Iran : L’Europe déplore un « développement grave », et craint toute « escalade »
Rechercher

Iran : L’Europe déplore un « développement grave », et craint toute « escalade »

Les dernières annonces de l'Iran sur son programme d'enrichissement ont été condamnées par la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni

La Haute représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères Federica Mogherini (à gauche) et le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif (au centre) participent à une réunion ministérielle du Plan d'action global (JCPOA) sur l'accord nucléaire iranien le 6 juillet 2018, à Vienne, en Autriche. (AFP/APA/Hans Punz)
La Haute représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères Federica Mogherini (à gauche) et le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif (au centre) participent à une réunion ministérielle du Plan d'action global (JCPOA) sur l'accord nucléaire iranien le 6 juillet 2018, à Vienne, en Autriche. (AFP/APA/Hans Punz)

La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont qualifié de « développement grave » mercredi les dernières annonces de l’Iran sur son programme d’enrichissement et mis en garde contre toute escalade, « par quelque pays que ce soit », après un incident sur un site nucléaire iranien.

Paris, Berlin et Londres ont « pris note avec une grande préoccupation de l’annonce par l’Iran à l’AIEA le 13 avril du lancement de l’enrichissement de l’uranium à 60 % en utilisant des centrifugeuses avancées », ont déclaré les porte-parole des diplomaties française, allemande et britannique dans un communiqué commun.

Ceci est un « développement grave car la production d’uranium hautement enrichi constitue une étape importante pour la production d’une arme nucléaire », ont ajouté les trois pays, cosignataires de l’accord de 2015 censé encadrer le programme nucléaire iranien avec la Russie, la Chine et l’Iran, les Etats-Unis en étant sortis en 2018.

« L’Iran n’a aucun besoin civil crédible justifiant un tel taux d’enrichissement », ont jugé les trois capitales européennes, mettant notamment en exergue le projet d’installation de 1 000 nouvelles centrifigeuses sur le site d’enrichissement de Natanz.

L’Iran a affirmé mercredi que sa décision d’enrichir l’uranium à hauteur de 60 % était sa « réponse » à l’action d’Israël qu’elle accuse d’être derrière l’explosion ayant endommagé dimanche son usine de Natanz, dans le centre de son territoire.

« À la lumière de développements récents, nous rejetons toute mesure d’escalade par quelque acteur que ce soit et nous appelons l’Iran à ne pas compliquer davantage le processus diplomatique », ont relevé les trois Etats européens, sans citer de pays en particulier.

En riposte au retrait américain de l’accord et au rétablissement par Washington de lourdes sanctions à son encontre, l’Iran s’est affranchi depuis 2019 de la plupart des engagements clés limitant ses activités nucléaires.

Des négociations sont en cours à Vienne pour tenter de ramener les Etats-Unis dans l’accord et Téhéran au respect de ses engagements.

« La communication récente dangereuse de l’Iran est contraire à l’esprit constructif et à la bonne foi de ces discussions » visant à sauver l’accord, ont martelé les trois ministères des Affaires étrangères.

Un enrichissement à 60 % mettrait l’Iran en mesure de passer rapidement aux 90 % et plus, nécessaires à une utilisation de ce minerai à des fins militaires.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...