Israël arrête un professeur d’astrophysique palestinien pro-Hamas
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Israël arrête un professeur d’astrophysique palestinien pro-Hamas

L’armée et la police se refusent à tout commentaire sur la détention d'Imad Barghouthi, qui a appelé à des soulèvements en Cisjordanie pendant la guerre 2014

Dov Lieber est le correspondant aux Affaires arabes du Times of Israël

Imad Barghouthi pendant un rassemblement du Hamas à l'université al-Quds de Jérusalem, en octobre 2014. (Crédit : capture d'écran YouTube)
Imad Barghouthi pendant un rassemblement du Hamas à l'université al-Quds de Jérusalem, en octobre 2014. (Crédit : capture d'écran YouTube)

Les forces de sécurité israéliennes ont arrêté l’astrophysicien palestinien reconnu Imad Barghouthi, dont l’arrestation il y a deux ans avait provoqué un tollé dans la communauté scientifique internationale, a déclaré au Times of Israel, mardi, un responsable de l’université al-Quds.

Barghouthi, professeur à l’Université al-Quds de Jérusalem, a déjà travaillé sur des projets financés par la NASA aux États-Unis. Il a été arrêté dimanche soir par les forces de sécurité israéliennes à un point de contrôle de Cisjordanie près du village de Nabi Saleh, à l’ouest de Ramallah.

Les proches du professeur, qui ont reçu un appel téléphonique de l’armée israélienne pour les informer de son arrestation, n’ont pas été renseignés quant aux actes d’accusation ou à l’endroit où il a été arrêté, a rapporté le site de nouvelles palestinienne Qudsnet.

Ni l’armée israélienne, ni la police israélienne ne se sont prononcées sur la question, et l’on ne sait toujours pas quelle branche des forces de sécurité israéliennes était responsable de l’arrestation.

Barghouthi a obtenu son doctorat à l’Université d’état de l’Utah, et a travaillé en Jordanie et en Arabie Saoudite avant de s’installer à l’Université al-Quds en 2000. Il avait déjà été arrêté par la police des frontières israélienne en tentant de passer en Jordanie en décembre 2014, pour des charges inconnues, puis libéré le 22 janvier.

Imad Barghouthi (à gauche sur la photo) prend la parole à un rassemblement du Hamas à l'Université al-Quds de Jérusalem en octobre 2014. (Crédit photo : capture d'écran : YouTube)
Imad Barghouthi (à gauche sur la photo) prend la parole à un rassemblement du Hamas à l’Université al-Quds de Jérusalem en octobre 2014. (Crédit photo : capture d’écran : YouTube)

Des groupes académiques internationaux, y compris l’Association française des universitaires pour le respect du droit international en Palestine, le Comité britannique pour les universités de Palestine et le Comité des Concerned Scientists aux États-Unis, ont protesté contre sa détention de 2014, dénonçant une violation de la liberté d’expression et du droit de voyager.

Barghouthi a déclaré au Nature Journal, basé aux Etats-Unis, que sa première détention était liée à son opposition à l’occupation israélienne, et au fait qu’il avait porté l’écharpe verte et le chapeau du groupe terroriste Hamas sur son profil Facebook. Il a nié l’appartenance à l’organisation terroriste.

Les vidéos YouTube de Barghouthi prenant la parole à des rassemblements du Hamas montrent qu’il était non seulement un critique de la politique israélienne en Cisjordanie, mais également un fervent partisan de l’aile militaire du Hamas Ezzedin al-Qassam et de leurs activités terroristes, y compris les tirs des roquettes sur les villes israéliennes.

Dans une vidéo publiée le 11 août 2014, au milieu de la guerre de 50 jours entre Israël et le Hamas dans la bande de Gaza, on voit Barghouthi parler à un rassemblement du Hamas dans le centre de Ramallah et appeler les Palestiniens de Cisjordanie à « prendre les armes pour défendre leur maisons ».

Dans un discours, deux mois plus tard, à son université, Barghouthi a salué les actions des Brigades al-Qassam et a appelé les auditeurs à se consacrer à la « résistance » et à « libérer al-Aqsa et les lieux saints ».

Selon les chiffres palestiniens cités par le Conseil des droits de l’Homme des Nations unies, 1.462 civils ont été tués sur un total de 2.251 morts à Gaza pendant le conflit de 51 jours. Israël affirme que jusqu’à la moitié des personnes tuées du côté palestinien étaient des combattants, et a blâmé le nombre de victimes civiles sur le Hamas qui aurait placé délibérément des lance-roquettes, des tunnels et d’autres installations militaires parmi les civils. Soixante-treize personnes ont été tuées, côté israélien.

Eric Cortellessa contribué à ce rapport.

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