteur devrait croître à un taux annuel composé de presque 37 % en 2018 et devrait devenir à un marché d’environ 191 milliards de dollars d’ici 2025, selon MarketsandMarkets, une firme de recherche.

L’intelligence artificielle et l’apprentissage automatique sont utilisés pour une vaste gamme d’applications – de la reconnaissance faciale à la détection des maladies dans les imageries médicales jusqu’aux compétitions mondiales dans des jeux tels que les échecs et Go. Les nations investissent d’ores et déjà d’énormes montants d’argent dans le secteur, qui doit être au cœur de l’avancée de la technologie et qui sera déterminant dans la croissance économique du monde entier ».

« Les pays et les entreprises qui dominent cette vague d’innovation se tailleront la part du lion dans les bénéfices conséquents, tandis que ceux qui sont à la traîne devront se satisfaire des miettes », explique le rapport.

De plus en plus de pays développent actuellement des stratégies nationales dans le secteur de l’intelligence artificielle, établit le rapport, avec 17 pays – notamment le Canada, la Chine, le Danemark, la France, l’Inde, la Corée du sud et Taïwan – qui ont déjà déclaré leurs stratégie dans ce domaine, certains avec des investissements à hauteur de milliers de dollars. La Chine, par exemple, a investi plus de 10 milliards de dollars dans l’IA. Elle est suivie par la Corée du sud (deux milliards de dollars) et la France (1,5 milliard de dollars), note l’Autorité israélienne de l’innovation.

« Nous devons reconnaître le fait que nous sommes déjà à la traîne dans la course à la domination technologique basée sur l’intelligence artificielle », note le rapport. Les lourds investissements dans les infrastructures basées sur l’IA des autres gouvernements « devraient être un signal d’avertissement pour nous. Si les ressources appropriées ne sont pas allouées, et si nous ne développons pas les outils adaptés pour faire avancer la domination israélienne dans ce type précis de technologie, alors nous risquons d’être moins performants que les autres ».

La stratégie israélienne doit relever un certain nombre de défis essentiels, notamment le renforcement de la recherche universitaire dans le secteur de l’intelligence artificielle, le renforcement du capital humain dans le secteur, le développement des infrastructures informatiques et de données pour la R&D au service de l’université et de l’industrie. Il faut également aider à mettre en œuvre les technologies de l’intelligence artificielle dans toutes les industries.

Photo d’illustration : Robots et intelligence artificielle (AI) (Crédit : PhonlamaiPhoto; iStock by Getty Images)

Les gouvernements doivent avoir un rôle dans le développement de la technologie de l’intelligence artificielle, à la fois parce qu’elle exige des investissements lourds et à long terme dans des infrastructures généralement trop onéreuses pour que les entreprises les assument elles-mêmes et aussi parce qu’un cadre régulatoire est nécessaire pour garantir la transition harmonieuse du processus décisionnaire des humains vers les machines.

« La transition vers l’acceptation des décisions prises par des algorithmes, en particulier dans des secteurs critiques, exige une régulation appropriée », dit encore le rapport. « Dans l’intelligence artificielle, les décisions sont prises par des entités non-humaines. En résultat, il y a un glissement du concept de culpabilité ».

« L’Etat d’Israël fait face à des défis significatifs dans le domaine de l’innovation au cours d’une période durant laquelle l’IA s’établir comme la plate-forme technologique centrale de notre génération. Ces dernières années, de nombreux pays riches en ressources ont réalisé que la puissance d’innovation est essentielle à la croissance économique, et ils investissent des sommes énormes dans l’innovation et dans la recherche. Ces défis occuperont le devant de la scène dans les activités de l’Autorité de l’innovation dans les années à venir », a commenté Ami Appelbaum, chef scientifique du ministère de l’Économie et de l’Industrie et président de l’Autorité israélienne de l’innovation.

Lors des vagues technologiques précédentes survenues dans la révolution numérique, l’Etat juif s’est toujours trouvé parmi les pays à ouvrir la voie – comme cela a été le cas dans le secteur des communications, où l’industrie de la Défense a joué un rôle déterminant, et celui des logiciels, dirigé par les chercheurs académiques. Le gouvernement a également assumé un rôle essentiel dans la promotion de ces secteurs et il doit aujourd’hui agir de manière similaire pour renforcer le développement des technologies de l’intelligence artificielle, dit le rapport.

Selon le IVC Research Center et le cabinet d’avocats ZAG-S&W 2018 Israel Tech Funding Report, les éditeurs de logiciels spécialisés dans les technologies d’IA ont levé un total de 1,89 milliard de dollars dans 171 transactions en 2018, contre 1,5 milliard en 2017 et seulement 397 millions en 2013.

« En dépit de la menace considérable que représente la concurrence mondiale croissante, nous pensons qu’Israël a d’excellentes chances d’être un leader technologique à l’ère de l’IA », indique le rapport.

L’écosystème de l’innovation d’Israël est « mature et sophistiqué », son milieu universitaire possède de solides compétences informatiques et le pays dispose d’un capital humain qualifié, avec des entrepreneurs qui « se distinguent par leur audace et leur innovation ».

« Alors qu’un petit pays comme Israël ne peut pas rivaliser avec d’énormes investissements en Chine, dans Google ou Amazon, au fil des ans, les entreprises israéliennes ont réussi à devenir des leaders technologiques dans des domaines exclusifs et ont été en mesure de concurrencer des organisations riches en ressources. Ce sont tous des atouts importants qui aideront Israël à s’engager dans la prochaine vague de technologie – la vague d’IA – si nous réussissons à ouvrir la voie à l’industrie », indique le rapport.

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