Israël cible le Hamas, ferme la zone de pêche
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Israël cible le Hamas, ferme la zone de pêche

Ce sont des tirs de roquettes - les deux ont été interceptés par le Dôme de fer, mais il y a eu des dégâts à Sdérot - qui sont à l'origine des frappes et des mesures israéliennes

Les Gazaouis manifestent le long de la frontière avec Israël, le 15 août 2020 (Capture d'écran : Douzième chaîne)
Les Gazaouis manifestent le long de la frontière avec Israël, le 15 août 2020 (Capture d'écran : Douzième chaîne)

L’armée de l’air israélienne a mené une deuxième série de frappes aériennes – après un premier raid qui avait eu lieu quelques heures auparavant – dans les premières heures de dimanche, après des tirs de roquettes depuis l’enclave côtière vers le sud de l’Etat juif, a fait savoir l’armée israélienne.

En réponse aux tirs de roquettes et à l’augmentation générale des violences autour de Gaza, Israël a également décidé de fermer entièrement la zone de pêche de l’enclave jusqu’à nouvel ordre.

Cette décision a été immédiate.

Les raids aériens qui ont eu lieu cette nuit ont pris pour cible des sites du groupe terroriste du Hamas dans le sud de la bande de Gaza, a expliqué l’armée. Un entrepôt de stockage d’armes appartenant au groupe terroriste a notamment été touché.

« L’armée israélienne appréhende avec sévérité toutes les activités terroristes contre Israël et continuera à répondre aux tentatives de nuire aux citoyens de l’Etat d’Israël ou d’attenter à la souveraineté de ce dernier. Le groupe terroriste du Hamas assume la responsabilité de toutes les attaques commises depuis Gaza ou à Gaza, et il devra assumer les conséquences des attentats terroristes contre les Israéliens », a noté Tsahal.

Les frappes aériennes sont survenues quelques heures après l’interception de deux roquettes par le système de défense aérienne du Dôme de fer, selon les militaires. Une roquette s’est abattue dans le jardin d’une maison de la ville de Sdérot, dans le sud, entraînant des dégâts dans l’habitation.

Les tirs de roquettes ont activé les sirènes d’alarme à Sdérot à environ une heure du matin et les résidents du secteur se sont précipités en hâte vers les abris antiaériens. Un homme de 58 ans a été légèrement blessé par des éclats de verre et plusieurs personnes ont été prises en charge en état de choc ou pour des blessures mineures, ont fait savoir les personnels médicaux.

La première série de frappes aériennes de représailles, dans la bande de Gaza, avait eu lieu samedi soir pour riposter au lancement continu de dispositifs incendiaires accrochés à des ballons depuis l’enclave palestinienne, ainsi qu’à la reprise des émeutes nocturnes le long de la clôture frontalière.

L’armée a fait savoir qu’elle avait pris pour cible « une installation militaire et une infrastructure souterraine du groupe terroriste du Hamas », ajoutant qu’elle tiendrait l’organisation terroriste pour responsable de toutes les violences émanant de la bande.

Un site d’information lié au Hamas a indiqué qu’environ 800 Palestiniens avaient affronté les troupes israéliennes sur la frontière dans le cadre d’unités de « perturbation nocturne », qui avaient déjà, dans le passé, créé des mouvements de protestation violents à la clôture frontalière mais qui n’avaient pas été actifs ces derniers mois.

Certains Palestiniens ont lancé des explosifs en direction des soldats israéliens, ont rapporté les médias en hébreu.

Le ministère de la Santé dirigé par le Hamas a annoncé que deux personnes avaient été blessées par des tirs à balle réelle – apparemment au cours de ces affrontements violents à la frontière – et qu’elles avaient été prises en charge à l’hôpital al-Shifa de Gaza City.

Cette reprise des violences nocturnes survient à un moment de tensions croissantes entre Israël et le Hamas, le groupe terroriste à la tête de Gaza.

Samedi, cela a été la cinquième soirée consécutive de raids aériens israéliens à Gaza, après le départ d’au moins 19 départs de feu dans la journée dans le sud du pays, déclenchés par des dispositifs incendiaires accrochés à des ballons et lancés depuis Gaza.

Le Hamas a mis en garde samedi contre une « escalade dangereuse » après que deux enfants ont été légèrement blessés lors de raids israéliens.

Un fermier israélien éteint les flammes dans un champ en train de brûler à proximité du kibboutz Beeri qui a été causé par un engin incendiaire attaché à un cerf-volant et lancé vers Israël depuis la bande de Gaza le 15 mai 2019. (Menahem Kahana/AFP)

Des bombes artisanales attachées à des ballons ou à des cerfs-volants ont entraîné plus de cent départs de feu au sein de l’Etat juif, la semaine dernière, entraînant des incendies dans des zones agricoles ou des feux de broussailles. La majorité des sinistres ont été de moindre importance mais certains ont néanmoins entraîné des dégâts, ont dit les responsables.

Selon un article paru vendredi dans le quotidien Haaretz, Israël a fait savoir que le pays n’autoriserait pas le transfert de la somme mensuelle de 30 millions de dollars habituellement versée par le Qatar à Gaza à moins que les attaques aux ballons incendiaires ne cessent.

Le journal, qui n’a pas cité ses sources, a ajouté que l’envoyé qatari n’était pas « emballé » à l’idée de se rendre dans la bande à moins que l’escalade des violences ne s’arrête.

Les analystes palestiniens estiment que les attaques de Gaza ont pour objectif d’exercer des pressions pour que l’Etat juif autorise l’entrée de l’aide financière qatarie dans la bande.

En réponse à ces attentats, Israël avait déjà fermé son poste-frontière commercial avec la bande – ne laissant entrer que les produits alimentaires et les aides humanitaires – et avait également antérieurement réduit le périmètre de la zone de pêche ouverte aux pêcheurs Gazaouis.

La pratique du lancement de dispositifs incendiaires et explosifs depuis la bande de Gaza vers le territoire israélien a été intermittente au cours des deux dernières années. Elle a connu une recrudescence depuis la fin de la semaine dernière.

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