Israël craint un eventuel conflit avec l’armée russe en Syrie
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Israël craint un eventuel conflit avec l’armée russe en Syrie

Lors de son voyage à Moscou, Netanyahu devrait poser des questions à Poutine sur l’assistance militaire à Assad qui pourrait menacer les opérations de l’armée israélienne

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Vladimir Poutine (à droite) accueille Benjamin Netanyahu à Moscou en mars 2012 (Crédit photo: Avi Ohayon / GPO / Flash90)
Vladimir Poutine (à droite) accueille Benjamin Netanyahu à Moscou en mars 2012 (Crédit photo: Avi Ohayon / GPO / Flash90)

Un élément clef de la brève visite à venir du Premier ministre Benjamin Netanyahu à Moscou sera d’empêcher un scénario dans lequel l’armée israélienne et les forces russes déployées en Syrie se tireraient dessus.

Netanyahu doit rencontrer le président russe Vladimir Poutine lundi prochain lors d’un voyage qui ne durera que quelques heures avant de retourner en Israël.

Le Premier ministre espère que Poutine l’informera sur l’objectif du récent renforcement militaire russe en Syrie, à la frontière nord est d’Israël, sur son ampleur et sur sa durée, a annoncé le journal en hébreu Haaretz, citant des sources à Jérusalem.

Netanyahu discutera des dangers qu’Israël aura à gérer si le Hezbollah, basé au Liban, et d’autres groupes terroristes obtiennent des armes russes de pointe, a déclaré son bureau.

La Deuxième chaîne a annoncé que Netanyahu est particulièrement préoccupé par les efforts russes et iraniens de soutenir le régime syrien du président Bashar Assad qui combat, depuis quatre ans, une insurrection qui a déchiré le pays en de nombreuses milices, en confrontation les unes avec les autres.

Il y a des déjà des centaines de militaires iraniens sur le plateau du Golan syrien à la frontière nord d’Israël et beaucoup plus en chemin, ont déclaré des officiels israéliens.

Israël s’inquiète du type d’armes que les Russes apportent avec eux. En plus des six tanks et des dizaines de véhicules blindés de transport de troupes que Moscou a déjà déployé dans la zone de Latakia, un bastion militaire d’Assad, il semble que la Russie envoie des batteries de missiles avancés anti-aériens SA-22 qui pourraient constituer une sérieuse menace pour les activités actuelles de l’armée de l’air israélienne dans le région.

Les forces russes seraient en train de préparer le terrain pour un contingent beaucoup plus important qui pourrait aussi inclure des avions de combat.

Un certain nombre de frappes aériennes à l’intérieur de la Syrie attribuées à Israël au cours de ces dernières années avaient apparemment pour objectif d’empêcher aux armes sophistiquées de parvenir au Hezbollah, mais la présence des forces russes pourrait perturber ce type d’opérations ou même conduire à des affrontements.

Le Hezbollah, une milice libanaise puissante qu’Israël a combattu dans une guerre dévastatrice en 2006, est un allié fidèle d’Assad et de l’Iran. Le groupe a envoyé des milliers de combattants pour soutenir ses forces.

Les relations entre Israël et la Russie ont été affectées négativement par la volonté de Moscou de vendre des équipements militaires avancés à l’Iran, dont les dirigeants ont souvent exprimé le désir de voir l’Etat d’Israël être détruit.

Le mystérieux commandant des forces al-Quds des Guardiens de la Révolution iranienne, le général Qasem Soleimani, aurait fait une seconde visite à Moscou récemment pour coordonner le soutien russe et iranien pour Assad.

Israël a exprimé ses craintes que l’accord sur le nucléaire signé en juillet par les six puissances mondiales, dont la Russie, et l’Iran pourrait voir l’argent débloqué par la levée des sanctions affluer vers le Hezbollah et d’autres organisations terroristes.

Netanyahu avait voyagé la dernière fois à Moscou en 2013 pour faire pression sur Poutine afin d’annuler la vente du système de défense aérienne S-300 vers l’Iran. Ces missiles sont maintenant en route vers Téhéran, selon des informations récentes.

Les Etats-Unis ont également exprimé leurs préoccupations à la Russie concernant le présumé renforcement militaire en Syrie, y compris les actions pour mettre en place une base aérienne près de Latakia, où les Russes maintenaient autrefois une base navale.

Moscou a, pourtant, nié ces informations et a déclaré que son aide au gouvernement syrien ne sortait pas de l’ordinaire.

L’équipe de Netanyahu pour la courte visite, qui a été annoncée mercredi, devait juste inclure une poignée de conseillers et le ministre de l’Alyah Zeev Elkin, qui servira également de traducteur entre les deux dirigeants, a annoncé Haaretz.

L’équipe du Times of Israel et l’AFP ont contribué à cet article

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