Iran : La TV d’État censure un match de foot anglais à cause de la femme arbitre
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Iran : La TV d’État censure un match de foot anglais à cause de la femme arbitre

La diffusion en direct aurait été coupée plus de 100 fois pendant le match de Premier League entre Tottenham et Manchester United à cause des images de Sian Massey-Ellis en short

Sian Massey-Ellis, arbitre assistant, pendant le match de football de la Premier League anglaise entre West Bromwich Albion et Manchester City au stade Hawthorns à West Bromwich, en Angleterre, le 26 janvier 2021. (Nick Potts/Pool via AP)
Sian Massey-Ellis, arbitre assistant, pendant le match de football de la Premier League anglaise entre West Bromwich Albion et Manchester City au stade Hawthorns à West Bromwich, en Angleterre, le 26 janvier 2021. (Nick Potts/Pool via AP)

La télévision d’État iranienne a censuré la retransmission en direct d’un match de football britannique pour éviter de montrer les jambes d’une femme arbitre assistante, a déclaré mardi un groupe de défense des droits.

Le match a été censuré plus de « 100 fois », selon My Stealthy Freedom, un groupe de défense des droits des Iraniens qui s’oppose à la loi iranienne sur le hijab obligatoire.

Dimanche, lors du match de Premier League opposant Tottenham à Manchester United, une chaîne publique iranienne a coupé le match et diffusé des images du stade de Tottenham Hotspur et des ruelles du nord de Londres afin de dissimuler les images de l’arbitre assistant Sian Massey-Ellis, qui portait un short.

À la fin du match, un commentateur aurait dit qu’il « espérait que les téléspectateurs avaient apprécié le spectacle géographique », selon My Stealthy Freedom.

En raison des lois de censure strictes de Téhéran, les scènes télévisées jugées immorales ou offensantes sont souvent censurées, tandis que les films considérés comme hostiles aux valeurs islamiques sont interdits.

« La censure est dans l’ADN de la République islamique d’Iran. Nous ne devons pas tolérer cette pratique. Ce n’est pas notre culture. C’est l’idéologie d’un régime répressif », a déclaré l’organisation de défense des droits dans sa publication sur Facebook.

Sur cette photo d’archives prise le 7 février 2018, des femmes iraniennes portant un hijab marchent dans une rue de la capitale Téhéran. (Crédit : Atta Kenare/AFP)

Depuis la Révolution islamique de 1979, le port du hijab et de vêtements modestes en public est devenu obligatoire pour les femmes, une mesure appliquée par la police religieuse islamique d’Iran, connue sous le nom de Patrouille des mœurs.

Les programmes locaux doivent normalement respecter des règles strictes selon lesquelles aucun cheveu féminin ne peut être montré, même dans les drames historiques ou les scènes se déroulant dans une maison familiale où les femmes ne se couvrent pas la tête.

La télévision iranienne montre des films étrangers avec des femmes non voilées – bien que les jambes ou les décolletés trop importants soient floutés ou cachés d’une autre manière.

Des femmes iraniennes soutiennent leur équipe nationale qui affronte le Cambodge pour les qualificatifs de la Coupe du Monde 2022, au stade Azadi de Téhéran, le 10 octobre 2019. (Crédit : AP Photo/Vahid Salemi)

L’Iran a également une histoire controversée avec ses fans de football féminin.

En 2019, les femmes iraniennes ont été autorisées à entrer dans un stade de Téhéran pour la première fois depuis des décennies pour assister au match de qualification pour la Coupe du Monde 2022 entre l’équipe nationale iranienne et le Cambodge au stade Azadi de Téhéran. Cet événement constituait une avancée pour les femmes iraniennes, à laquelle se sont opposés les partisans de la ligne dure de la théocratie chiite iranienne.

L’Iran a attribué 4 000 billets à des femmes dans un stade d’environ 80 000 places, les séparant des hommes et les plaçant sous la protection de femmes policières. Et ce, même si les Iraniennes au visage peinturluré encouragent leur équipe à l’étranger depuis des années, malgré l’interdiction de 1981 qui a suivi la Révolution islamique du pays.

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