Israël demande à l’AP d’empêcher les attaques de son personnel de sécurité
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Israël demande à l’AP d’empêcher les attaques de son personnel de sécurité

Les Palestiniens ont déjoué 20 % du terrorisme en Cisjordanie, a déclaré Yaalon ; Jérusalem cherche à "clarifier" la fusillade de dimanche

La police palestinienne en Cisjordanie. Illustration. (Crédit : Issam Rimawi/Flash90)
La police palestinienne en Cisjordanie. Illustration. (Crédit : Issam Rimawi/Flash90)

Le ministre de la Défense Moshe Yaalon a déclaré lundi que la coordination entre les forces de sécurité d’Israël et de l’Autorité palestinienne (AP) continuait malgré une attaque dimanche dans laquelle trois soldats ont été blessés par un officier de sécurité de l’AP.

« Le sujet a été soulevé dans la nuit pendant une réunion entre nos officiels de sécurité et les officiels de sécurité palestiniens, a-t-il déclaré à la radio publique israélienne. En premier lieu, ils se lavent les mains de tout ceci – ce n’est pas leur politique – mais nous demandons certainement des explications et une surveillance des employés de leurs divers services de sécurité. »

Yaalon a déclaré que, en moyenne, les forces de sécurité palestiniennes réussissaient à déjouer 20 % des attaques contre les Israéliens, alors qu’Israël est capable d’en empêcher 80 %.

L’attaquant palestinien, Amjad Sakari, 35 ans, a ouvert le feu à un checkpoint de l’armée israélienne près de Beit El, en Cisjordanie, blessant trois soldats, dont deux sérieusement. Il a été abattu sur les lieux par des soldats.

Photo non datée de Amjad Sakari, membre de l'Autorité palestinienne, qui aurait mené une attaque à main armée en Cisjordanie, le 31 janvier 2016. (Crédit : Twitter)
Photo non datée de Amjad Sakari, membre de l’Autorité palestinienne, qui aurait mené une attaque à main armée en Cisjordanie, le 31 janvier 2016. (Crédit : Twitter)

Le ministre de la Défense a listé une série d’actions qui sont devenues plus ou moins routinières quand les officiels de la sécurité israéliens savent d’où vient un attaquant : « Son village est bloqué, et il y a là-bas des activités [des forces de sécurité israéliennes]. Nous prenons toutes sortes de mesures contre les terroristes, contre leurs maisons, leurs familles – sur les permis de travail à l’intérieur d’Israël, et également contre le village lui-même, avec des arrestations, etc. »

Israël bloquait lundi l’entrée de Ramallah aux non-résidents de cette ville de Cisjordanie où siège l’Autorité palestinienne, à la suite de l’attaque commise dimanche, a indiqué l’armée israélienne.

Cette interdiction d’accès aux non-résidents sera maintenue en fonction de l’évaluation de la situation que feront les forces israéliennes, a déclaré une porte-parole de l’armée.

Cette décision concerne aussi les étrangers, a déclaré la porte-parole. Un nombre important de non-résidents – Palestiniens mais aussi diplomates et humanitaires étrangers – vont travailler quotidiennement dans la ville où se trouvent les grandes institutions et administrations palestiniennes ainsi que des institutions étrangères.

« Conformément à une évaluation de la situation à la suite de l’attaque à l’arme à feu commise hier à Beit-El, des mesures de sécurité ont été prises dans le secteur et seuls les résidents de Ramallah ont le droit d’entrer dans la ville », a déclaré la porte-parole de l’armée israélienne.

Yaalon a admis qu’un « facteur important » de la récente poussée d’attaques à été l’incapacité d’Israël à anticiper les actions palestiniennes. Il a continué, expliquant que c’était « le résultat de notre succès à déjouer le terrorisme de plus grandes organisations, le Hamas et le Jihad islamique. »

Il a affirmé qu’Israël mettrait fin aux attaques, et a déclaré qu’Israël ne souhaitait pas diriger les Palestiniens en Cisjordanie et à Gaza. « Nous sommes en pleine lutte pour ce territoire depuis 130 ans. Nous battrons cette vague de terrorisme comme nous l’avons fait avec les autres, j’en suis certain », a-t-il déclaré.

Yaalon a écarté une récente initiative française de restauration des négociations de paix, annoncée vendredi et rejeté presque immédiatement par les officiels israéliens. La France a associé l’initiative à un ultimatum : si les pourparlers aboutissent à une impasse, la France reconnaîtra unilatéralement un Etat palestinien.

Le ministre de la Défense, qui a rappelé qu’il s’occupait de la question palestinienne depuis plusieurs années et aux plus hauts niveaux gouvernementaux, a déclaré que la racine de la lutte était la volonté palestinienne de ne pas reconnaître un Etat juif, quelles que soient ses frontières.

Le ministre de la Défense Moshe Yaalon à l'Institut de la démocratie d'Israël, le mercredi 25 novembre 2015 (Photo: Ariel Hermony / Ministère de la Défense)
Le ministre de la Défense Moshe Yaalon à l’Institut de la démocratie d’Israël, le mercredi 25 novembre 2015 (Photo: Ariel Hermony / Ministère de la Défense)

« J’ai eu assez de conférences, assez de cérémonies, assez de documents formulés par des avocats. Au final, c’est entre nous et eux. Notre politique est très claire : nous ne voulons pas les contrôler. Il semble qu’ils ne veuillent pas mettre fin au conflit. Le cœur de ce conflit est leur réticence à reconnaître notre existence, dans n’importe quelles frontières », a déclaré Yaalon.

Après un week-end pendant lequel plusieurs familles israéliennes vivant dans des villes près de la frontière avec Gaza ont rapporté avoir entendu le son du creusement sous leurs maisons, et après que le dirigeant du Hamas, Ismail Haniyeh, a admis que son groupe creusait plus de tunnels transfrontaliers, Yaalon a déclaré qu’Israël était conscient de la menace et se préparait à y faire face.

« Je pense que la menace des tunnels nous est bien connue – ils n’allaient pas cesser de creuser ou de s’armer », a-t-il déclaré, affirmant que depuis la guerre dans la bande de Gaza en 2014, l’armée avait « beaucoup investi dans des capacités qui demeurent secrètes, à la fois en défense et en attaque. »

« Pour aujourd’hui, nous n’avons aucune preuve qu’un tunnel a été creusé sous la maison de quelqu’un », a-t-il déclaré.

L’AFP a contribué à cet article.

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