Israël a aidé l’Australie à établir le rôle de l’Iran dans les attaques antisémites
Les renseignements israéliens ont fourni une piste sur un attentat à la bombe, signe que la coopération en matière de renseignement reste forte malgré les désaccords diplomatiques

C’est une information fournie par les services de renseignement israéliens qui a permis à l’Australie de faire progresser l’enquête sur l’implication de l’Iran dans l’organisation de deux attaques antisémites perpétrées l’an dernier, a rapporté Sky News Australia mercredi, citant des sources anonymes.
Fin 2024, l’Australian Security Intelligence Organisation (ASIO) avait déjà établi que le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), le bras armé du régime iranien, était à l’origine des incendies criminels perpétrés le 20 octobre 2024 contre le restaurant casher Lewis’ Continental Kitchen, à Bondi, près de Sydney, et le 6 décembre contre la synagogue Adass Israel, à Melbourne, a rapporté la chaîne.
Mais les services de renseignement israéliens ont fourni à l’ASIO une piste liée à l’un des attentats à la bombe incendiaire, explique la chaîne, ce qui, selon elle, témoigne de la solidité de la coopération entre Israël et l’Australie en matière de renseignement, malgré les importants désaccords diplomatiques entre Jérusalem et Canberra.
Mardi, le Premier ministre australien, Anthony Albanese, a accusé l’Iran d’être à l’origine des attaques contre des infrastructures juives. Il a ajouté que l’Australie allait désigner le CGRI « organisation terroriste » et qu’elle avait d’ores et déjà expulsé l’ambassadeur iranien.
L’ordre donné par les autorités de Canberra à l’ambassadeur iranien, Ahmad Sadeghi, de quitter le territoire dans les sept jours signe la toute première expulsion d’un ambassadeur étranger depuis la Seconde Guerre mondiale.
Mardi toujours, l’Australie a déclaré que l’Iran avait tenté de dissimuler son implication dans les deux attaques de 2024, à la synagogue Adass Israel de Melbourne et dans le restaurant casher de Bondi, en utilisant des criminels et des membres de gangs du milieu du crime organisé.
Selon une information publiée mercredi, les criminels, maladroits, se seraient trompés de cible à deux reprises à Sydney avant d’incendier le restaurant.
L’ASIO a par ailleurs déclaré que l’enquête sur le financement des criminels ayant mis le feu à la synagogue Adass Israel de Melbourne en décembre avait permis de remonter jusqu’à l’Iran, mais que les hommes de main ne savaient sans doute pas que Téhéran était derrière tout cela.
Mike Burgess, le chef des services secrets australiens, a déclaré qu’une série d’intermédiaires, appelés « cut outs » dans le jargon des services de renseignement, avait été utilisée pour dissimuler l’implication de l’Iran dans ces attaques. Il a également averti que le pays pourrait en avoir orchestré d’autres.
Canberra est le dernier gouvernement occidental à accuser l’Iran de mener des activités secrètes hostiles sur son sol.
Le mois dernier, quatorze pays, dont la Grande-Bretagne, les États-Unis et la France, ont condamné ce qu’ils ont qualifié de recrudescence des complots d’assassinat, d’enlèvement et de harcèlement de la part des services de renseignement iraniens.
Les services de renseignement israéliens ont en effet l’habitude d’informer leurs homologues étrangers lorsqu’ils disposent d’informations susceptibles de les aider à déjouer des attaques sur leur sol.
En 2017, l’ASIO a été informée par les services de renseignement israéliens d’un complot visant à faire exploser un vol d’Etihad Airways au départ de Sydney, a rappelé Sky News Australia.
Les Juifs australiens se disent déçus de l’impuissance du gouvernement à empêcher les actes antisémites et autres discours violents.
En Australie, le nombre d’actes antisémites a explosé depuis le déclenchement de la guerre contre Israël par les terroristes du Hamas, le 7 octobre 2023.
Selon les données du Conseil exécutif des Juifs d’Australie (ECAJ), quelque 2 062 incidents ont été recensés entre octobre 2023 et septembre 2024, contre 495 un an plus tôt.
Ces derniers mois, les Juifs ont vu leurs synagogues, leurs écoles et leurs maisons incendiées. Deux infirmiers ont menacé de tuer des patients juifs dans leur hôpital, et une caravane remplie d’explosifs destinés à un attentat meurtrier contre une synagogue de Sydney a été découverte.
La récente décision des autorités australiennes de reconnaître un État palestinien à l’Assemblée générale des Nations unies, en septembre, n’a fait qu’exacerber le sentiment déjà fort d’aliénation de la communauté juive locale, qui compte 120 000 membres, et a déclenché une vive joute verbale entre le gouvernement d’Albanese et les responsables israéliens.
Zev Stub a contribué à cet article.







