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Iran : La Nobel de la paix dénonce une « guerre à grande échelle contre les femmes »

Narges Mohammadi, incarcérée depuis 2021 à Téhéran, a exhorté les Iraniennes et les Iraniens à s'insurger contre le port obligatoire du voile par les femmes dans la rue

La militante iranienne Narges Mohammadi, sur une photo non datée et non localisée, distribuée par la "Fondation Narges Mohammadi" le 2 octobre 2023. (Crédit : Fondation Narges Mohammadi/AFP)
La militante iranienne Narges Mohammadi, sur une photo non datée et non localisée, distribuée par la "Fondation Narges Mohammadi" le 2 octobre 2023. (Crédit : Fondation Narges Mohammadi/AFP)

La Nobel de la paix iranienne Narges Mohammadi, incarcérée depuis 2021 à Téhéran, a exhorté les Iraniens à s’insurger contre « une guerre à grande échelle contre les femmes » dans son pays, après que les autorités ont renforcé leurs contrôles sur le port obligatoire du voile par les femmes dans la rue.

« Iraniennes et Iraniens, je vous demande, que vous soyez artistes, intellectuels, travailleurs, enseignants, étudiants, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, de vous insurger contre cette guerre contre les femmes », a lancé Mohammadi dans un message vocal posté par ses soutiens.

La militante des droits des femmes accuse les autorités iraniennes d’avoir lancé une « guerre à grande échelle contre toutes les femmes dans chaque rue d’Iran ».

Elle appelle les Iraniennes victimes d’arrestations, de passages à tabac, d’abus ou d’agressions sexuelles par les autorités à faire connaître leurs témoignages sur sa page Instagram.

« Ne sous-estimez pas le pouvoir du partage de vos expériences. Le faire permet d’exposer au grand jour la misogynie du gouvernement et de le mettre à terre », a-t-elle souligné.

Selon des militantes, des femmes ont été récemment arrêtées et emmenées dans des commissariats par la police des mœurs en Iran. Le hashtag « Guerre contre les femmes » est également apparu sur les réseaux sociaux.

Illustration : Des Iraniennes voilées de la tête aux pieds, au sanctuaire de Saint Saleh, dans le nord de Téhéran, en Iran, le 6 avril 2021. (Crédit : Vahid Salemi/AP)

Selon ses soutiens, Mohammadi a enregistré ce message depuis la prison d’Evin. Privée d’accès à son crédit d’appels téléphoniques depuis cinq mois, elle a utilisé celui d’une co-détenue, Sepideh Gholian, considérée comme une détenue politique par des groupes de défense des droits humains.

Selon Mohammadi, une prévenue arrivée récemment dans la prison d’Evin, Dina Ghalibaf, journaliste et étudiante, a été arrêtée après avoir accusé sur les réseaux sociaux les forces de sécurité de l’avoir menottée et harcelée sexuellement lors d’une précédente arrestation dans une station de métro.

« Depuis des années, nous avons été témoins des agressions, des abus sexuels et des passages à tabac de nombreuses femmes dans le pays de la part d’agents du gouvernement », dénonce Mohammadi.

Mi-avril, la police iranienne a annoncé avoir renforcé ses contrôles sur le port obligatoire du voile par les femmes dans la rue, en regrettant qu’il soit de moins en moins respecté. « La police à Téhéran, comme dans d’autres provinces, interviendra contre les individus qui promeuvent […] le non-port du voile », a prévenu le chef de la police de la capitale, le général Abasali Mohammadian, à la télévision.

Une femme regardant un foulard, sur un marché du centre-ville de Téhéran, en Iran, le 3 juillet 2019. (Crédit : Ebrahim Noroozi/AP)

Depuis la Révolution islamique de 1979, les femmes ont l’obligation de dissimuler leurs cheveux dans les lieux publics.

Mais de plus en plus de femmes apparaissent sans voile, notamment depuis le mouvement de contestation déclenché par la mort en détention en septembre 2022 de Mahsa Amini, une jeune femme arrêtée pour infraction au strict code vestimentaire en vigueur dans le pays.

Ce durcissement était intervenu quelques jours après un discours du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamanei, qui avait rappelé que toutes les femmes devaient respecter le port du voile quelque soit leur croyance.

La police des mœurs, à l’origine de l’arrestation d’Amini, avait disparu des rues depuis le début des manifestations de septembre 2022 mais cette unité n’a jamais été formellement dissoute par les autorités.

Des médias locaux ont rapporté ces derniers mois que la police avait saisi des véhicules transportant des femmes non-voilée et sanctionné leurs propriétaires. Les autorités ont également fermé des cafés et restaurants où l’obligation de porter le voile – ou hijab – n’était pas respectée par certaines employées ou clientes.

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