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Iran : projet d’attentat contre le général Ghassem Soleimani, trois arrestations

Les Gardiens de la Révolution iraniens ont déclaré que 3 "terroristes" soutenus par "les services secrets israélo-arabes" ont été arrêtés alors qu'ils préparaient un attentat

Le commandant des forces Al-Qods des Gardiens de la Révolution islamique, Qassem Soleimani. (Crédit : Wikipedia / CC BY 4.0)
Le commandant des forces Al-Qods des Gardiens de la Révolution islamique, Qassem Soleimani. (Crédit : Wikipedia / CC BY 4.0)

Trois « terroristes » soutenus par « les services secrets israélo-arabes » ont été arrêtés alors qu’ils préparaient un attentat contre le général Qassem Soleimani, ont annoncé jeudi les Gardiens de la Révolution iraniens.

Les trois suspects « avaient été envoyés à l’étranger » et « des sommes importantes ont été dépensées afin de les former et de les préparer », écrit Sepahnews, le site officiel des Gardiens, l’armée idéologique de la République islamique d’Iran, laissant entendre qu’il s’agit de trois Iraniens.

Chef de la Force Qods, chargée des opérations extérieures des Gardiens de la Révolution, le général de division Qassem Soleimani est l’artisan de la stratégie militaire de l’Iran dans son environnement géographique proche.

Citant Hossein Taëb, chef des renseignements des Gardiens de la révolution, Sepahnews ajoute que les trois personnes avaient projeté d’attenter à la vie de l’officier à Kerman (sud) lors des cérémonies de l’Achoura, la plus grande commémoration religieuse chiite, en septembre dernier.

Selon M. Taëb, ils avaient creusé un tunnel sous un lieu de culte chiite appartenant au père du général et l’avaient miné à l’aide de « 350 à 500 kilogrammes de produits explosifs », écrit Sepahnews, ajoutant que les suspects avaient été repérés et étaient suivis de longue date par les services de renseignement des Gardiens.

Le général Soleimani est le symbole du soutien apporté par Téhéran aux autorités de Damas et de Bagdad dans la lutte contre le groupe Etat islamique (EI). L’Iran soutient également le régime de Bachar al-Assad contre les rebelles en Syrie.

La télévision iranienne a diffusé mardi ce qui a été présenté comme sa première interview, dans laquelle le général raconte avoir été présent au Liban pour aider le Hezbollah pendant la guerre entre Israël et ce groupe terroriste chiite libanais à l’été 2006. Il a déclaré qu’un drone israélien l’avait ciblé lui et Hassan Nasrallah, le chef de l’organisation terroriste Hezbollah soutenue par l’Iran, à Beyrouth lors de cette deuxième guerre du Liban.

Qassem Soleimani, commandant de la Force Al-Qod dans une interview à la télévision iranienne, le 1er octobre 2019. (Crédit : capture d’écran YouTube)

Il a raconté comment, pris sous des bombardements israéliens sur la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, il a évacué avec Moughniyeh le cheikh Nasrallah de la « chambre d’opérations » où il se trouvait, et que les Israéliens « surveillaient chacun de ses gestes ».

Soleimani a décrit son rôle dans la supervision des combats contre Israël depuis Beyrouth pendant la seconde guerre du Liban il y a treize ans, et a précisé qu’il rendait compte à Téhéran quotidiennement et qu’il était en contact permanent avec Khamenei.

Le général Soleimani a expliqué avoir passé au Liban, avec le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, l’essentiel de ce conflit ayant duré 34 jours.

Mughniyeh a été assassiné en 2008 par une attaque à la voiture piégée attribuée à Israël et la CIA.

Ces dernières années, Israël a intensifié ses attaques sur des forces alliées à l’Iran dans la région, alors que Téhéran tente de s’établir militairement en Syrie.

La tension est à son comble dans le Golfe persique depuis l’année dernière, après que Donald Trump a abandonné unilatéralement l’accord sur le nucléaire signé en 2015 entre cinq puissances et l’Iran et a restauré des sanctions qui ont paralysé l’économie iranienne. L’Iran a réagi en se dégageant de ses engagements et l’armée militaire a déployé des renforts dans la région.

Une attaque sur une infrastructure pétrolière en Arabie saoudite a également attisé ces tensions.

Les rebelles Houthis ont revendiqué cette attaque, mais les États-Unis ont conclu qu’elle impliquait des missiles iraniens et estimé qu’il s’agissait d’un « acte de guerre ».

L’Arabie saoudite, qui est embourbée depuis cinq ans dans un conflit à sa frontière sud au Yémen, a déclaré que l’Iran avait « incontestablement parrainé » les attaques.

L’Iran a nié toute responsabilité dans cette attaque de drone et de missiles de croisière du 14 septembre.

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