Iran : Gantz révèle l’existence d’une base formant à l’usage de drones
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Iran : Gantz révèle l’existence d’une base formant à l’usage de drones

Lors d'une conférence sur l'antiterrorisme, le ministre de la Défense a appelé à appliquer des sanctions immédiates à Téhéran concernant ses activités d'enrichissement de l'uranium

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Une photographie satellite d'une base iranienne présumée qui, selon le ministre de la Défense  Benny Gantz, serait utilisée pour former les groupes terroristes mandataires de l'Iran au fonctionnement de drones de pointe, le 12 septembre 2021. (Crédit : ministère de la Défense)
Une photographie satellite d'une base iranienne présumée qui, selon le ministre de la Défense Benny Gantz, serait utilisée pour former les groupes terroristes mandataires de l'Iran au fonctionnement de drones de pointe, le 12 septembre 2021. (Crédit : ministère de la Défense)

Le ministre de la Défense Benny Gantz a révélé dimanche la localisation d’une base aérienne iranienne qui, a-t-il dit, est utilisée pour former les groupes terroristes mandataires de la République islamique à l’exploitation de drones de pointe.

« L’Iran a créé ‘le terrorisme mandataire’ grâce auquel il forme des armées terroristes organisées qui l’aident à atteindre ses objectifs économiques, diplomatiques et militaires », a noté Gantz. « L’un des outils significatifs dont dispose l’Iran pour aider ses groupes mandataires est toute une gamme de drones qui peuvent se déplacer sur des milliers de kilomètres, et des milliers d’entre eux ont été transférés au Yémen, en Irak, en Syrie, au Liban. »

« L’Iran tente de transférer son savoir-faire vers la bande de Gaza, ce qui permettra au Hamas et au Jihad islamique de produire des drones », a-t-il ajouté, s’exprimant lors d’une conférence sur l’antiterrorisme à l’université Reichman – le nouveau nom du Centre interdisciplinaire de Herzliya.

Les Iraniens ont fabriqué des drones qui ont été utilisés à la fois par Téhéran directement et par ses groupes mandataires dans la région, ces dernières années, et de manière extensive – plus récemment lors d’une attaque à l’aéroport d’Erbil, en Irak, ce samedi soir, qui n’a pas fait de victimes. Le mois dernier, Gantz avait indiqué aux diplomates étrangers que l’Iran avait lancé les « drones kamikazes » qui avaient pris pour cible le cargo israélien Mercer Street au mois de juillet, tuant deux membres d’équipage. Les Houthis et leurs milices, soutenus par l’Iran, ont aussi utilisé des drones lors d’attaques commises contre l’Arabie saoudite.

Selon Gantz, la base de drones est située au nord de la ville d’Isfahan, dans le centre de l’Iran, et sert de « pivot dans cette initiative iranienne qui vise à exporter le terrorisme aérien dans la région ».

Évoquant le 20e anniversaire des attaques du 11 septembre, Gantz a remarqué que la prolifération de drones explosifs de pointe avait facilité ce type d’opérations pour les groupes terroristes – sans nécessité pour eux de détourner physiquement un avion. « Vous pouvez obtenir le même effet qu’une frappe directe sur les cibles concernées mais de manière différente et non moins meurtrière », a-t-il déclaré.

Le ministre de la Défense a indiqué que la nature du terrorisme avait changé au cours des 20 dernières années, depuis les petites organisations jusqu’aux « armées terroristes » qui profitent des pays avec des gouvernances limitées, comme le Liban ou l’Afghanistan.

« Dans un avenir proche, les nations les plus faibles, en état de dégradation, continueront de servir comme lieux d’accueil et centres d’opération des armées terroristes. Et donc les forces de l’antiterrorisme continueront à développer une supériorité en termes de renseignement, à développer des capacités offensives, à commettre des assassinats ciblés de personnalités de premier plan et à développer et à renforcer des systèmes combinant la défense aérienne et la défense territoriale », a-t-il dit.

Appliquer les sanctions à l’encontre de l’Iran

Le ministre de la Défense a aussi appelé à appliquer des sanctions à l’Iran suite à un rapport qui a été diffusé la semaine dernière par l’Agence internationale de l’Énergie atomique, qui a noté que Téhéran avait quadruplé son stock d’uranium enrichi à 60 % depuis le mois de mai.

« L’Iran ne respecte pas les accords signés et il n’y a aucune raison de croire que l’Iran respectera un accord que le pays serait amené à signer à l’avenir. Le moment est venu d’agir », a-t-il asséné, se référant à l’accord sur le nucléaire conclu en 2015 qui avait interdit à la République islamique d’enrichir de l’uranium au-delà de 3,5 %.

Le ministre de la Défense Benny Gantz prend la parole lors d’une conférence sur l’antiterrorisme à l’université Reichman de Herzliya, le 12 septembre 2021. (Crédit : Ronen Topelberg)

Une année après l’abrogation par les États-Unis de l’accord, en 2018 – les Américains avaient alors réimposé de lourdes sanctions économiques – l’Iran avait commencé à violer les directives de manière répétée, une initiative qui avait apparemment comme objectif d’exercer des pressions sur les autres signataires.

Depuis que le président Joe Biden a pris ses fonctions, au début de l’année, Américains et Iraniens ont entrepris des négociations indirectes à Vienne portant sur la réintégration des deux parties dans l’accord, connu sous le nom de JCPOA (Joint Comprehensive Plan of Action).

Ces pourparlers sont dans l’impasse depuis quelques mois et les responsables américains ont averti que l’accord pourrait être totalement abandonné en faveur d’initiatives plus agressives dont le but serait de réduire les ambitions nucléaires iraniennes.

« J’appelle tous les pays qui sont encore parties dans l’accord sur le nucléaire à mettre en place les sanctions permanentes qui figurent dans le JCPOA. Il est temps de revenir à la situation antérieure aux pourparlers », a dit Gantz, se référant aux pénalités économiques que les autres nations signataires de l’accord – la Chine, la France, l’Allemagne, la Russie, et le Royaume-Uni – ont le droit de mettre en place en cas de violations claires de l’accord.

Évoquant l’opposition de Pékin et de la Russie à de telles mesures, Gantz a ajouté : « Il est temps que toutes les puissances mondiales, notamment la Russie et la Chine, se joignent au combat pour préserver la stabilité mondiale. »

Le ministre de la Défense a mis en garde de manière répétée sur l’obtention d’une arme atomique par la République islamique qui pourrait entraîner une course régionale et potentiellement internationale à la bombe nucléaire.

« Cela aura un effet négatif sur la région, un effet négatif sur le monde. Nous ne pouvons pas permettre une telle chose », a poursuivi Gantz.

La chasse à l’homme continue

Dans son allocution, le ministre de la Défense a aussi parlé des recherches lancées pour retrouver deux des six fugitifs palestiniens qui se sont échappés, la semaine dernière, de la prison de Gilboa – l’une des plus graves évasions de toute l’histoire du pays.

Quatre des fuyards ont été recapturés dans le nord d’Israël, ce week-end.

« Nous sommes en train de rechercher les prisonniers qui se sont échappés de la prison de Gilboa et je veux utiliser cette tribune pour remercier tous les policiers et tous les soldats qui participent à cette chasse à l’homme sur le terrain, qui travaillent 24 heures sur 24 et qui ont obtenu des résultats. Nous continuerons à chercher les deux terroristes qui sont encore en fuite en utilisant tous les moyens que nous avons à notre disposition, en utilisant toutes nos forces, et j’ai la conviction que nous saurons les rattraper », a-t-il dit.

Au moins un fugitif serait entré dans le nord de la Cisjordanie et le second « peut se trouver d’un côté ou de l’autre de la Ligne verte », a estimé le ministre de la Sécurité intérieure Omer Barlev devant les caméras de la Douzième chaîne, samedi, se référant à la frontière officieuse séparant l’État juif et la Cisjordanie.

Cette évasion a accru les tensions en Cisjordanie où les Palestiniens ont manifesté, parfois violemment, pour afficher leur solidarité avec les fuyards et aussi dans la bande de Gaza.

« Nous sommes préparés sur tous les fronts. Israël n’a aucunement l’intention de nuire aux Palestiniens qui résident en Judée-Samarie et dans la bande de Gaza – où nous faisons des progrès dans le but de développer et de promouvoir la stabilité et l’économie », a poursuivi Gantz, utilisant le nom israélien désignant la Cisjordanie.

« Mais si les organisations terroristes tentent de profiter de la situation et de mener des opérations au détriment de la majorité des Palestiniens qui souhaitent le développement économique et la stabilité, alors elles seront les premières à en payer le prix », a-t-il dit.

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