Iran: Berlin, Paris, Londres dénoncent l’accélération de la production d’uranium
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Iran: Berlin, Paris, Londres dénoncent l’accélération de la production d’uranium

La République islamique, qui a toujours nié vouloir se doter de l'arme nucléaire, s'est progressivement affranchie des engagements pris pour limiter son programme nucléaire

Sur cette image réalisée à partir d'une vidéo du 17 avril 2021, publiée par la télévision d'État Islamic Republic Iran Broadcasting, IRIB, diverses machines à centrifuger sont alignées dans un hall de l'installation d'enrichissement d'uranium de Natanz, en Iran. (IRIB via AP, File)
Sur cette image réalisée à partir d'une vidéo du 17 avril 2021, publiée par la télévision d'État Islamic Republic Iran Broadcasting, IRIB, diverses machines à centrifuger sont alignées dans un hall de l'installation d'enrichissement d'uranium de Natanz, en Iran. (IRIB via AP, File)

Berlin, Paris et Londres ont dénoncé jeudi l’accélération de la production par l’Iran d’uranium enrichi à 60 % et réclamé la reprise « sans tarder » des négociations avec Téhéran.

« Nous, les gouvernements de l’Allemagne, de la France et du Royaume-Uni, prenons note avec vive inquiétude des derniers rapports de l’AIEA confirmant que l’Iran a produit pour la première fois de l’uranium métal enrichi jusqu’à 20 % et a considérablement augmenté sa capacité de production d’uranium enrichi jusqu’à 60 % », écrivent dans un communiqué commun les ministères des Affaires étrangères des trois pays.

L’Iran a mis en place un nouveau processus pour accélérer le rythme de production d’uranium hautement enrichi, avait indiqué le 17 août l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), alors que les pourparlers diplomatiques pour sauver l’accord de 2015 sont au point mort.

« Nous réaffirmons qu’il s’agit d’une violation grave des obligations de l’Iran au titre de l’accord nucléaire de Vienne », préviennent les trois gouvernements.

Ces nouvelles capacités « constituent des étapes cruciales vers le développement d’une arme nucléaire et l’Iran n’a aucun besoin civil crédible » de développer ces technologies, ajoutent-ils.

« Notre inquiétude est d’autant plus grande que l’Iran a considérablement restreint l’accès de l’AIEA », font-ils valoir.

Pour fabriquer une bombe, l’enrichissement doit être poussé jusqu’à 90 % même si de nombreuses autres étapes sont nécessaires.

Une vidéo diffusée par la télévision d’État de la République islamique d’Iran, IRIB, montre diverses centrifugeuses, le dimanche 11 avril 2021, à l’installation d’enrichissement d’uranium de Natanz en Iran. (Crédit : IRIB via AP, File)

La République islamique, qui a toujours nié vouloir se doter de l’arme nucléaire, s’est progressivement affranchie des engagements pris pour limiter son programme nucléaire en échange d’un allègement des sanctions occidentales et onusiennes.

Le retrait des États-Unis en 2018 sous l’égide de Donald Trump a en effet torpillé l’accord.

Son successeur Joe Biden souhaite le réintégrer et des discussions indirectes, par l’entremise des Européens, ont démarré en avril à Vienne.

Mais les diplomates se sont séparés le 20 juin sans avancée concrète.

« L’Iran doit cesser immédiatement toutes les activités qui violent » l’accord de 2015, demandent la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni.

« Nous appelons fermement l’Iran à reprendre sans plus tarder les négociations à Vienne afin de les conclure rapidement et avec succès », demandent les trois pays.

L’UE a évoqué une possible reprise des pourparlers début septembre, tandis que le nouveau président iranien ultra-conservateur Ebrahim Raïssi s’est dit favorable aux efforts menés pour lever les sanctions américaines qui étranglent l’économie de son pays.

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