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Interdiction d’un concours de court-métrages LGBTI à Istanbul

Si l'homosexualité n'est pas réprimée sur le plan pénal en Turquie, l'homophobie y est en revanche répandue et se manifeste notamment par des agressions et des meurtres

Drapeau LGBTIQ. (Crédit : Wikimedia commons)
Drapeau LGBTIQ. (Crédit : Wikimedia commons)

Les autorités turques ont interdit un concours de court-métrages sur le thème des LGBTI (lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres et intersexes) qui devait se tenir samedi à Istanbul, prétextant des risques d’atteintes à l’ordre public.

L’événement « ne sera pas autorisé afin de garantir l’ordre public et la sécurité, de protéger les droits et la liberté des autres personnes et de prévenir la criminalité », a déclaré vendredi soir dans un communiqué la préfecture de Beyoglu, quartier de la rive européenne Istanbul où devaient se tenir les projections.

Ce concours de « court-métrages LGBTI+ » turcs était organisé par le Pink Life Queer Fest et le British Council. Un débat était prévu après les projections.

Ces rassemblements « pourraient être contraires à la morale publique et une menace pour la sécurité et l’ordre public », poursuit le communiqué de la préfecture qui fait référence à plusieurs événements, dont la projection de films, les rencontres prévues et une marche.

Les autorités affirment également que les demandes d’autorisation nécessaires n’avaient pas été faites.

Suite à la publication de ce communiqué, les organisateurs de l’événement ont annoncé son report, sans préciser à quelle date.

Cette décision survient moins d’une semaine après l’annonce par le gouvernorat d’Ankara de l’interdiction « jusqu’à nouvel ordre » des rassemblements culturels LGBTI dans les cinémas et lieux d’exposition de la province d’Ankara, suscitant la colère d’associations qui avaient dénoncé une mesure « discriminatoire » et « arbitraire ».

La semaine dernière, les autorités de la capitale turque avaient déjà interdit un festival de cinéma organisé par le Pink Life Queer Fest au cours duquel devaient être projetés des films allemands.

Si l’homosexualité n’est pas réprimée sur le plan pénal en Turquie, l’homophobie y est en revanche répandue et se manifeste notamment par des agressions et des meurtres, selon des ONG.

Plus tôt ce mois-ci, le président Recep Tayyip Erdogan avait publiquement décrié l’existence d’un « quota gay » pour des élections de comités de quartier dans une ville de l’ouest de la Turquie.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan durant un discours sur les tensions diplomatiques avec les Pays-Bas, à Istanbul, le 12 mars 2017. (Crédit : Ozan Kose/AFP)

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