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Israël fait appel à l’IA et au metavers pour l’aider dans sa diplomatie numérique

En plusieurs langues et grâce à une startup de Tel-Aviv, les Affaires étrangères s'engagent dans le monde virtuel pour faire passer ses messages à ses amis (et à ses ennemis)

David Saranga, directeur du bureau de la diplomatie numérique au ministère des Affaires étrangères israélien, délivre un message en farsi. (Crédit : Twitter)
David Saranga, directeur du bureau de la diplomatie numérique au ministère des Affaires étrangères israélien, délivre un message en farsi. (Crédit : Twitter)

Un diplomate israélien qui présente ses vœux à ses auditeurs à travers le monde dans leur langue maternelle n’est que le début de la manière dont l’intelligence artificielle (IA) peut être utilisée comme outil pour améliorer cette pratique vénérable qu’est la diplomatie.

En début d’année, l’ambassadeur David Saranga, chef de la division de la diplomatie numérique au ministère des Affaires étrangères, a publié sur Twitter des vidéos où son effigie délivrait un message en arabe, en mandarin chinois, en persan, en grec, en hindi, en portugais, en russe et en turc. Saranga ne parle aucune de ces langues, mais il a voulu encourager le dialogue.

« J’ai toujours voulu communiquer avec vous en turc, une langue que j’ai entendue dans mon enfance dans la maison de mon père », indique l’image de Saranga dans la vidéo s’adressant à toute la Turquie. « C’est désormais possible grâce à la technologie israélienne d’intelligence artificielle, qui me permet de parler dans n’importe quelle langue.

Saranga a utilisé un programme vidéo d’intelligence artificielle (IA) générative mis au point par la société D-ID, basée à Tel-Aviv, qui peut générer des avatars numériques humains parlant plusieurs langues. Israël est ainsi l’un des premiers pays à utiliser l’intelligence artificielle dans le cadre de ses activités de diplomatie numérique, d’après le ministère.

« Nous réalisons que nous vivons actuellement une révolution, que l’ensemble de la sphère numérique est en train de changer », a déclaré Saranga au Times of Israel. « Et donc, nous encourageons nos collaborateurs – et quand je dis nos collaborateurs, je veux dire les ambassades et les diplomates, etc… – à plonger dans le monde de l’IA afin de voir comment l’utiliser au service du public. »

Le ministère des Affaires étrangères a ouvert son premier compte Twitter en 2009. Aujourd’hui, le ministère gère des comptes de réseaux sociaux dans plus de 50 langues, publiant près de 2 milliards de messages par an, ce qui donne une visibilité mondiale importante à Israël pendant les périodes diplomatiquement tendues.

Saranga a noté que le contenu en langue persane créé par le ministère sur les réseaux sociaux a généré près de 450 millions d’engagements en 2022, avec 93 % de ces téléspectateurs provenant de l’Iran même au moment où les protestations de masse suite à la mort de Mahsa Amini ébranlaient la République islamique.

Néanmoins, d’après Saranga, l’utilisation du metavers – une réalité virtuelle dans laquelle les utilisateurs peuvent interagir entre eux et avec l’environnement – et de l’IA dans la diplomatie numérique n’en est encore qu’à ses débuts. En 2022, l’ambassade d’Israël en Corée du Sud a ouvert une mission diplomatique dans le metavers, qu’elle affirme être la première du genre.

« Ces deux domaines, le metavers et l’IA, n’en sont qu’à leurs débuts », a déclaré Saranga. « Nous sommes très avancés lorsqu’il s’agit de transmettre le message israélien.

Pour contourner les interdictions strictes des réseaux sociaux imposées par l’Iran, le ministère s’est également tourné vers Instagram.

« Il y a beaucoup de petites entreprises en Iran qui font des affaires via Instagram, c’est pourquoi le régime a décidé de ne pas complètement fermer le réseau. Instagram est donc devenu la plateforme la plus importante pour faire passer des messages », a déclaré Saranga.

Le ministère affirme avoir été l’un des premiers au monde à rejoindre TikTok en 2022, qui compte une proportion majoritaire de jeunes. « En matière de diplomatie publique, il faut aller à la rencontre du public le plus tôt possible ou l’approcher le plus tôt possible, c’est-à-dire dès l’adolescence, avant même qu’il ne se soit forgé une opinion. Et, dès le départ, nous avons cherché à atteindre les jeunes générations, parce qu’ils consomment les informations sur TikTok. »

Exploiter la technologie israélienne

En utilisant la plateforme de D-ID dès janvier, le ministère des Affaires étrangères a remercié la startup israélienne de lui avoir donné la possibilité de converser avec des publics du monde entier dans leur langue maternelle, repoussant ainsi les limites de la diplomatie traditionnelle.

« Nous savons que tout le monde parle de #ChatGPT mais nous avons officiellement trouvé notre prochaine obsession en matière d’IA », a tweeté le ministère.

Les vidéos Twitter de Saranga, dont les messages multilingues s’adressent directement à des alliés clés dans l’arène diplomatique, ont été produites à l’aide de la plateforme de portraits parlants de D-ID. La startup, fondée en 2017, s’est retrouvée au milieu de plusieurs projets viraux à l’épicentre du domaine de l’IA générative en utilisant la génération texte-vidéo de présentateurs numériques ou d’avatars, et en incorporant la génération de textes et d’images.

Gil Perry, cofondateur et PDG de D-ID. (Crédit : Yoram Reshef)

« D-ID est un élément clé de l’espace mondial de l’IA générative », a déclaré Gil Perry, cofondateur et PDG de D-ID. La technologie « est une passerelle majeure pour les nouveaux utilisateurs qui découvrent et expérimentent les outils d’IA en général et les vidéos d’IA en particulier ».

D-ID est bien conscient des pièges qui peuvent guetter une technologie aussi puissante, et affirme respecter les règles éthiques établies par le Partenariat sur l’IA et l’Initiative pour l’authenticité du contenu.

« Pour empêcher la diffusion de fausses informations, nous utilisons des algorithmes de détection et des logiciels tiers spécialisés », explique M. Perry. « Nous ajoutons des filigranes numériques à toutes les vidéos produites sur notre plateforme afin de préciser que l’image est générée par ordinateur. »

Yaniv Levi, vice-président du marketing produit chez D-ID. (Crédit : Eyal Regev)

Yaniv Levi, vice-président du marketing produit chez D-ID, a confié au Times of Israel qu’il existe des limites au type de contenu qui peut être téléchargé sur la technologie du portrait parlant, notamment l’interdiction de la nudité, du blasphème et de l’utilisation de l’image d’hommes politiques célèbres.

D-ID a également déclaré qu’elle « s’engage à utiliser sa puissante technologie à des fins éthiques et positives », notamment dans le cadre de campagnes d’impact social visant à sensibiliser le public à des questions telles que la violence domestique, le HIV et l’enseignement de la Shoah.

D-ID progresse également dans le metavers, où les utilisateurs peuvent créer des avatars pour interagir dans le monde virtuel.

« Nous sommes prêts pour le metavers. Nos produits y sont déjà utilisés, principalement à des fins éducatives », a déclaré M. Perry. « À l’avenir, nous visons à améliorer constamment la qualité et le contrôle que les utilisateurs exercent sur les personnes numériques qu’ils créent. »

Ce mois-ci, D-ID a dévoilé une plateforme qui permet aux utilisateurs de simuler une conversation en face à face avec des humains numériques générés par l’IA.

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