Iran : Les ultra-conservateurs réclament un arrêt des inspections, l’AIEA refuse
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Iran : Les ultra-conservateurs réclament un arrêt des inspections, l’AIEA refuse

"Nous devons être sur place, nous devons inspecter. Ils ont un important programme nucléaire qui nécessite parmi les plus gros efforts en termes d'inspection", affirme Grossi

Sur cette photo prise le 2 octobre 2019, l'un des quatre candidats au poste de directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), l'Argentin Rafael Grossi, s'adresse à la presse après une audience. (Crédit : JOE KLAMAR / AFP)
Sur cette photo prise le 2 octobre 2019, l'un des quatre candidats au poste de directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), l'Argentin Rafael Grossi, s'adresse à la presse après une audience. (Crédit : JOE KLAMAR / AFP)

L’AIEA n’a pas reçu de notification de l’Iran sur un arrêt des inspections réclamé par les ultra-conservateurs après l’assassinat d’un éminent physicien nucléaire et « personne n’aurait à y gagner », a déclaré lundi son directeur général.

« Nous comprenons la détresse, mais en même temps il est clair que personne n’aurait à gagner d’une diminution, d’une limitation ou d’une interruption du travail que nous faisons ensemble », a affirmé Rafael Grossi dans un entretien accordé à l’AFP, un an après sa prise de fonctions à la tête de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

« De notre côté, nous continuons et nous espérons bien que ce sera le cas de leur côté et comme je l’ai dit, je n’ai reçu aucune indication comme quoi cela serait différent », a-t-il ajouté.

Mohsen Fakhrizadeh a été tué vendredi près de Téhéran dans une attaque au véhicule piégé suivie d’une fusillade contre sa voiture, selon le ministère de la Défense. Le président iranien Hassan Rohani a promis samedi une riposte « en temps et en heure ».

L’ayatollah Ebrahim Raisi, chef du pouvoir judiciaire iranien, rend hommage à la dépouille du scientifique Mohsen Fakhrizadeh, tué dans sa famille, à Téhéran, en Iran, le samedi 28 novembre 2020. (Crédit : (Agence de presse Mizan via AP)

Nombre d’ultraconservateurs appellent à bannir d’Iran les inspecteurs de l’AIEA chargés de vérifier les activités iraniennes sensibles, conformément à l’accord conclu en 2015.

« Ce n’est pas la première fois que des parlementaires s’expriment de la sorte », a réagi le responsable de l’agence onusienne.

L’Iran s’est largement affranchi ces derniers mois de l’accord sur le nucléaire, en riposte au retrait américain et au rétablissement par l’administration Trump des sanctions.

Dans ce contexte tendu, l’Union européenne (UE) a annoncé une réunion le 16 décembre à Vienne de la commission mixte sur l’accord sur le nucléaire iranien (JCPOA), en présence des parties prenantes (Chine, France, Allemagne, Russie, Royaume-Uni et Iran).

L’action de l’AIEA reste plus que jamais indispensable, a insisté M. Grossi. « Nous devons être sur place, nous devons inspecter. Ils (Les Iraniens) ont un important programme nucléaire qui nécessite parmi les plus gros efforts en termes d’inspection », a-t-il dit.

« Sans cela, nous nous retrouverions dans l’obscurité totale et les incertitudes, l’instabilité dans la région seraient bien plus élevées ».

Rafael Grossi a par ailleurs de nouveau appelé Téhéran à fournir des explications sur le site suspect du district de Turquzabad, dans la capitale, où la présence de particules d’uranium anthropogénique (résultant d’activités humaines) a été détectée.

L’entrepôt « atomique » présumé de Turquzabad, à Téhéran, en Iran (Capture d’écran :YouTube)

« Je ne veux pas dramatiser mais il est important que nous obtenions des clarifications », a-t-il souligné. « Il n’y a pas de date butoir mais un certain sentiment d’urgence de ma part ».

Il avait déclaré mi-novembre que les éléments fournis par l’Iran ne « tenaient pas la route ».

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