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Israël agit pour contrer la « menace existentielle » iranienne, dit Gantz

Dans un entretien accordé à la BBC Perse, le ministre de la Défense a réaffirmé le droit de l'État juif à prendre des initiatives indépendantes contre Téhéran

Le ministre israélien de la Défense Benny Gantz lors d'une conférence dans la région d'Eshkol, dans le sud d'Israël, le 13 juillet 2021. (Crédit : Flash90)
Le ministre israélien de la Défense Benny Gantz lors d'une conférence dans la région d'Eshkol, dans le sud d'Israël, le 13 juillet 2021. (Crédit : Flash90)

Le ministre de la Défense Benny Gantz a accordé mardi une interview à la station de radio BBC Perse, affirmant qu’Israël passerait à l’action sans fléchir contre le programme nucléaire de l’Iran et que l’accord sur le nucléaire qui a été conclu avec les puissances mondiales, le JCPOA, en 2015 devait changer s’il voulait apporter une réelle stabilité.

« Nous avons des capacités et des méthodes que je ne peux pas détailler et nous sommes prêts à garantir que l’Iran n’obtiendra pas l’arme nucléaire », a déclaré Gantz, qui a ajouté que l’État juif se réservait le droit de passer à l’acte de manière indépendante.

Concernant les négociations en cours – actuellement dans l’impasse – visant à redonner vie au JCPOA aujourd’hui moribond, il a indiqué que « l’accord a des points faibles qu’il faut rectifier de manière à ce qu’il puisse être strict et de manière à ce qu’il puisse apporter une réelle stabilité. Nous avons besoin d’un accord plus fort, plus long et plus approfondi ».

« Les Iraniens sont très proches d’une arme nucléaire en ce qui concerne l’enrichissement, mais ce n’est pas le cas s’agissant d’autres aspects de la fabrication d’une arme atomique », a continué Gantz lors de son entretien. « Nous connaissons très bien les ruses et les tromperies utilisées, nous sommes au fait de leurs tentatives de tromper les nations du monde. Nous révélons également cette information. »

« Ce régime oppressif viole les droits humains des citoyens iraniens. Il y a une pénurie d’eau, d’alimentation et d’électricité et malgré tout, l’Iran choisit plutôt de développer son secteur nucléaire militaire », a-t-il poursuivi.

« Israël et la nation iranienne entretenaient des relations excellentes par le passé et nous avons beaucoup d’estime pour la population iranienne et pour son patrimoine, mais nous constatons toutefois, sur le terrain, l’influence négative du régime iranien, que ce soit sur la question du nucléaire ou du soutien apporté au terrorisme au Moyen-Orient », a averti Gantz. « Nous ne pouvons pas rester à ne rien faire et détourner le regard alors qu’une menace existentielle plane sur nos têtes. »

Le président Hassan Rouhani, deuxième à droite, écoute le chef de l’Organisation de l’énergie atomique iranienne, Ali Akbar Salehi, lors d’une visite d’une exposition sur les récentes avancées nucléaires à Téhéran, en Iran, le 10 avril 2021. (Crédit : Bureau de la présidence iranienne via AP)

Dimanche, la station de radio Kan a fait savoir que Gantz, le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid et d’autres responsables israéliens avaient récemment averti les officiels américains que l’Iran était plus proche que jamais de la fabrication d’une arme nucléaire.

Les négociations actuelles menées entre les puissances mondiales et l’Iran – avec la participation indirecte des États-Unis – ont commencé il y a plusieurs mois à Vienne, mais elles se trouvent dans l’impasse depuis quelques semaines.

« Il faut qu’il se passe quelque chose dans les négociations avec l’Iran », a expliqué un éminent diplomate au micro de Kan. « Ce ‘flou’ ne peut pas durer à un moment où l’Iran pourrait devenir rapidement un État sur le point d’obtenir l’arme atomique. »

Le Premier ministre Naftali Bennett œuvre à définir la date exacte de sa rencontre, le mois prochain, avec le président américain à Washington, Joe Biden – même s’il est gêné en cela par la courte majorité détenue par son gouvernement à la Knesset qui exige sa présence à tous les votes cruciaux.

Depuis le mois d’avril, Téhéran mène des pourparlers avec les puissances mondiales à Vienne concernant la remise en vigueur de l’accord sur le nucléaire de 2015. Washington prend part indirectement à ces négociations.

Le secrétaire à la Défense Lloyd Austin accueille le ministre israélien de la Défense Benny Gantz au Pentagone à Washington, le 3 juin 2021. (Crédit : AP Photo/Andrew Harnik)

Ces pourparlers visent à réintégrer les États-Unis dans l’accord dont ils s’étaient retirés en 2018, sous l’ancienne administration du président Donald Trump. En retournant dans le JCPOA, Les États-Unis lèveraient alors les sanctions qui avaient été réimposées à la République islamique et, en échange, Téhéran accepterait de se reconformer pleinement aux engagements pris dans le cadre de l’accord – des engagements auxquels l’Iran a petit à petit renoncé en riposte aux sanctions.

La République islamique a confirmé que les négociations ne reprendraient pas avant la prise de fonction du nouveau président élu ultra-conservateur Ebrahim Raisi, qui est prévue au mois d’août.

Israël s’oppose depuis longtemps à l’accord sur le nucléaire et au désir de Biden de le réintégrer.

Lapid a rencontré le secrétaire d’État américain Antony Blinken à Rome, il y a un mois, et a souligné qu’Israël avait « des réserves sérieuses » sur l’accord en cours de négociation à Vienne. De son côté, Gantz a été accueilli, le mois dernier, par le secrétaire d’État américain à la Défense Lloyd Austin.

Le mois dernier également, le chef d’état-major israélien Aviv Kohavi a mis en garde les responsables américains sur « les échecs de l’accord actuel, qui permettra à l’Iran de faire des avancées significatives dans les prochaines années concernant la quantité et la qualité des centrifugeuses et dans la quantité et la qualité de l’uranium enrichi ». Il a aussi souligné le « manque de contrôle dans le secteur du développement d’une arme nucléaire », avait noté un communiqué de l’armée israélienne.

L’AFP a contribué à cet article.

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