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Israël envisagerait de faire venir des médecins étrangers pour forcer les détenus grévistes à s’alimenter

Alors que les prisonniers palestiniens refusent de s'alimenter pour la 18e journée consécutive, certains prisonniers du Hamas auraient rejoint la grève de la faim initiée par Barghouthi

Manifestation de soutien aux prisonniers palestiniens en grève de la faim en Israël, à Ramallah, le 24 avril 2017.  Le drapeau porte un portrait de Marwan Barghouthi. (Crédit : Abbas Momani/AFP)
Manifestation de soutien aux prisonniers palestiniens en grève de la faim en Israël, à Ramallah, le 24 avril 2017. Le drapeau porte un portrait de Marwan Barghouthi. (Crédit : Abbas Momani/AFP)

Les Services chargés des prisons israéliennes envisagent de faire venir des médecins de l’étranger pour alimenter de force les détenus palestiniens qui sont en grève de la faim, a rapporté jeudi la Deuxième chaîne.

Ce plan – qui devrait générer une opposition féroce aux niveaux juridique et éthique – est actuellement étudié par le ministère de la Santé, a établi le reportage.

Cette discussion survient alors que, selon des informations, des prisonniers membres du Hamas ont également rejoint le mouvement de protestation qui, jusqu’à présent, a réuni majoritairement des membres du Fatah.

Même si la législation israélienne autorise l’alimentation forcée des détenus, l’Association médicale israélienne a interdit à ses membres de participer à une telle initiative.

Israël craint que si cette grève de la faim continue – elle entre dorénavant dans son 18e jour consécutif – les tribunaux ne forcent l’Autorité chargée des prisons à libérer les grévistes en raison de préoccupations liées à leur santé, comme cela est déjà arrivé.

Le docteur Leonid Eidelman lors d'une manifestation avant une grève des médecins, en 2011. (Crédit : Nati Shohat/Flash90)
Le docteur Leonid Eidelman lors d’une manifestation avant une grève des médecins, en 2011. (Crédit : Nati Shohat/Flash90)

En juillet 2016, Israël avait adopté une législation controversée donnant le pouvoir aux juges des tribunaux de district – la plus haute instance judiciaire en dessous de la Cour suprême – d’ordonner l’alimentation forcée d’individus soupçonnés de terrorisme en grève de la faim.

Toutefois, les médecins israéliens avaient reçu l’ordre de l’Association médicale israélienne (AMI) de ne pas se prêter à cette pratique.

« L’Association médicale israélienne regarde avec beaucoup de sévérité l’intention de légiférer sur l’alimentation forcée », avait dit à l’époque le docteur Leonid Eidelman, président de l’AMI. « Notre objection a été signalée aux [représentants des] ministères gouvernementaux et au Procureur général à chaque fois que l’opportunité s’est présentée à nous. »

Alimenter les détenus de force en utilisant un tube, contre la volonté de l’individu, est interdit depuis 1975 par la Déclaration de Tokyo de l’Association médicale mondiale, dans la mesure où la personne est « capable de faire un jugement intact et rationnel ». La procédure peut causer une douleur extrême, des saignements graves et aider à propager diverses maladies.

Interrogé en 2015 sur la raison pour laquelle l’Association médicale avait choisi de rejeter la loi controversée permettant aux autorités l’alimentation forcée des prisonniers en grève de la faim, Eidelman avait expliqué que la législation n’était pas contraignante et qu’en conséquence, les médecins avaient une justification morale lorsqu’ils refusaient de se conformer à la directive.

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