Israël et les États-Unis discuteraient de « compensations »
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Israël et les États-Unis discuteraient de « compensations »

D'autres chasseurs F-35 et des batteries de défense anti-missiles seraient fournis en échange d'une acceptation tacite par Israël de l'accord nucléaire avec l'Iran

Un avion de chasse F-35 (Crédit : Liz Kaszynski/Flash90)
Un avion de chasse F-35 (Crédit : Liz Kaszynski/Flash90)

Israël et les Etats-Unis seraient en pourparlers préliminaires et officieux sur une série de « compensations » pour Jérusalem, qui inclurait la livraison d’armes sophistiquées, en échange de l’acceptation tacite par le gouvernement Netanyahu de l’accord nucléaire émergent avec l’Iran.

La formule pourrait inclure une augmentation de la quantité d’avions de combat F-35 que les États-Unis fourniraient à Israël et des batteries supplémentaires de systèmes de défense anti-missiles, selon des rapports publiés cette semaine dans Haaretz et dans dans Yediot Ahronoth.

Un responsable de l’administration Obama a déclaré à Yediot que « la Maison Blanche est prête à payer un prix très lourd pour obtenir un peu de calme de la part des Israéliens. Nous sommes surpris que la demande n’a pas encore été faite ».

Mais le journal a également cité une source anonyme israélienne véhiculant une attitude plus ambivalente sur les pourparlers en question.

« Si nous étions arrivés à ce stade avec des demandes, cela aurait voulu dire que nous avions abandonné nos objections contre cet accord, et que c’est juste une question de savoir à quel prix. Si Israël estime que l’accord est mauvais pour sa sécurité, il ne peut pas apparaître comme y renonçant finalement », aurait expliqué la source.

Selon les articles parus dans Haaretz et Yediot, les pourparlers israélo-américains porteraient sur l’amélioration d’un accord préalablement négocié destiné à fournir à Israël 33 avions F-35, le premier lot de ce qui était attendu l’année prochaine. Le nombre total de chasseurs pourrait aller jusqu’à 50, selon Haaretz.

Israël demanderait également plusieurs batteries de Dôme de Fer, une aide supplémentaire avec le système de missile Arrow 3 développé conjointement par les Etats-Unis et Israël, et, peut-être, l’acquisition de systèmes technologiques pour la collecte de renseignements.

Il y a quelques semaines, la commision des Forces armées de la Chambre des représentants des États-Unis avait approuvé une aide de 474 millions de dollars (427 millions d’euros) pour les systèmes anti-missiles d’Israël.

Dans les fonds pour la coopération américano-israélienne de défense antimissile sont inclus de 41,4 millions de dollars (37,3 millions d’euros) pour le système de défense Dôme de Fer contre les roquettes à courte portée, 165 millions de dollars (149 millions d’euros) pour la Fronde de David, un autre système à courte portée, et des programmes de défense Arrow-3 contre les missiles à plus longue portée, ainsi que 267,6 millions de dollars (241,5 millions d’euros) pour la recherche et le développement.

Israël a été un adversaire très bruyant de l’accord nucléaire que les 5+1 puissances mondiales sont en train de négocier avec l’Iran avant la date limite du 30 juin, sous la direction des Etats-Unis.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait averti que l’accord ouvrait la voie à l’Iran pour acquérir des armes nucléaires et que la survie même d’Israël était en cause.

« Nous nous opposons à cet accord et nous ne sommes pas les seuls », a déclaré dimanche Netanyahu, notant que les Etats arabes de la région, en grande partie musulmans sunnites sont également sceptiques vis-à-vis de la transaction.

« Il est à la fois nécessaire et possible de parvenir à un meilleur accord parce que les extrémistes ne doivent pas être autorisés à atteindre leurs objectifs, ni en Iran, ni au Yémen et pas non plus à Jérusalem. »

Les Etats arabes du Golfe craignent qu’un accord sur le nucléaire pourrait être un signe avant-coureur de liens plus étroits entre les États-Unis et leur ennemi juré qu’est l’Iran chiite, un pays qu’ils considèrent également comme alimentant et soutenant les conflits au Yémen, en Syrie et en Irak.

Le président américain Barack Obama a tenté la semaine dernière de rassurer les alliés de l’Amérique dans le Golfe lors d’un sommet à Camp David en affirmant que l’accord avec l’Iran ne se ferait pas à leurs dépens.

Ces Etats négocieraient également leurs propres « programmes de compensation » impliquant des équipements de pointe et de l’armement des Etats-Unis pour contrer la menace iranienne.

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