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Israël ferme le poste-frontière d’Erez aux travailleurs de Gaza après des tirs

Gantz a juré une "riposte dure" aux attaques continues à la roquette ; l'armée n'a pas attaqué l'enclave ; le poste-frontière piéton devrait rouvrir dimanche après une évaluation

Des ouvriers palestiniens au poste-frontière d'Erez, dans le nord de Gaza, attendent de pouvoir entrer pour travailler en Israël, le 13 mars 2022. (Crédit : Attia Muhammed/Flash90)
Des ouvriers palestiniens au poste-frontière d'Erez, dans le nord de Gaza, attendent de pouvoir entrer pour travailler en Israël, le 13 mars 2022. (Crédit : Attia Muhammed/Flash90)

Israël a annoncé samedi la fermeture temporaire de son seul point de passage frontalier avec la bande de Gaza pour les piétons, après trois roquettes qui ont été tirées depuis l’enclave côtière, dirigée par le Hamas, vers le sud de l’État juif, vendredi soir et dans la nuit de samedi.

Selon la liaison militaire avec les Palestiniens, le poste-frontière ne rouvrira pas pour les travailleurs palestiniens, dimanche, après sa fermeture jeudi en raison de la fête de Pessah.

« A la suite de tirs de roquettes (vendredi), les commerçants et travailleurs de Gaza ne seront pas autorisés à traverser le passage d’Erez dimanche », a indiqué dans un communiqué le Coordinateur des activités gouvernementales dans les Territoires (COGAT), l’organe du ministère israélien de la Défense qui supervise les activités civiles dans les territoires palestiniens.

« La décision de rouvrir le passage sera prise après une évaluation de la situation sécuritaire », a ajouté le communiqué.

Ce poste-frontière – comme tous ceux séparant Israël et la Cisjordanie – avait été fermé dès jeudi à 17 heures, une fermeture qui devait rester initialement en vigueur jusqu’à samedi, à un horaire qui n’avait pas été déterminé.

Des exceptions avaient été faites à des fins humanitaires et autres cas exceptionnels, sous réserve de l’approbation préalable du COGAT.

Des milliers de Palestiniens travaillent en Israël, notamment dans les secteurs de la construction et de l’agriculture, où ils perçoivent des salaires beaucoup plus élevés qu’à Gaza. L’enclave palestinienne souffre d’un taux de pauvreté avoisinant les 60 % et d’un chômage endémique oscillant autour de 50 %. Le nombre de permis octroyés par l’État juif à des habitants de la bande de Gaza pour venir travailler sur le territoire israélien était passé à 12 000, le mois dernier – en l’attente d’une nouvelle augmentation à hauteur de 8 000 autorisations, ce qui concernerait un nombre de 20 000 Palestiniens de l’enclave côtière au total.

L’armée israélienne s’est abstenue de répondre militairement aux trois roquettes, malgré une série de frappes, cette semaine, qui sont venues répondre à des attaques similaires.

Le ministre de la Défense Benny Gantz a promis, jeudi, « une riposte dure » aux tirs de roquette continus.

« Le ministre de la Défense a noté qu’avant la fête de Pessah, l’état de préparation des militaires a été renforcé dans le secteur et que le principe d’une riposte dure à toutes les activités terroristes sera maintenu », a signalé le bureau de Gantz. Le ministre de la Défense a rencontré les leaders des communautés aux abords de la frontière la bande de Gaza, quelques heures après que des avions israéliens ont attaqué des cibles du Hamas suite aux attaques à la roquettes antérieures.

Vendredi soir, une roquette a atterri dans un champ du conseil régional de Shaar Hanegev, tandis que la deuxième est retombée dans le nord de la bande, selon l’armée israélienne. Quelques heures plus tard, un troisième missile a été lancé depuis le sud de Gaza et il s’est abattu sur une zone non-habitée située à proximité d’une ville, près de la frontière.

Il y a eu cinq attaques à la roquettes dans le sud d’Israël en une semaine. Une est retombée sur le territoire de Gaza dans la journée de jeudi, une autre près d’une habitation de Sdérot, mercredi, et une troisième a été interceptée par le système de défense antiaérien israélien, lundi.

Les groupes terroristes basés à Gaza n’ont pas revendiqué la responsabilité de ces tirs de roquettes même si l’attaque de lundi a été attribuée par plusieurs médias au Jihad islamique palestinien.

Des flammes et de la fumée montent lors des frappes aériennes israéliennes dans le centre de la bande de Gaza, le 21 avril 2022. (Crédit: Bashar Taleb / AFP)

L’armée a riposté par des raids aériens qui ont ciblé un certain nombre de sites militaires du Hamas à Gaza, notamment un site utilisé par le groupe terroriste pour fabriquer des armes.

Tsahal a indiqué, dans son communiqué rendu public jeudi en début de matinée, tenir le Hamas pour responsable de ce qui se passe dans la bande de Gaza, restant fidèle à sa politique traditionnelle consistant à viser militairement les postes appartenant à l’organisation en réponse aux tirs de roquettes, indépendamment de l’implication directe du Hamas dans ces lancements.

Ces frappes à la roquette ont mis un terme à près de quatre mois d’accalmie sur la frontière avec Gaza. Les tirs de roquette de mercredi ont fait suite à une journée très tendue à Jérusalem, pendant laquelle la police a empêché la venue, à la porte de Damas, dans la Vieille ville – un lieu de rassemblement populaire pour les Palestiniens de Jérusalem-Est – de nationalistes israéliens qui avaient organisé un défilé. Le Hamas avait menacé d’attaquer Israël si la marche de ces extrémistes de droite devait avoir lieu.

Il y a eu, ces derniers jours, des affrontements violents entre émeutiers palestiniens et police sur le mont du Temple de Jérusalem, et des dizaines de Palestiniens ont été blessés ainsi que plusieurs policiers.

Des Palestiniens s’affrontent avec les forces de l’ordre israéliennes sur le mont du Temple, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 15 avril 2022. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

Le Hamas et les autres groupes terroristes palestiniens ont affirmé de manière répétée que ce lieu saint était une ligne rouge à ne pas franchir. Les actions menées par la police israélienne pour étouffer les émeutes qui y avaient éclaté, l’année dernière, avaient contribué au déclenchement de la guerre d’onze jours qui avait eu lieu dans la bande de Gaza, au mois de mai dernier.

Cela fait quinze ans que la bande de Gaza est soumise à des restrictions émises par l’État juif et par l’Égypte, dans le but de contenir les dirigeants du Hamas et les autres groupes terroristes. Selon Israël, les restrictions appliquées au transfert des biens et des personnes sont nécessaires de manière à bloquer les initiatives prises par le Hamas – qui a juré la destruction d’Israël – de s’armer pour attaquer l’État juif.

Les critiques, de leur côté, déplorent l’impact des restrictions sur les citoyens ordinaires qui, pour environ 50 % d’entre eux, sont sans emploi, selon le Bureau central des statistiques palestiniens. Le taux de pauvreté très important fait d’un travail au sein de l’État juif une option très attractive pour les Gazaouis qui ont la chance d’obtenir un permis.

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