Israël en « pourparlers avancés » avec la Russie sur le retrait iranien de Syrie
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Israël en « pourparlers avancés » avec la Russie sur le retrait iranien de Syrie

Un reportage télévisé dit que Jérusalem réclame que les forces de Téhéran se tiennent à 80 kilomètres de la frontière ; l'Etat juif acceptera le retour d'Assad si l'Iran se retire

Soldats israéliens observés à côté de chars près de la frontière israélo-syrienne sur le plateau du Golan le 10 mai 2018. (Basel Awidat/Flash90)
Soldats israéliens observés à côté de chars près de la frontière israélo-syrienne sur le plateau du Golan le 10 mai 2018. (Basel Awidat/Flash90)

Israël serait en « pourparlers avancés » avec la Russie sur un potentiel retrait des forces iraniennes de Syrie, a fait savoir la chaîne Hadashot jeudi.

Des sources diplomatiques, à Jérusalem, ont déclaré que ces discussions avec la Russie – conduites avec le soutien des Etats-Unis – vont dans la bonne direction, a rapporté Hadashot, quelques heures après que le Premier ministre Benjamin Netanyahu a évoqué la situation en Syrie lors d’un entretien téléphonique avec le président russe Vladimir Poutine.

Le Kremlin a dit que la conversation s’est concentrée sur « certains aspects de l’arrangement syrien » qu’il n’a pas spécifiés, suite à des entretiens entre les deux responsables à Moscou au début du mois.

Une source diplomatique israélienne a déclaré à Hadashot que « même si cela prend du temps et même si nous devons accepter le retour du président syrien Bashar el-Assad, au termes de ces négociations, la menace iranienne en Syrie sera levée ».

Le président russe Vladimir Poutine (à droite) avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, au Kremlin à Moscou, le 9 mai 2018. (Crédit : SERGEI ILNITSKY/AFP)

Ce reportage survient alors que l’Observatoire syrien pour les droits de l’Homme, basé à Londres, a clamé au début du mois que les conseillers iraniens et les combattants du Hezbollah se préparaient à quitter les régions de Dabaa et de Quneitra, au sud, aux abords du plateau du Golan israélien.

Un responsable de « l’axe de résistance » dirigé par l’Iran, basé en Syrie, a nié ces informations, disant qu’elles étaient « fausses ».

Pour sa part, la chaîne publique Kan a noté que Jérusalem réclamait que les troupes de Téhéran aient l’interdiction de s’approcher de la frontière à plus de 70 à 80 kilomètres.

Cette demande aurait été faite durant des pourparlers en coulisses entre Israël et la Russie.

Selon le reportage, le retrait des forces armées de l’Iran au-delà de la route reliant Damas à Sweida est une demande intermédiaire avant un retrait finalement total de toutes les forces de la république islamique en Syrie.

Mais Israël a aussi souligné que – plus crucial encore que la distance des forces depuis la frontière – est la nature de leurs activités.

Moscou serait intéressé par le retour des soldats d’Assad du côté syrien du plateau du Golan dans les meilleurs délais et par la coordination avec Israël.

Selon un reportage diffusé jeudi par la Dixième chaîne, un haut responsable israélien aurait déclaré que le pays ne ferait pas d’objection au maintien d’Assad au pouvoir si la présence iranienne en Syrie était éliminée.

Meir Ben-Shabbat, conseiller à la sécurité nationale (Amos Ben Gerschom / GPO)

Le conseiller à la sécurité nationale Meir Ben-Shabbat aurait fait cette remarque à son homologue français Philippe Etienne, venu brièvement à Jérusalem dimanche pour préparer la rencontre du Premier ministre Benjamin Netanyahu, mardi prochain, avec le président Emmanuel Macron à Paris.

Hadashot a expliqué qu’Israël avait convenu qu’une telle réalité aurait ses conditions, notamment la réaffirmation de l’Accord de 1974 sur le désengagement passé entre l’Etat juif et la Syrie et qui garantit que les responsables iraniens n’entrent pas sur le territoire sous une fausse identité.

Les médias russes ont récemment fait savoir que Moscou désirerait passer un accord qui verrait la police militaire russe déployée dans les zones à proximité d’Israël. Cette convention envisagerait le retrait de toutes les forces iraniennes de la zone et exigerait l’abandon par les rebelles syriens de toutes les armes lourdes.

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