Israël assez bien noté pour l’exploitation de son capital humain
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Israël assez bien noté pour l’exploitation de son capital humain

Le pays pourrait encore mieux utiliser son potentiel, selon le rapport sur le capital humain du Forum économique mondial

David Shamah édite notre section « Start-Up Israel ». Spécialiste depuis plus de dix ans en technologies et en informatique, il est un expert reconnu des start-up israéliennes, de la high-tech, des biotechnologies et des solutions environnementales.

Des entrepreneurs haredim et laïcs assistent au forum de high-tech Kamatech. (Crédit : Courtoisie)
Des entrepreneurs haredim et laïcs assistent au forum de high-tech Kamatech. (Crédit : Courtoisie)

Avec un manque de ressources naturelles, les Israéliens ont coutume de dire que la plus grande ressource du pays est sa main-d’œuvre. Mais est-ce bien vrai ?

A peu de choses près, selon le Forum économique mondial [FEM]. Dans son rapport sur le capital humain qu’il vient de publier, le FEM conclut qu’Israël s’ingénie à tirer profit des personnes intelligentes de sa population, et fournit des possibilités d’éducation aux divers groupes d’âge, leur permettant de travailler dans des emplois mieux rémunérés et de participer à l’économie high-tech.

Au moyen d’indicateurs mesurant la participation de personnes d’âges différents et de divers milieux économiques, selon la méthodologie du FEM, le rapport vise à « évaluer le résultat des investissements passés et présents dans le capital humain et à offrir un aperçu de l’image future de la base de talents du pays ».

Globalement, Israël se classe 29e sur les 128 pays qui figurent ds le rapport. Le rapport mesure le nombre de gens de tous les groupes d’âge appartenant au système éducatif ; la qualité des écoles et des programmes [évalués par des experts et par de hauts responsables commerciaux du pays] ; les domaines d’étude et le niveau de participation économique [chiffres de la population active, du chômage du sous-emploi, etc.], etc.

Le classement d’Israël était assez bon pour devancer tous les autres pays du Moyen-Orient – le second meilleur score régional revenant aux Emirats arabes unis, arrivés 54e sur l’ensemble des pays.

Israël, selon le rapport, fait du bon travail, veillant à ce que l’enseignement supérieur reste accessible à tous.

« Israël bénéficie d’un taux élevé de diplômés du tertiaire parmi sa population active de 25-54 ans, ce qui a pour conséquence un haut taux d’emploi hautement qualifié – 49,7 % – (4e au classement général) et une relative facilité à trouver des employés qualifiés », affirme le rapport.

« Parmi les plus bas dans la région, le taux de chômage du pays au sein du groupe d’âge 15-24 ans est de 11 %, tandis que celui des jeunes sans emploi, éducation ou formation est également relativement bas – 15,7 %. »

Alors que le rapport du FEM ne divise pas le taux de participation de la main-d’œuvre par groupe de population, de nombreuses études israéliennes l’ont fait.

Toutes indiquent que les – relativement – faibles taux de participation à la main-d’œuvre sont dus au grand nombre de femmes arabes et d’hommes ultra-orthodoxes en âge de travailler, qui ne sont pas employés ou travaillent dans l’importante économie souterraine [selon certaines estimations, jusqu’à 20 % de l’activité économique totale en Israël n’est pas déclarée].

Un rapport de 2011 de l’Institut de Jérusalem pour les études israéliennes, par exemple, montre que le taux de participation à la vie active à Jérusalem, qui comprend une importante population arabe et ultra-orthodoxe, était de 46 %, bien inférieur au taux de Haïfa (59 %) et de Tel-Aviv (65 %).

Les taux de main-d’œuvre chez les laïcs, traditionnels, et religieux-nationalistes (« kippa tricotée ») de Jérusalem se situait entre 64 % et 68 %, tandis que dans l’ensemble du pays, ces taux se situaient entre 66 % et 72 %. Pour les ultra-orthodoxes, ces chiffres étaient de 44 % [Jérusalem] et 51 % [ensemble du pays].

S’ils souhaitent continuer de prospérer, indique le rapport, Israël et tous les autres pays devraient repenser leur stratégie et leur philosophie du travail, de l’éducation et la connexion entre eux.

« Le talent, non le capital, sera le facteur clé reliant l’innovation, la compétitivité et la croissance au 21e siècle », déclare le rapport.

« Relever les défis du système actuel nécessite une révision fondamentale et globale de ce que signifie apprendre, travailler et réaliser son potentiel en tant qu’individu, de la façon dont les entreprises doivent investir dans les talents, dont l’enseignement est délivré – sa substance et son calendrier – et de la façon dont les gouvernements devraient aborder les problèmes à court terme, non seulement pour l’heure, mais aussi pour planifier les besoins des prochaines générations. »

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