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Israël demande à ses citoyens d’éviter les manifestations à Hong Kong

Le ministère demande aux voyageurs de garder à l'esprit l'interdiction de se couvrir le visage sur le territoire, qui a entraîné de nouvelles manifestations anti-Chine

Les manifestants face aux gaz lacrymogènes à Hong Kong, le 6 octobre 2019 (Crédit : AP Photo/Felipe Dana)
Les manifestants face aux gaz lacrymogènes à Hong Kong, le 6 octobre 2019 (Crédit : AP Photo/Felipe Dana)

Israël a émis, dimanche, un avis en direction de ses citoyens se rendant à Hong Kong dans un contexte d’agitations politiques croissantes au sein de ce territoire semi-autonome.

« Les Israéliens doivent être vigilants et éviter les lieux des manifestations », a fait savoir un communiqué émis par le consulat israélien à Hong Kong et à Macau.

Dans un autre communiqué, le ministère des Affaires étrangères, à Jérusalem, a vivement recommandé aux citoyens d’écouter les instructions données par les forces de l’ordre, de rester attentifs aux informations, de se tenir au courant des changements possibles de vol et d’éviter la foule et les zones de conflit.

Hong Kong a connu 18 week-ends consécutifs d’agitations, attisées par la colère contre la gouvernance chinoise et les réponses de la police aux mouvements de protestation.

Le ministère des Affaires étrangères a spécifiquement alerté les Israéliens concernant l’interdiction de se couvrir le visage que la cheffe de l’exécutif, Carrie Lam, vient d’invoquer, utilisant en cela des pouvoirs d’urgence datant de l’époque coloniale.

Au mois d’août, le ministère des Affaires étrangères avait également mis en garde les Israéliens à Hong Kong, leur demandant de se tenir à l’écart des manifestations.

Israël a un consulat à Hong Kong, ouvert dans les années 1980 lorsque le territoire était encore sous administration britannique. Il y a également là-bas une communauté commerciale israélienne importante.

En 2016, le secrétaire au Commerce et au Développement économique Gregory So avait fait savoir qu’environ 64 000 Israéliens étaient venus à Hong Kong au cours de l’année précédente.

Les responsables, au sein de l’Etat juif, se sont abstenus de commenter les mouvements de protestation et la répression qui ont été largement condamnés. Jérusalem a tenté, au cours de ces dernières années, d’élargir les liens commerciaux avec la Chine et s’inquiète sûrement d’interférer avec Pékin.

La police de Hong Kong avance dans une rue durant des affrontements avec les manifestants dans le quartier Wanchai de Hong Kong, le 6 octobre 2019 (Crédit : Mohd Rasfan/AFP)

Les rassemblements antigouvernement ont été déclenchés par un plan, dorénavant abandonné, visant à permettre les extraditions vers le continent, ce qui avait laissé craindre une érosion des libertés promises dans le cadre du modèle « un pays, deux systèmes » mis en place par la Chine il y a 50 ans, avant le retrait de l’administration britannique.

Après que Pékin et les leaders locaux ont durci le ton, les manifestations se sont transformées en un mouvement plus large, réclamant de plus grandes libertés démocratiques et que la police rende des comptes pour ses actions.

Les affrontements les pires jusqu’à présent ont éclaté la semaine dernière, alors que la Chine fêtait les 70 ans de gouvernance du parti communiste. Un adolescent a été blessé par balles alors qu’il attaquait un agent.

Vendredi, Carrie Lam a annoncé l’interdiction de porter des masques, déclenchant de nouvelles manifestations au cours desquelles un jeune garçon de 14 ans a été blessé par balles lorsqu’un agent de police en civil qui était entouré d’un groupe de protestataires qui jetaient des cocktails Molotov, a sorti son arme .

Mais l’interdiction n’a pas aidé à mettre fin au chaos ou à arrêter la foule de manifestants masqués qui sont descendus dans les rues, alors que les opposants ont clamé que cette initiative était un pas de plus effectué vers l’autoritarisme.

Lam, au plus bas dans les sondages, a défendu son utilisation des pouvoirs d’urgence et averti qu’elle pourrait adopter encore davantage de mesures si la situation ne se calmait pas.

La loi, qui avait été utilisée pour la dernière fois par les Britanniques durant des émeutes en 1967, l’autorise à contourner le parlement et à prendre « toute réglementation que ce soit » dans un moment de danger public.

Mais les opposants disent pour leur part que cette législation a entraîné une crise constitutionnelle et sapé la réputation de Hong Kong en tant que pôle financier construit sur les règles de l’Etat de droit et d’un système judiciaire indépendant.

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