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Israël dément tout accord concernant une hausse du nombre du personnel du Waqf

Le bureau du Premier ministre a réfuté l'information selon laquelle le ministre de la Sécurité intérieure et la police auraient approuvé l'ajout de 50 nouveaux membres

Des responsables du Waqf dirigent des prières musulmanes, après avoir refusé de franchir les portiques de détection de métaux mis en place par la police israélienne à l'extérieur du mont du Temple dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 16 juillet 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Des responsables du Waqf dirigent des prières musulmanes, après avoir refusé de franchir les portiques de détection de métaux mis en place par la police israélienne à l'extérieur du mont du Temple dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 16 juillet 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le bureau du Premier ministre a démenti mardi qu’Israël avait accédé à la demande de la Jordanie de lui permettre d’augmenter le nombre de personnel du Waqf, qui est responsable de l’administration quotidienne du mont du Temple à Jérusalem.

« Il n’y a aucun changement ou nouveau développement dans le statut du mont du Temple – la souveraineté d’Israël est maintenue », a déclaré le bureau du Premier ministre dans un communiqué.

« Toutes les décisions seront prises par le gouvernement israélien en fonction des facteurs de souveraineté, de liberté de religion et de sécurité, et sans pression émanant de factions étrangères ou politiques », peut-on lire dans le communiqué, en référence aux commentaires faits par le Premier ministre Naftali Bennett dimanche.

Le démenti du cabinet du Premier ministre est intervenu après une information diffusée lundi par la chaîne publique Kan selon laquelle le ministre de la Sécurité intérieure, Omer Barlev, avait accédé à la demande d’Amman d’augmenter les effectifs sur le site. L’information, sans source précisée, indiquait que la police soutiendrait cette initiative.

La Jordanie, qui a régné sur la Cisjordanie et Jérusalem-Est de 1948 jusqu’à la guerre des Six Jours en 1967, a longtemps soutenu que ses traités avec Israël lui conféraient la garde des lieux saints chrétiens et musulmans de Jérusalem. Israël n’a jamais accepté cette revendication, mais a accepté de confier l’administration quotidienne du mont du Temple au Waqf, financé par la Jordanie.

Le communiqué du cabinet du Premier ministre a indiqué qu’Amman avait effectivement fait une requête pour une augmentation du nombre de personnel sur le site, mais a nié qu’Israël y ait accédé.

Des Palestiniens assistent aux prières du vendredi à la mosquée Al-Aqsa sur le mont du Temple, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 1er avril 2022. (Crédit : Jamal Awad/Flash90)

« Il y a environ un mois et demi, nous avons reçu une demande de la Jordanie d’ajouter 50 postes supplémentaires au Waqf sur le mont du Temple, mais Israël n’a pas jugé bon d’accéder à cette demande », lit-on dans le communiqué.

Le communiqué indique que, en réalité, six personnes, dont il a été établi qu’elles soutenaient le groupe terroriste du Hamas, avaient été démises de leurs fonctions sur le mont du Temple, et qu’elles avaient été remplacées par 12 autres personnes sur le lieu saint. Le communiqué précise que ce remplacement est intervenu conformément aux accords en vigueur.

Connu sous le nom de Haram al-Sharif ou de complexe d’Al-Aqsa par les musulmans, le mont du Temple est le site le plus sacré du judaïsme et le troisième site le plus sacré de l’islam.

Il est depuis longtemps un foyer de violence et de conflit, et les tensions ont encore augmenté ces dernières semaines, avec notamment des émeutes palestiniennes, des affrontements avec la police israélienne et des tentatives par des Juifs de venir prier sur le mont du Temple.

Toute modification du statu quo qui prévaut depuis longtemps sur le mont, en vertu duquel les non-musulmans peuvent s’y rendre mais pas y prier, peut être source de violence.

Le roi Abdallah II de Jordanie, qui est en voyage aux États-Unis, où il devrait rencontrer le président américain Joe Biden pour discuter des tensions relatives au lieu saint, a abordé la question lundi lors d’une réunion avec des personnalités religieuses à New York, selon un communiqué du Palais royal.

Des Palestiniens scandent des slogans et agitent des drapeaux du Hamas lors d’une manifestation contre Israël, devant le sanctuaire du Dôme du Rocher dans l’enceinte de la mosquée al-Aqsa au sommet du mont du Temple dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 15 avril 2022. (Crédit : AP Photo/Mahmoud Illean)

« Le roi a réaffirmé que la garde hachémite des lieux saints islamiques et chrétiens de Jérusalem est un honneur et une responsabilité qui contribue à préserver l’unité de toutes les églises et, surtout, l’unité entre les communautés musulmanes et chrétiennes », indique le communiqué.

« Le roi a réaffirmé l’engagement de la Jordanie envers les principes d’harmonie et de dialogue interconfessionnels, ainsi que de modération et d’ouverture, soulignant la promotion de la paix et de la stabilité comme piliers de la politique étrangère de la Jordanie. »

Les récentes tensions sur le lieu saint ont été suivies d’attaques terroristes, de pressions de la part des alliés d’Israël, de menaces du Hamas et de l’exacerbation de la crise actuelle de la coalition.

Les affrontements ont également entraîné une escalade des tensions diplomatiques entre Israël et la Jordanie.

Abdallah a condamné Israël pour ces affrontements, lui reprochant d’autoriser les pèlerins juifs à pénétrer sur le site et appelant le gouvernement israélien à respecter « le statu quo historique et juridique » sur place, selon un communiqué récent de la Cour royale hachémite.

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