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Irak : les Yazidis célèbrent leur nouvel an dans la tristesse

L'humeur était sombre chez les fidèles, nombre d'entre eux ayant été durement affectés par les violences del'EI ayant frappé leur communauté depuis 2014

Cérémonie du Nouvel an de la communauté yazidie irakienne, devant le temple Lalish, près de Dohuk, le 18 avril 2017. (Crédit : Safin Hamed/AFP)
Cérémonie du Nouvel an de la communauté yazidie irakienne, devant le temple Lalish, près de Dohuk, le 18 avril 2017. (Crédit : Safin Hamed/AFP)

Des milliers de Yazidis ont marqué mercredi leur nouvel an dans un temple du nord de l’Irak, le plus grand rassemblement de cette minorité depuis qu’elle a été prise pour cible par les jihadistes.

Vêtus d’habits traditionnels, tenant des bougies et des lampes à huile, les Yazidis ont débuté leurs célébrations mardi soir à Lalish, à une cinquantaine de kilomètres au nord de Mossoul.

L’évènement est censé commémorer la création de l’univers par les anges et célébrer la nature et la fertilité.

Mais l’humeur était sombre parmi les fidèles, nombre d’entre eux ayant été durement affectés par les violences du groupe Etat islamique (EI) ayant frappé leur communauté à partir de 2014, lorsque les terroristes ont pris le contrôle de vastes régions d’Irak, dont la région de Sinjar d’où sont originaires la plupart des Yazidis.

Cérémonie du Nouvel an de la communauté yazidie irakienne, à Bashiqa, près de Mossoul, le 19 avril 2017. (Crédit : Safin Hamed/AFP)
Cérémonie du Nouvel an de la communauté yazidie irakienne, à Bashiqa, près de Mossoul, le 19 avril 2017. (Crédit : Safin Hamed/AFP)

« Je ne suis pas heureuse, ce n’est pas comme avant parce qu’il y a ceux qui sont toujours entre les mains de Daech [acronyme arabe de l’EI] », confie Zoan Msaid, une femme originaire de la région de Sinjar, et qui vit désormais dans un camp de déplacés.

« Nous ne pouvons pas oublier nos coutumes et traditions mais je veux juste que ceux qui sont encore détenus reviennent, c’est tout », poursuit-elle.

Les Yazidis sont une minorité kurdophone pratiquant une religion monothéiste qui a emprunté certains de ses éléments au christianisme ou à l’islam. Ils sont considérés comme hérétiques par l’EI.

‘Plus comme avant’

Durant l’été 2014, les terroristes de l’EI ont massacré de nombreux hommes yazidis lors de leur conquête du mont Sinjar, et ont enlevé des centaines, voire des milliers, de femmes, vendues comme épouses aux jihadistes ou réduites à l’état d’esclave sexuelle.

Les forces kurdes irakiennes ont repris fin 2015 la ville de Sinjar avec l’appui aérien de la coalition commandée par les Etats-Unis.

Selon l’ONU, l’EI a commis un génocide contre la communauté yazidie. Quelque 3 000 Yazidis seraient encore entre les mains des jihadistes.

Une femme irakienne déplacée de la communauté Yazidi, qui a fui la violence entre les djihadistes du groupe islamique (EI) et les combattants peshmerga dans la ville de Sinjar, dans le nord du pays, qui est dans un camp pour les personnes déplacées dans la zone de Sharia, à 15 kilomètres de la ville de Dohuk, le 17 novembre 2016 (Crédit : Safin Hamed/AFP)
Une femme irakienne déplacée de la communauté Yazidi, qui a fui la violence entre les djihadistes du groupe islamique (EI) et les combattants peshmerga dans la ville de Sinjar, dans le nord du pays, qui est dans un camp pour les personnes déplacées dans la zone de Sharia, à 15 kilomètres de la ville de Dohuk, le 17 novembre 2016 (Crédit : Safin Hamed/AFP)

« Bien sûr, après trois ans sous la domination des jihadistes qui ont tué les Yazidis et imposé un esclavage de masse, rien n’est plus comme avant », déclare Cheir Ibrahim Keshto, professeur et expert de la culture yazidie. « Nous vivons dans le chagrin maintenant et la situation dans les camps est catastrophique. »

Yazda, une association caritative soutenant les Yazidis victimes de la persécution de l’EI a exhorté la minorité « à continuer à observer ses rites religieux pour préserver l’identité ethno-religieuse et l’héritage de l’un des plus vieux peuple. »

Cette association a cependant fait part de son inquiétude sur le fait que même les secteurs repris aux terroristes demeurent peu sûrs pour les Yazidis en raison des querelles entre forces kurdes rivales. Des tensions y ont récemment éclaté entre les peshmergas du principal parti de la région autonome du Kurdistan en Irak, et les forces du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), un groupe séparatiste kurde considéré comme « terroriste » par la Turquie.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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