Iran : un ancien président appelle à écouter la colère populaire
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Iran : un ancien président appelle à écouter la colère populaire

S'associant aux dirigeants qui ont accusé les "ennemis" de l'Iran d'avoir fomenté ces troubles, Khatami a estimé que "l'ennemi se sert de toute situation" pour miner le pays

Mohammad Khatami, ancien président iranien, en juin 2013. (Crédit : capture d'écran Youtube/Mehdi Saharkhiz)
Mohammad Khatami, ancien président iranien, en juin 2013. (Crédit : capture d'écran Youtube/Mehdi Saharkhiz)

L’ancien président iranien Mohammad Khatami a appelé mardi les autorités de la République islamique à écouter le mécontentement populaire exprimé lors des récents troubles et à autoriser les citoyens à « exprimer leurs souhaits et leur revendications en toute sécurité ».

« Les organismes compétents et l’appareil (d’État) (…) au lieu d’humilier les gens et de tourner le fer dans leur plaie, doivent s’efforcer d’identifier les problèmes et les souffrances du peuple », écrit M. Khatami, dans un communiqué publié sur son site internet.

Entre le 28 décembre et le 1er janvier, plusieurs dizaines de villes iraniennes ont été touchées par des manifestations violentes dénonçant la mauvaise situation économique et sociale du pays. Des slogans appelant à un changement de régime en Iran avaient été lancés lors des manifestations. Selon les autorités, vint-cinq personnes ont été tuées dans ces troubles.

Toutes tendances confondues, les dirigeants de la République islamique ont accusé les « ennemis » de l’Iran (Israël, l’Arabie saoudite, les États-Unis et un groupe d’opposition interdit) d’avoir fomenté ces troubles.

Tout en estimant que « l’ennemi se sert de toute situation » pour porter atteinte à la République islamique, M. Khatami juge dans son communiqué que « toutes les institutions doivent reconnaître qu’elles ont une part de responsabilité dans la mauvaise (situation économique) et les plaintes » exprimées par les manifestants.

l’université de Téhéran durant une manifestation contre les problèmes économiques dans la capitale de Téhéran, le 30 décembre 2017. Les étudiants ont manifesté pour un troisième jour en raison des problèmes de l’économie iranienne, comme l’ont montré des vidéos sur les réseaux sociaux. Mais leur nombre a été surpassé par les contre-manifestants (Crédit : AFP / STR)

En poste de 1997 à 2005, l’ancien président met en garde contre le risque d' »une déception » populaire qui pousserait les Iraniens vers des « médias » et des « groupes qui n’ont d’autre objectif que de saper » la République islamique, si les attentes du peuple ne sont pas satisfaites et si la propagande officielle est trop pesante.

M. Khatami dit souhaiter au contraire « un environnement dans lequel les gens pourraient exprimer leurs souhaits et leurs revendications en toute sécurité, sans se sentir intimidés », et sans que cela mette en péril « la sécurité et la stabilité du pays ».

Tombé en disgrâce (les médias iraniens n’ont pas le droit de publier sa photo et il s’est vu interdire en octobre toute apparition publique pour trois mois), M. Khatami est un soutien du président Hassan Rouhani, réélu en mai.

Les récents troubles ont exacerbé les tensions au sein du pouvoir iranien entre M. Rouhani et les autres institutions tenues par les ultraconservateurs, qui dénoncent la politique d’ouverture du gouvernement et l’accusent de négliger les couches les plus modestes de la population.

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