Iran : Bolton affirme que la sortie américaine n’est pas un prélude à une guerre
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Iran : Bolton affirme que la sortie américaine n’est pas un prélude à une guerre

Rejetant l'idée qu'une confrontation militaire était imminente, le conseiller à la sécurité nationale de Trump a expliqué que Téhéran avait « manifestement violé » l'accord

Eric Cortellessa couvre la politique américaine pour le Times of Israël

John Bolton s'exprime au sommet des responsables républicains 'First in the nation' à Nashua, dans le New Hampshire, le 17 avril 2015 (Crédit : Darren McCollester/Getty Images via JTA)
John Bolton s'exprime au sommet des responsables républicains 'First in the nation' à Nashua, dans le New Hampshire, le 17 avril 2015 (Crédit : Darren McCollester/Getty Images via JTA)

WASHINGTON – La décision du président américain Donald Trump de se retirer de l’accord nucléaire iranien n’est pas un prélude à une confrontation militaire avec l’Iran, a déclaré mardi le conseiller à la sécurité nationale John Bolton.

Il a souligné que Téhéran violait actuellement l’accord qui l’engageait à ne pas poursuivre son programme nucléaire. Interrogé sur une future attaque contre la République islamique suite à l’annulation de l’accord, Bolton a déclaré aux journalistes que ceux qui pensaient cela « se trompaient gravement ».

Connu comme fervent partisan de la confrontation militaire américaine – Bolton a déjà exhorté à attaquer les installations nucléaires de Téhéran et a été l’un des principaux architectes de la guerre en Irak en 2003 –, l’ancien ambassadeur américain aux Nations unies a cherché à apaiser les inquiétudes.

Depuis que Trump a suggéré pour la première fois son intention de se retirer de l’accord international historique conclu sous l’ancien président Barack Obama, les responsables iraniens ont déclaré qu’ils allaient reprendre leur enrichissement d’uranium si les Etats-Unis menaient à terme leur projet. Les analystes ont avancé que cela pourrait conduire l’Amérique dans une position où elle devrait soit attaquer l’Iran afin de l’empêcher de franchir le seuil nucléaire, soit vivre avec un Iran doté de l’arme nucléaire.

Le président américain Donald Trump annonce sa décision sur l’accord nucléaire iranien dans la salle d’accueil diplomatique de la Maison-Blanche à Washington, le 8 mai 2018 (Crédit : SAUL LOEB / AFP / Getty Images)

Bolton a décrit l’accord comme « fondamentalement défaillant » et incapable de bloquer la voie de l’Iran vers la bombe nucléaire. « L’Iran ne fait pas ce qu’il prétend faire », a-t-il dit. « Cela ne l’empêche pas de développer des armes nucléaires livrables. »

Forgé en juillet 2015, le Plan d’action global commun a levé les lourdes sanctions contre l’Iran en échange d’une série de restrictions concernant son programme nucléaire. Depuis, les agences de renseignement américaines et l’Agence internationale de l’énergie atomique ont déclaré à plusieurs reprises que Téhéran honorait ses engagements entrant dans le cadre de cet accord.

Les partisans de l’accord ont fait valoir que l’administration Trump, qui remettra en place contre l’Iran les sanctions liées au nucléaire – comme le président l’a ordonné au Trésor – conduirait les Etats-Unis à violer les termes de l’accord.

Bolton a rejeté cette accusation. « Je ne pense pas que nous le violons, je pense que nous nous en retirons », a-t-il dit, accusant l’Iran de ne pas se conformer pleinement aux conditions de l’accord.

« Je pense que, sur beaucoup de points, nous sommes tout simplement incapables de dire s’ils sont en conformité ou non. Je pense que d’autres points ont clairement été violés », a-t-il dit, citant la production d’eau lourde par l’Iran qui, selon lui, dépassait les limites autorisées par le JCPOA.

« Vous ne pouvez pas dire que l’Iran est en conformité sauf si vous êtes sûr à 100 % que l’AIEA et nos services de renseignements sont infaillibles », a-t-il dit, admettant que même les agences de renseignement américaines n’avaient pas réussi à prouver les violations iraniennes.

Le réacteur nucléaire d’Arak en Iran, en 2012. (Crédit : Nanking2012/CC BY/WikiCommons)

S’exprimant au sujet des conséquences immédiates pour les pays européens qui ont des accords commerciaux avec l’Iran, Bolton a expliqué que les entreprises du continent disposeraient d’une période de plusieurs mois pour abroger les contrats existants. Il y aura néanmoins une interdiction de tout nouveau contrat, qui serait soumise à des sanctions immédiates.

« La décision que le président a prise aujourd’hui met en place des sanctions qui existaient au moment de la signature de l’accord ; il les remet immédiatement en place », a-t-il déclaré. « Aucun nouveau contrat n’est autorisé. »

Ancien contributeur pour Fox News, Bolton a réitéré l’affirmation du président selon laquelle l’administration était prête à négocier un nouvel accord avec les Iraniens qui répond à leurs préoccupations – une chose que le reste du monde considère comme invraisemblable.

« Nous sommes prêts, avec les Européens et d’autres, à discuter d’un accord beaucoup plus large portant sur tous les aspects de la conduite de l’Iran que nous trouvons répréhensibles », a-t-il déclaré. « Nous sommes prêts à le faire dès maintenant. »

Critique de longue date de l’accord, Bolton semblait également se réjouir de voir l’un de ses principaux objectifs politiques se concrétiser, moins de deux mois après avoir été nommé à sa position actuelle à la Maison Blanche.

« Nous sommes sortis de l’accord », a-t-il dit. « Nous sommes sortis de l’accord. Nous sommes sortis de l’accord. »

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