Israël envisage de mettre en quarantaine les voyageurs revenant de France
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Israël envisage de mettre en quarantaine les voyageurs revenant de France

Le ministère de la Santé envisagerait aussi cette mesure pour les voyageurs en provenance des États-Unis

Des employés à l'intérieur d'un bâtiment du centre médical de Sheba qui a été réquisitionné pour recevoir les Israéliens qui étaient en quarantaine sur le bateau de croisière Diamond Princess au Japon en raison de la propagation du coronavirus arrivés en Israël le 20 février 2020. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)
Des employés à l'intérieur d'un bâtiment du centre médical de Sheba qui a été réquisitionné pour recevoir les Israéliens qui étaient en quarantaine sur le bateau de croisière Diamond Princess au Japon en raison de la propagation du coronavirus arrivés en Israël le 20 février 2020. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Le ministère de la Santé a dit envisager d’imposer des restrictions aux voyageurs de retour de France suite à la propagation du coronavirus dans le pays, rapporte le site d’information Walla.

Le ministère envisage également d’émettre un avertissement aux voyageurs pour les inciter à ne pas se rendre en France.

Le directeur général du ministère de la Santé, Moshe Bar Siman-Tov, a par ailleurs déclaré à la Douzième chaîne que son bureau s’approchait du point où il pourrait avoir à émettre une sorte d’avertissement concernant les voyageurs en provenance des États-Unis où le coronavirus s’est propagé, ajoutant qu’il n’y a actuellement aucun Israélien gravement malade avec le virus.

La France compte désormais plus de 200 cas de coronavirus, parmi lesquels quatre personnes sont décédées, et se prépare à l’intensification inéluctable de l’épidémie.

Mardi à la mi-journée, « 13 nouveaux cas ont été déclarés, portant le total à 204 cas en France. Parmi ces nouveaux cas, un décès supplémentaire a été annoncé ce matin dans le Morbihan : il s’agit d’un homme âgé de 92 ans », a indiqué le ministère de la Santé.

Les trois premiers morts étaient un touriste chinois de 81 ans diagnostiqué fin janvier, un enseignant de 60 ans et une femme de 89 ans.

Le président français Emmanuel Macron lors d’un discours sur la Pologne et la France en Europe à l’université de Jagellonne à Cracovie, en Pologne, le 4 février 2020 (Crédit : Photo by Ludovic Marin / AFP)

Pour faire face à la situation, le président Emmanuel Macron a annoncé mardi dans un tweet que l’Etat français réquisitionnait « tous les stocks et la production de masques de protection » pour les distribuer aux soignants et aux personnes atteintes du coronavirus.

Avec la barre des 200 cas franchie, la France est devenue l’un des principaux foyers du nouveau virus en Europe, avec l’Italie et l’Allemagne. Une situation qui a connu une brusque accélération en une semaine, puisqu’il n’y avait que 12 cas recensés depuis fin janvier mardi matin dernier, et 100 samedi soir.

Outre l’Oise (nord), principal foyer de contamination, d’autres regroupements géographiques de cas sont recensés en Haute-Savoie (est) et dans le Morbihan (ouest).

Dans l’Oise, les services d’urgence étaient débordés d’appels de personnes qui ont développé des symptômes d’infection respiratoire, « ou veulent être rassurées », a expliqué un responsable médical à Lille, Patrick Goldstein, lors d’une conférence de presse.

Depuis ce week-end, des mesures plus contraignantes ont été prises pour empêcher une propagation plus large encore. Elles correspondent au passage en phase 2 (sur 3) de la lutte contre l’épidémie.

Ainsi, une « bonne centaine » d’écoles, collèges et lycées sont fermés en France, essentiellement dans l’Oise et le Morbihan, une mesure qui touche près de 45 000 élèves.

Par ailleurs, les rassemblements de plus de 5 000 personnes en « milieu confiné » et, partant, de nombreux concerts ou manifestations comme le Salon du Livre ou le Salon mondial du tourisme de Paris ont été annulés ou reportés.

Au Louvre, les employés ne comprennent pas pourquoi ces annulations ne s’appliquent pas au musée le plus visité du monde (9,6 millions de visiteurs l’an passé).

Policiers déployés devant l’esplanade du Louvre après une évacuation en raison d’une alerte de sécurité au jour du second tour de l’élection présidentielle française, le 7 mai 2017. (Crédit : Christophe Archambault/AFP)

Par crainte du coronavirus, ils ont invoqué leur droit de retrait dimanche et lundi et le musée est resté fermé ces deux jours. Le mardi est son jour de fermeture hebdomadaire, et on ne sait pas s’il rouvrira mercredi.

Enfin, certains pans de l’économie subissent déjà des effets, du tourisme au secteur manufacturier. Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a ainsi estimé que l’impact sur la croissance française serait « beaucoup plus significatif » que ce qu’il prévoyait jusqu’à présent, à savoir 0,1 point.

« Le stade 3, c’est le stade de l’épidémie, c’est le stade au cours duquel vous faites le constat que le virus circule et qu’il est transmissible sur l’ensemble du territoire », a expliqué le ministre de la Santé Olivier Véran, mardi sur BFMTV.

Il ne s’agit alors plus de freiner la propagation du virus comme au stade 2, où la France se trouve depuis samedi, mais d’en atténuer les effets.

Suspension de transports en commun, restriction des rassemblements, fermetures d’écoles: un passage au stade 3 de l’épidémie provoquée par le nouveau coronavirus entraînerait des mesures qui auraient un impact important sur la vie quotidienne des Français.

En cas de passage au stade 3, « les activités collectives sont fortement impactées », souligne le gouvernement sur le site gouvernement.fr.

Pour se préparer à cette éventualité, les autorités s’appuient sur un Plan de prévention et de lutte rédigé en 2011 en cas de pandémie grippale.

« Il peut servir de base de réflexion », précise-t-on au ministère de la Santé, même s’il y a des différences entre la grippe et le Covid-19 (à commencer par l’absence de vaccin pour le deuxième).

Ce plan prévoit entre autres une « suspension éventuelle de certains transports en commun », des « fermetures des crèches et établissements d’enseignement » (à l’échelle territoriale, voire nationale) et la « restriction des grands rassemblements et des activités collectives ».

« Il ne s’agit pas d’arrêter le pays », a assuré lundi la ministre de la Transition écologique Elisabeth Borne. « Différents scénarios sont envisagés » dans l’hypothèse d’un passage au stade 3, mais « il n’est pas question d’arrêter de faire rouler les trains ».

« Ces mesures pourraient être prises au fur et à mesure, en fonction de la situation, avec une hétérogénéité sur le territoire », commente-t-on au ministère de la Santé.

Les endroits de France les plus touchés, l’Oise et le Morbihan, sont d’ailleurs déjà concernés par l’annulation des rassemblements ou par des fermetures d’écoles.

A contrario, au stade 3, certaines de ces restrictions pourraient être allégées s’il s’avère que le virus circule vraiment partout, ce qui les rendrait alors inutiles.

A domicile

Toujours dans le domaine de la vie quotidienne, le plan de 2011 prévoit des actions pour éviter des pénuries : « surveillance des prix et de la disponibilité des produits » et maintien d’un « approvisionnement alimentaire et produits de première nécessité ».

Par ailleurs, le stade 3 entraînerait « la mobilisation complète du système sanitaire hospitalier et de ville » (médecins généralistes, infirmières, etc.), lit-on encore sur le site gouvernement.fr.

Dans cette configuration, les gens infectés par le coronavirus n’iraient plus systématiquement à l’hôpital: les patients sans gravité (80 % des cas selon les études internationales) resteraient chez eux.

« Ce dispositif de maintien à domicile visera à ne pas saturer les capacités d’hospitalisation des établissements de santé et permettra de réserver les ressources des établissements de santé aux cas les plus graves », selon un guide méthodologique ministériel sur le Covid-19 destiné aux professionnels de santé.

De même, les tests de diagnostic du Covid-19 ne seraient plus forcément appliqués à tout cas suspect.

Enfin, des structures d’accueil spécifiques pour les SDF seraient mises en place.

Le gouvernement a saisi lundi le Comité national d’éthique pour lui demander son avis sur les « mesures contraignantes qui pourraient être prises » pour lutter contre la nouvelle maladie, a indiqué cet organisme à l’AFP.

Le journal La Croix, qui a révélé cette saisine, y voit « un signe supplémentaire que le gouvernement envisage activement le passage à la troisième phase de l’épidémie ».

Quant à savoir quand cela interviendra, « il est trop tôt pour le dire, le président de la République prendra sa décision sur la base d’éléments scientifiques », fait valoir l’Elysée.

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