Israël en guerre - Jour 146

Rechercher

Israël en contact avec les dirigeants soudanais pour calmer les combats – responsable

"Nous parlons à qui nous devons parler", a déclaré le responsable, alors que la normalisation complète semble s'éloigner encore davantage

Des Soudanais saluent les soldats de l'armée fidèles au chef de l'armée Abdel Fattah al-Burhan, dans la ville de Port-Soudan sur la mer Rouge, le 16 avril 2023.(Crédit : AFP)
Des Soudanais saluent les soldats de l'armée fidèles au chef de l'armée Abdel Fattah al-Burhan, dans la ville de Port-Soudan sur la mer Rouge, le 16 avril 2023.(Crédit : AFP)

Israël a une « ligne directe » avec les chefs militaires du Soudan, a déclaré un responsable diplomatique israélien au Times of Israel jeudi, alors qu’il tente de contribuer aux efforts pour calmer les combats dans le pays.

« Nous parlons à qui nous devons parler », a déclaré le responsable, tout en refusant de confirmer les informations selon lesquelles le Mossad a établi des relations avec Mohamed Hamdan Dagalo, commandant des forces paramilitaires de soutien rapide qui combattent actuellement le chef de l’armée, le général Abdel Fattah al-Burhan.

Le responsable israélien a souligné qu’Israël ne prenait pas parti dans la lutte entre Burhan, anciennement allié, et Dagalo, son ancien commandant en second.

« Nous travaillons pour le bien du Soudan, afin que la situation ne s’aggrave pas. Toute la région a intérêt à ce que la stabilité soit préservée ».

Israël a un intérêt supplémentaire. En 2020, Israël et le Soudan ont convenu de prendre des mesures pour normaliser leurs relations, à la suite des accords conclus avec les Émirats arabes unis, Bahreïn et le Maroc dans le cadre des accords d’Abraham, mais depuis lors, Jérusalem et Khartoum ont eu du mal à finaliser un accord.

Ce retard s’explique en partie par un désaccord entre les dirigeants militaires et civils du pays sur la question de savoir s’il faut normaliser les relations avec Israël. Alors que la junte militaire qui dirige actuellement le pays avait soutenu la normalisation, l’effort a été mis en veilleuse et, en mai de l’année dernière, les États-Unis ont coupé l’aide au Soudan en réponse au coup d’État, ce qui a encore retardé l’initiative.

Le ministre des affaires étrangères, Eli Cohen, s’est rendu à Khartoum en février pour rencontrer M. Burhan.

Le ministre des Affaires étrangères Eli Cohen rencontre le général au pouvoir soudanais Abdel Fattah al-Burhan à Khartoum, la capitale soudanaise, le 2 février 2023. (Crédit : capture d’écran Twitter ; utilisée conformément à l’article 27a de la loi sur le droit d’auteur)

« Il a été convenu d’avancer vers la normalisation des relations entre les deux pays », a déclaré le ministère soudanais des affaires étrangères à l’issue d’une réunion entre M. Cohen et son homologue soudanais Ali al-Sadiq.

Toutefois, des responsables militaires soudanais ont déclaré à l’Associated Press que si le voyage de M. Cohen marquait un progrès sur la question de la normalisation, la normalisation complète des relations n’était pas pour demain.

Le fait que Washington souhaite qu’Israël attende qu’un gouvernement civil prenne le pouvoir à Khartoum constitue également un frein au processus de normalisation.

L’accord mettrait fin à des décennies d’inimitié de la part de l’un des ennemis les plus acharnés d’Israël, qui a accueilli le célèbre sommet de 1967 au cours duquel la Ligue arabe a adopté sa politique de refus de s’engager avec Jérusalem.

« Tant qu’il n’y aura pas un gouvernement qui gouverne avec un large consensus, il sera difficile d’avancer vers quelque chose de stable avec le Soudan », a déclaré le responsable israélien.

« Nous travaillons autant que possible avec les Américains.

Israël travaille probablement aussi avec l’Égypte. Le Caire soutient fermement Burhan et a vu des centaines de ses soldats temporairement capturés par la RSF.

Le chef des forces armées soudanaises, le général Abdel-Fattah Burhan, s’exprime lors d’une conférence de presse au Commandement général des forces armées à Khartoum, au Soudan, le 26 octobre 2021. (Crédit : AP Photo/Marwan Ali)

Le responsable israélien n’a toutefois pas voulu confirmer une quelconque coopération avec l’Égypte, se contentant de rappeler qu’Israël était en contact avec toutes les parties concernées.

L’Unicef lance l’alerte

Les affrontements qui ont éclaté à la mi-avril au Soudan ont déjà fait plus de 400 morts et plus de 3 500 blessés, a indiqué vendredi l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

« 413 personnes sont mortes et 3 551 personnes ont été blessées », a déclaré une porte-parole de l’OMS, Margaret Harris, lors d’un point de presse régulier à Genève.

Participant également à ce briefing, un porte-parole de l’Unicef, James Elder, a de son côté précisé qu' »au moins 9 enfants ont été tués dans les combats, et plus de 50 enfants auraient été blessés ».

« Malheureusement, nous savons que tant que les combats se poursuivront, les enfants continueront à en payer le prix », a-t-il ajouté.

Il a également indiqué que les soins vitaux qui étaient prodigués avant les affrontements à quelque 50 000 enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère « ont été interrompus ».

De la fumée s’élève d’un quartier de Khartoum, au Soudan, le 15 avril 2023. (Crédit : AP Photo/Marwan Ali)

« La vie de ces enfants est menacée », a-t-il souligné.

En raison des combats, de nombreuses familles sont prises au piège, avec peu ou pas d’accès à l’électricité, à l’eau, à la nourriture et aux médicaments.

Le Soudan a l’un des taux de malnutrition infantile les plus élevés au monde, avec – avant les récents affrontements – plus de 600 00 enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère, selon l’Unicef.

M. Elder a souligné que les combats mettent également en péril le respect de la chaîne du froid dans le pays, « y compris plus de 40 millions de dollars de vaccins et d’insuline, en raison des coupures d’électricité et de l’impossibilité de réapprovisionner les générateurs en carburant ».

L’Unicef a également reçu des informations faisant état d’enfants réfugiés dans des écoles et des centres de soins alors que les combats font rage autour d’eux et d’hôpitaux pour enfants contraints d’être évacués alors que les tirs d’obus se rapprochent. Des hôpitaux, des centres de santé et d’autres infrastructures essentielles ont ainsi été endommagés ou détruits, selon l’agence onusienne.

Même avant l’escalade de la violence au Soudan, les besoins humanitaires des enfants soudanais étaient très élevés, les trois quarts d’entre eux vivant dans l’extrême pauvreté, selon les estimations de l’Unicef.

Sept millions d’enfants n’étaient pas scolarisés.

« L’aide humanitaire est bien sûr essentielle, mais l’Unicef et ses partenaires ne peuvent pas apporter ce soutien si la sécurité du personnel n’est pas garantie », a assuré M. Elder.

Vendredi, les violents affrontements se sont poursuivis entre l’armée régulière et les paramilitaires, en dépit de multiples appels au cessez-le-feu à l’occasion de la fête de l’Aïd el-Fitr, la fin du mois sacré du Ramadan.

En savoir plus sur :
S'inscrire ou se connecter
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
Se connecter avec
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation
S'inscrire pour continuer
Se connecter avec
Se connecter pour continuer
S'inscrire ou se connecter
Se connecter avec
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un email à gal@rgbmedia.org.
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.