Israël aurait présenté ses excuses à la Jordanie et va rouvrir son ambassade
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Israël aurait présenté ses excuses à la Jordanie et va rouvrir son ambassade

Le royaume a annoncé que Jérusalem a accepté toutes ses demandes pour mettre fin à l'impasse diplomatique provoquée par l'incident du mois de juillet près de l'ambassade

Les forces de sécurité jordaniennes montent la garde tandis que les manifestants brandissent les drapeaux jordaniens et crient des slogans lors d'une manifestation près de l'ambassade d'Israël dans la capitale Amman le 28 juillet 2017 (Crédit : AFP Photo / Khalil Mazraawi)
Les forces de sécurité jordaniennes montent la garde tandis que les manifestants brandissent les drapeaux jordaniens et crient des slogans lors d'une manifestation près de l'ambassade d'Israël dans la capitale Amman le 28 juillet 2017 (Crédit : AFP Photo / Khalil Mazraawi)

Un porte-parole du gouvernement jordanien a déclaré jeudi qu’il avait reçu d’Israël un « mémorandum officiel » qui présente les excuses d’Israël pour la mort de deux Jordaniens lors d’une fusillade près de l’ambassade d’Israël à Amman en juillet et pour l’assassinat d’un juge jordanien en 2014

Peu de temps après, le bureau du Premier ministre israélien a publié une déclaration annonçant que l’ambassade, qui avait été fermée à la suite de l’incident de juillet, allait rouvrir.

Le porte-parole jordanien, Mohammad Momani, a également déclaré qu’Israël avait accepté de se conformer à toutes les prérequis exigés par le royaume pour la reprise des relations diplomatiques entre les deux Etats. Celles-ci incluaient, a-t-il précisé, une action en justice contre l’agent de sécurité israélien accusé d’avoir tué les deux Jordaniens dans l’enceinte de l’ambassade, et d’accorder une compensation financière aux trois familles jordaniennes endeuillées par la mort de leur proche.

Dans sa déclaration publiée jeudi soir, le Premier ministre a confirmé qu’il était parvenu à un accord avec la Jordanie au sujet de ces deux incidents et a déclaré que l’ambassade « reprendra une activité complète immédiatement. »

S’écartant des conditions annoncées par la Jordanie, il a déclaré que les autorités israéliennes prendront une décision « dans les semaines à venir » pour décider si l’agent de sécurité, Ziv Moyal, sera jugé pour la fusillade.

« Israël attache une grande importance à ses relations stratégiques avec la Jordanie, et les deux pays agiront pour renforcer leur coopération et renforcer le traité de paix entre eux », a déclaré le bureau du Premier ministre dans son communiqué, qui n’abordait pas les excuses ou les réparations versées aux familles endeuillées.

En juillet, Moyal avait tué deux Jordaniens après que l’un d’eux l’aurait attaqué pendant qu’il montait la garde devant l’ambassade, déclenchant une crise diplomatique entre Jérusalem et Amman, et obligeant tout le personnel diplomatique, y compris l’ambassadrice Einat Schlein, à rentrer en Israël.

Mohammad Momani en décembre 2013 (Crédit : The Official CTBTO Photostream/CC BY 2.0)

La Jordanie a déclaré qu’Israël ne pouvait pas renvoyer Schlein et le reste du personnel à l’ambassade jusqu’à ce que Moyal soit jugé.

La fusillade à l’ambassade a ramené les relations bilatérales entre les les deux pays à son point le plus bas d’autant plus, qu’à l’époque, elles étaient déjà tendues suite à la décision d’Israël de placer des détecteurs de métaux aux entrées du mont du Temple à la suite d’une attaque terroriste sur le site sacré de Jérusalem. Les détecteurs de métaux ont ensuite été retirés. La Jordanie est le gardien de la mosquée Al-Aqsa, qui se trouve au sommet du mont du Temple.

Immédiatement après l’incident, la Jordanie a brièvement refusé de permettre à Moyal de retourner en Israël ou de reconnaître son immunité diplomatique, une impasse qui menaçait de se transformer en une crise plus grave.

Mais un jour plus tard, Moyal et le reste du personnel de l’ambassade ont été autorisés à rentrer en Israël, suite à la pression diplomatique d’Israël sur la Jordanie, notamment par un entretien téléphonique entre le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le roi Abdallah II de Jordanie, ainsi qu’une intervention américaine et une visite à Amman du chef de l’agence de sécurité du Shin Bet, Nadav Argaman.

Netanyahu a été critiqué pour sa gestion de l’incident surtout après que son bureau a publié des photos de sa rencontre avec Moyal où il l’a salué chaleureusement et cela avant même que les enquêteurs de l’un ou l’autre pays n’aient déterminé ce qui s’était réellement passé au cours l’incident.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu rencontre, le 25 juillet 2017, l’ambassadrice israélienne en Jordanie Einat Schlein et le garde de la sécurité ‘Ziv,’ qui a tué par arme à feu deux Jordaniens alors que l’un d’eux l’avait attaqué avec un tournevis. (Crédit : Haim Zach/GPO)

Momani a également déclaré jeudi qu’Israël avait accepté d’indemniser la famille de Raed Zeiter, un juge de 38 ans tué en mars 2014 au pont d’Allenby, un passage frontalier entre Israël et la Jordanie.

« Le gouvernement [jordanien] prendra des mesures appropriées conformément aux intérêts nationaux suprêmes à la lumière du mémorandum israélien, d’autant plus qu’il inclut une réponse à toutes les conditions fixées par le gouvernement suite à l’incident de l’ambassade afin que l’ambassadeur [israélien] puisse revenir, et également sur toutes les procédures judiciaires », a déclaré Momani.

Le porte-parole jordanien a déclaré que les trois familles jordaniennes ont accepté d’être indemnisées.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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