Iran : grâce pour 10 000 condamnés
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Iran : grâce pour 10 000 condamnés

Cette mesure a été accordée par le guide suprême pour "diminuer le nombre des prisonniers, compte tenu de la situation sensible ", sans faire explicitement référence au coronavirus

Le guide suprême iranien Ayatollah Ali Khamenei lors d'une rencontre à Téhéran en Iran, le 17 septembre 2019. (Crédit : Bureau du Guide suprême iranien via AP)
Le guide suprême iranien Ayatollah Ali Khamenei lors d'une rencontre à Téhéran en Iran, le 17 septembre 2019. (Crédit : Bureau du Guide suprême iranien via AP)

Téhéran s’apprête à libérer « environ 10.000 détenus » à l’occasion d’une grâce accordée pour le Nouvel An iranien, vendredi 20 mars, dont bénéficieront la moitié des prisonniers condamnés pour atteinte à la sécurité nationale, selon l’Autorité judiciaire.

Ces chiffres ont été annoncés par le porte-parole de l’Autorité judiciaire, Gholamhossein Esmaïli, dans des propos rapportés dans la nuit de mercredi à jeudi par Mizan Online, l’agence officielle de cette institution.

Cette mesure d’amnistie a été accordée par le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, sur requête du chef du pouvoir judiciaire afin de « diminuer le nombre des prisonniers, compte tenu de la situation sensible dans le pays », a déclaré M. Esmaïli, sans faire explicitement référence à l’épidémie de nouveau coronavirus.

Le guide suprême accorde plusieurs fois par an des grâces collectives pour les détenus de droit commun à l’occasion des principales fêtes musulmanes, ou lors de l’anniversaire de la Révolution islamique de 1979 (en février).

Mais cette année, « la moitié des coupables de crimes liés à la sécurité de l’Etat bénéficiera de cette grâce », a indiqué M. Esmaïli, sans préciser toutefois le nombre de personnes concernées.

Mizan souligne « le caractère sans précédent » de cette mesure ouverte aux personnes condamnées à moins de cinq ans de prison.

Dans un communiqué publié à Londres, l’organisation de défense des droits humains Amnesty International dit apprécier cette décision, mais a appelé « une fois encore les autorités iraniennes à relâcher immédiatement et sans conditions tous les prisonniers de conscience ».

Des gens portent des masques pour se protéger du coronavirus dans une rue du centre-ville de Téhéran, en Iran, le 23 février 2020. (Ebrahim Noroozi/AP)

Pour Téhéran néanmoins, les pénitenciers iraniens n’hébergent aucun « prisonnier politique ». La République islamique reproche régulièrement aux Occidentaux de faire un amalgame entre cette dénomination et le cas des personnes reconnues coupables de crimes contre la sûreté nationale.

L’Iran est un des pays les plus touchés par l’épidémie de Covid-19 : le bilan officiel de l’épidémie s’élevait mercredi à 1.135 morts.

Selon l’Autorité judiciaire, 85.000 détenus ont bénéficié d’une permission de sortie pour les deux semaines du congé de Norouz, le Nouvel An Iranien, afin de désengorger les prisons et d’y réduire le risque de propagation de la maladie.

Mizan écrit qu’un nombre indéterminé d’entre eux peut bénéficier de la grâce accordée par M. Khamenei.

En février, l’Iran avait annoncé la libération de plus de 2 300 détenus à l’occasion de l’amnistie accordée pour l’anniversaire de la Révolution islamique de 1979.

En 2019, pour que 40e anniversaire de la Révolution, la mesure avait officiellement bénéficié à 50 000 personnes.

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