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Iran: le cinéaste et opposant Panahi arrêté doit purger une peine de six ans

Il a précédemment été arrêté en 2009 avant d'être relâché en 2016 et milite pour des "changements structurels" et démocratiques au sein de la République islamique

Le réalisateur iranien Jafar Panahi lors d'une interview avec l'AFP à son domicile à Téhéran, le 3 septembre 2004. (Crédit : Atta KENARE / AFP)
Le réalisateur iranien Jafar Panahi lors d'une interview avec l'AFP à son domicile à Téhéran, le 3 septembre 2004. (Crédit : Atta KENARE / AFP)

Le cinéaste et opposant iranien Jafar Panahi, interpellé la semaine dernière à Téhéran, doit purger une peine de six ans selon un verdict émis en 2010, a annoncé mardi l’Autorité judiciaire.

Âgé de 62 ans, M. Panahi, l’un des cinéastes iraniens les plus primés, « a été condamné en 2010 à six ans de prison (…) et a été emmené au centre de détention d’Evin pour y purger sa peine », a indiqué le porte-parole de la Justice, Massoud Sétayechi, lors d’une conférence de presse.

Le cinéaste a obtenu notamment un Lion d’or en 2000 à Venise pour « Le cercle », et le Prix du scénario à Cannes en 2018 avec « Trois Visages », trois ans après l’Ours d’Or à Berlin pour « Taxi Téhéran ».

Artiste dissident, M. Panahi avait été arrêté puis condamné en 2010 à six ans de prison et 20 ans d’interdiction de réaliser ou d’écrire des films, de voyager ou même de s’exprimer dans les médias. Il continuait cependant à travailler et vivre en Iran.

Il avait été condamné pour « propagande contre le régime », après avoir soutenu le mouvement de protestation de 2009 contre la réélection de l’ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad à la présidence de la République islamique.

Détenu pendant deux mois en 2010, il vivait sous un régime de liberté conditionnelle pouvant être révoqué à tout instant.

Le 11 juillet, M. Panahi a été arrêté à son arrivée au parquet de Téhéran pour suivre le dossier d’un autre réalisateur également primé, Mohammad Rasoulof, détenu depuis le 8 juillet avec son collègue Mostafa Aleahmad.

Le producteur iranien Farzad Pak, qui tient un téléphone dans lequel apparaît le réalisateur iranien Mohammad Rasoulof qui a reçu « l’Ours d’or du meilleur film », assiste à une conférence de presse après la cérémonie du 70e festival du film de Berlin, le 29 février 2020. (Crédit : John MACDOUGALL / AFP)

Nombreuses arrestations

Les cinéastes avaient dénoncé, mi-mai, dans une lettre ouverte l’arrestation de plusieurs de leurs collègues par les autorités et la répression contre les manifestants en Iran.

Ces derniers temps, les autorités iraniennes ont mené de nombreuses arrestations dont une figure du mouvement réformateur Mostafa Tajzadeh, interpellé le 8 juillet à Téhéran.

M. Tajzadeh « est actuellement en détention provisoire à Evin » et « a été accusé de rassemblement et de collusion contre la sécurité d’Etat et de propagande contre la République islamique », a indiqué mardi M. Sétayechi.

Ancien vice-ministre sous le gouvernement du réformateur Mohammad Khatami (1997-2005) et âgé de 65 ans, M. Tajzadeh s’était porté candidat à la présidentielle de 2021 comme un « citoyen, réformiste » et « prisonnier politique pendant sept ans ».

Il a précédemment été arrêté en 2009 avant d’être relâché en 2016 et milite depuis plusieurs années pour des « changements structurels » et démocratiques au sein de la République islamique.

Les Etats-Unis, qui ont des relations tendues avec l’Iran, ont condamné ses « efforts continus pour empêcher l’exercice de la liberté d’expression ».

« Nous demandons instamment au gouvernement iranien de libérer tous les professionnels des médias, les militants et les manifestants pacifiques qu’il a arbitrairement détenus », a déclaré un porte-parole du département d’Etat.

La France « réitère sa demande de libération immédiate » de Jafar Panahi « comme elle l’avait fait à la suite de son arrestation arbitraire », a réagi mardi la porte-parole du ministère français des Affaires étrangères lors d’un point presse électronique.

Paris exprime sa « préoccupation face à la multiplication des arrestations de personnalités iraniennes engagées pour la défense de la liberté d’expression dans leur pays » et appelle à leur libération, a-t-elle ajouté.

ap-mep/dla/feb/ybl/adc

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