Israël craint un débordement des armes chimiques d’Assad sur le Golan
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Israël craint un débordement des armes chimiques d’Assad sur le Golan

Dans un télégramme adressé à 15 pays, le ministère des Affaires étrangères aurait souligné qu'Israël répondrait à une telle situation "dans les termes les plus forts possibles"

Des rebelles syriens portent des masques à gaz contre une attaque chimique, 2013 (Crédit : capture d'écran Youtube/MrMrAsi)
Des rebelles syriens portent des masques à gaz contre une attaque chimique, 2013 (Crédit : capture d'écran Youtube/MrMrAsi)

Le ministère des Affaires étrangères craint que le gaz empoisonné puisse pénétrer en Israël si le régime d’Assad utilise des armes chimiques contre les rebelles près du plateau du Golan, et a signalé qu’Israël aurait une réponse punitive si une telle situation se produisait.

Le ministère a envoyé un télégramme classifié à 15 ambassadeurs israéliens à travers le monde, fournissant aux émissaires des directives pour envoyer des messages forts contre l’Iran, la Syrie et le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah à leurs pays hôtes, suite à l’infiltration d’un drone iranien et la réponse israélienne avec des F-16, a signalé la Dixième chaîne mercredi.

En reconnaissant la crainte de Jérusalem d’un débordement chimique dans le plateau du Golan, le télégramme a ordonné aux émissaires de faire savoir qu’ « il faut préciser qu’un tel incident exigerait qu’Israël réponde dans les termes les plus forts possibles ».

Le ministère des Affaires étrangères a demandé à ses ambassadeurs de souligner aux dirigeants politiques des pays où ils sont envoyés que l’annexion de l’Iran en Syrie pourrait accroître le désir de la République islamique de mener des attaques supplémentaires contre Israël, ce qui conduirait à une escalade des hostilités dans la région.

Un enfant syrien inconscient reçoit un traitement dans un hôpital de Khan Sheikhun, une ville tenue par les rebelles dans la province syrienne du nord-ouest d’Idlib, à la suite d’une attaque au gaz présumée le 4 avril 2017 (Crédit : Photo AFP / Omar Haj Kadour)

« Nous devons transmettre le message qu’Israël ne permettra pas cela et se défendra lui-même, ses citoyens et sa souveraineté », a déclaré le télégramme, selon le reportage.

En juillet 2012, une inquiétude similaire s’était répandue à travers Israël lorsque l’on craignait que des groupes terroristes pourraient prendre le contrôle de l’important stock d’armes chimiques de la Syrie. Les responsables à l’époque ont déclaré qu’Assad pourrait transférer les armes au groupe terroriste du Hezbollah. Le nombre de masques à gaz distribués aux civils a ensuite connu une augmentation immédiate et significative.

Le gouvernement syrien a démenti mercredi qu’il possédait des armes chimiques et a qualifié l’utilisation de ces armes d’ « immorales et inacceptables ».

Une équipe d’enquête conjointe composée d’experts de l’ONU et de l’organisation pour l’Interdiction des armes chimiques a conclu que le gouvernement syrien avait utilisé du chlore gazeux dans au moins deux attaques en 2014 et 2015 et utilisé le gaz neurotoxique sarin lors d’une attaque aérienne sur Khan Sheikhoun le 4 avril dernier, qui a tué environ 100 personnes et affecté environ 200 autres personnes.

Le 1er février, Washington a déclaré que le régime d’Assad pourrait fabriquer de nouvelles armes chimiques et a averti qu’il envisageait de nouvelles frappes contre le régime.

D’autres messages que les émissaires israéliens ont été invités à transmettre incluaient des appels à la communauté internationale pour faire pression sur l’Iran pour qu’il cesse d’accorder son soutien au groupe terroriste Hezbollah et pour empêcher l’organisation d’acheter et de fabriquer des missiles de précision qui pourraient être utilisés contre Israël.

Un responsable israélien a déclaré à la Dixième chaîne que les ambassadeurs avaient été priés de transmettre les mises en garde à la lumière du « sentiment » de Jeruslem que la communauté internationale ne prenait pas au sérieux la volonté d’Israël d’agir contre l’enracinement de l’Iran en Syrie.

Un responsable syrien a averti mardi Israël qu’il ferait face à des « surprises » s’il lançait des attaques contre son pays, affirmant que l’Etat juif pensait à tort que les forces syriennes étaient incapables de défendre le pays.

Avant l’aube de samedi, un drone iranien est entré dans l’espace aérien israélien près de la frontière jordanienne avant d’être abattu par un hélicoptère d’attaque israélien. Israël a ensuite mené une série de frappes aériennes contre des positions en Syrie, y compris le centre de commandement mobile du véhicule aérien sans pilote iranien, selon l’armée israélienne.

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman a depuis laissé entendre qu’Israël continuerait à mener des frappes aériennes si nécessaire, appelant la Syrie et l’Iran à « ne pas être stupides » ou « provocateurs ».

Pendant le raid de représailles, l’un des huit avions de chasse israéliens F-16 qui ont pris part à l’opération aurait été touché par un missile anti-aérien syrien et s’est écrasé. L’armée de l’air israélienne a ensuite mené une deuxième série de frappes aériennes, détruisant entre un tiers et la moitié des défenses aériennes de la Syrie, selon le porte-parole de l’armée israélienne, le lieutenant-colonel Jonathan Conricus.

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