Israël approuve un plan anti-BDS à 72 millions de dollars
Rechercher

Israël approuve un plan anti-BDS à 72 millions de dollars

Financée par le gouvernement et des dons juifs, une nouvelle organisation supervisera la lutte contre les tentatives de boycott à travers la diplomatie publique

Manifestation du mouvement BDS à Barcelone, en Espagne, en juin 2014. Illustration. (Crédit : capture d'écran YouTube)
Manifestation du mouvement BDS à Barcelone, en Espagne, en juin 2014. Illustration. (Crédit : capture d'écran YouTube)

Le gouvernement israélien a approuvé un plan prévoyant 72 millions de dollars pour lutter contre la campagne de boycott de l’Etat juif.

Le plan, qui représente le plus grand investissement pécunier jamais adopté par Israël, s’impliquera spécifiquement dans la lutte contre la campagne Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS), a été annoncé la semaine dernière aux ministres et approuvé par décret à l’unanimité, a rapporté vendredi le site d’information Ynet.

Il se concrétisera par la mise en place d’une organisation à but non-lucratif dont le conseil sera composé de représentants du gouvernement et de donateurs étrangers, a indiqué le rapport.

Le comité directeur supervisera la première grande « infrastructure de la société civile au service de l’État d’Israël et de la communauté pro-israélienne dans la lutte contre la délégitimation d’Israël », a-t-on lu dans l’avis aux ministres.

Le budget de 75 millions de dollars proviendra en partie du gouvernement et en partie des donateurs juifs et des communautés à l’étranger, selon le rapport. Il n’a pas été précisé quand la nouvelle organisation deviendrait opérationnelle ou même officiellement établie.

Mais le financement initial de 36 millions de dollars proviendra du budget du ministère de la Diplomatie publique dirigé par Gilad Erdan. Au moins 10 philanthropes juifs se sont engagés à au moins égaler cette somme, certains ont promis de donner 2 dollars et 3 dollars à chaque dollar investi par le gouvernement israélien au-delà du financement initial, selon le rapport.

Le ministre de la Sécurité intérieure, Gilad Erdan, lors d’un débat à la Knesset, le 6 mars 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

L’organisation envisagée par ses créateurs agirait régulièrement pour contrer les pressions exercées sur les artistes et les entreprises commerciales pour qu’ils n’exercent pas leurs activités avec Israël. Mais elle passerait à la vitesse supérieure lors de périodes sensibles telles que les conflits armés, les vagues d’attentats terroristes et les votes anti-israéliens au sein de forums internationaux, a indiqué l’annonce.

Les moyens d’action de la nouvelle organisation incluraient des campagnes publiques, le lobbying, l’organisation de visites de solidarité en Israël par les leaders d’opinion, l’établissement de nouvelles relations avec les médias sociaux et une interaction avec les organisations pro-israéliennes dans le monde entier.

Manifestants appelant à boycotter Israël. Illustration. (Crédit : WikiCommons)

Si de telles activités relèvent aujourd’hui officiellement du ministère des Affaires étrangères, leur privatisation permettrait une action plus rapide et plus flexible, sans contraintes bureaucratiques gouvernementales ni limitations légales sur les services de tiers, qui nécessitent des appels d’offres lorsqu’elles sont menées par le gouvernement, explique l’annonce. La nouvelle organisation sera toutefois supervisée par l’Etat.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...