Israël et les USA « en font trop » dans leurs relations, juge un ex-chef de la CIA
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Israël et les USA « en font trop » dans leurs relations, juge un ex-chef de la CIA

Leon Panetta a déclaré à la radio militaire qu'en ayant cessé d'avoir une approche équilibrée, Washington est plus difficilement digne de confiance vis-à-vis de son plan de paix

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Le secrétaire à la Défense, Leon Panetta témoigne sur le Capitol Hill, à Washington, en février 2013 (Crédit photo:. AP / J Scott Applewhite)
US Defense Secretary Leon Panetta testifies on Capitol Hill in Washington, D.C., February 2013 (photo credit: AP/J. Scott Applewhite)
Le secrétaire à la Défense, Leon Panetta témoigne sur le Capitol Hill, à Washington, en février 2013 (Crédit photo:. AP / J Scott Applewhite) US Defense Secretary Leon Panetta testifies on Capitol Hill in Washington, D.C., February 2013 (photo credit: AP/J. Scott Applewhite)

L’ancien directeur de la CIA Leon Panetta a déclaré jeudi que les relations entre l’administration Trump et Israël étaient devenues tellement amicales qu’il semblait que les Etats-Unis avaient cessé d’avoir une approche équilibrée des relations israélo-palestiniennes, et que cela influait sur leur crédibilité en tant que médiateur de paix.

Panetta, qui a été directeur de la CIA et secrétaire de la Défense pour l’administration Obama, a déclaré à la radio militaire dans une interview que l’attitude de Washington a créé de sérieux problèmes dans ses efforts pour présenter un projet visant à mettre fin au conflit israélo-palestinien.

« D’une certaine manière, il semble qu’ils en fassent trop dans la façon dont ils se traitent mutuellement », a déclaré Panetta à la radio. « On ne peut pas montrer qu’Israël a les Etats-Unis dans la poche, ou, en l’occurrence, que les Etats-Unis ont Israël dans leur poche. »

« Nous avons toujours tenté de maintenir une relation équilibré, et parce que les Etats-Unis semblent avoir abandonné cette approche équilibrée, cela a créé de sérieux problèmes » dans la confiance qui leur est faite à présenter un plan accepté par les deux parties, a-t-il dit.

Depuis que le président américain Donald Trump a annoncé en 2017 qu’il reconnaissait Jérusalem comme capitale d’Israël et qu’il a amorcé le transfert de son ambassade de Tel Aviv, les Palestiniens refusent tout contact avec son administration ou son équipe diplomatique, affirmant que les Etats-Unis ont perdu leur droit à agir comme négociateur honnête.

Le président américain a par la suite coupé les aides jusqu’alors allouées à l’Autorité palestinienne, fermé le bureau de l’OLP à Washington et reconnu la souveraineté israélienne sur le plateau du Golan, autant de gestes que les Palestiniens perçoivent comme un favoritisme à l’égard d’Israël.

Dimanche, le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son cabinet ont organisé une cérémonie pour marquer la création d’une nouvelle communauté sur le plateau du Golan, nommée Ramat Trump en l’honneur du président américain.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu prononce un discours devant le panneau de la nouvelle communauté établie au nom de « Ramat Trump », « colline Trump » en français, qui porte le nom du président américain, durant une cérémonie officielle, le 16 juin 2019. (Crédit : Jalaa MAREY/AFP)

Trump devrait dévoiler son plan de paix, mais la publication de ce dernier a été reportée en raison de l’instabilité politique israélienne. En effet, aucune coalition n’a pu se mettre en place à l’issue des élections législatives d’avril, et de nouvelles élections ont été convoquées pour le mois de septembre.

La semaine prochaine, l’administration Trump et Bahraïn organiseront un atelier économique à Manama. Le sommet du 25 et 26 juin est censé « faciliter les discussions sur une vision et un cadre ambitieux et réaliste d’un avenir prospère pour le peuple palestinien et la région ».

Des responsables américains ont déclaré que ce sommet portera sur le volet politique du plan de Washington censé résoudre le conflit israélo-palestinien. Les Palestiniens se sont fermement opposés à la conférence et ont exhorté les pays arabes à ne pas y participer, affirmant qu’il placera les questions économiques au-dessus des solutions politiques.

Panetta a également commenté sur les tensions entre les Etats-Unis et l’Iran, qui se sont progressivement dégradées depuis que Trump s’est retiré l’an dernier de l’accord sur le nucléaire iranien entre la République islamique et les puissances mondiales, et restauré les sanctions.

Jeudi, Téhéran a annoncé avoir abattu un drone américain qui traversait l’espace aérien américain, et les Etats-Unis ont accusé l’Iran d’être derrière les récentes attaques contre des pétroliers dans le golfe d’Oman.

« Il y a toujours un risque qu’une des deux parties fasse une erreur de calcul et que cela se termine en une confrontation militaire », estime Panetta.

« Personne ne veut d’une autre guerre au Moyen-Orient », a-t-il ajouté, avant de recommander de développer les voies diplomatiques.

Eric Cortellessa a contribué à cet article.

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