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Israël interdit aux médecins de parler aux enquêteurs de l’ONU du 7 octobre

La commission d'enquête formée par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU en 2021 est dirigée par trois personnes aux opinions jugées antisémites et anti-Israël

Navi Pillay (au centre), présidente de la Commission internationale indépendante d'enquête des Nations Unies sur le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et Israël, informe les journalistes du premier rapport de la Commission, À droite, Miloon Kothari, et à gauche, Chris Sidoti le 14 juin 2022. (Crédit : Jean Marc Ferré/ONU)
Navi Pillay (au centre), présidente de la Commission internationale indépendante d'enquête des Nations Unies sur le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et Israël, informe les journalistes du premier rapport de la Commission, À droite, Miloon Kothari, et à gauche, Chris Sidoti le 14 juin 2022. (Crédit : Jean Marc Ferré/ONU)

Lundi, le ministère de la Santé a demandé au personnel du système de santé de ne pas coopérer avec la Commission internationale indépendante d’enquête dans le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et en Israël, en invoquant sa position perçue comme étant largement anti-Israël.

Depuis quelques semaines, les principaux médecins et le personnel hospitalier qui ont soigné les victimes du 7 octobre et les otages libérés reçoivent des lettres et des courriels de la commission, qui opère sous l’égide du Conseil des droits de l’homme (CDH) des Nations unies (ONU). La commission a demandé à recevoir des informations et à organiser des entretiens dans le cadre de son enquête sur les crimes internationaux et à caractère sexuel commis depuis le début de l’actuelle guerre entre Israël et le Hamas.

Les conclusions des enquêtes de la commission seront présentées dans ses rapports au CDH en juin et à l’Assemblée générale des Nations unies (AGNU) en octobre.

Selon la chaîne publique Kan, le ministère de la Justice aurait demandé au service juridique du ministère de la Santé d’instruire les médecins israéliens et les autres personnes qui ont participé à la prise en charge des victimes du 7 octobre et des otages libérés de ne pas s’adresser à la commission d’enquête.

Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Lior Haiat, a qualifié la commission « d’organisme anti-Israël et antisémite » et a déclaré qu’Israël ne coopérerait pas avec elle.

Interrogé par le Times of Israel sur le fondement de ces affirmations, Haiat a répondu : « La commission d’enquête a pour mission d’enquêter sur Israël sans limite de temps, à la différence de toutes les autres commissions d’enquête de l’ONU ». « Qui plus est, les trois personnes qui ont été choisies pour la diriger sont des antisémites et des anti-israéliens notoires », a ajouté Haiat.

L’ancienne responsable des droits de l’homme des Nations unies, Navi Pillay, présente un rapport le jour de l’ouverture de la 50e session du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, à Genève, le 13 juin 2022. (Crédit : Fabrice Coffrini/AFP)

La commission est présidée par Navanethem (Navi) Pillay, originaire d’Afrique du Sud, qui a été Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme de 2008 à 2014 et qui est actuellement juge ad hoc à la Cour internationale de justice (CIJ).

Les autres dirigeants de la commission sont Miloon Kothari (Inde), premier rapporteur spécial de l’ONU sur le problème du logement adéquat, et Chris Sidoti (Australie), consultant international en matière de droits de l’homme et expert en institutions nationales des droits de l’homme et en droit et mécanismes internationaux relatifs aux droits de l’homme.

Ils ont tous les trois tenu dans le passé des propos qu’Israël a jugés mensongers, offensants ou diffamatoires à l’égard de l’État juif ou de la communauté juive mondiale, voire des deux.

Des manifestantes se sont rassemblées devant le siège de l’ONU à New York, le 4 décembre 2023, pour protester contre le silence de la communauté internationale à propos des violences sexuelles commises par les terroristes du Hamas contre des femmes israéliennes lors du massacre du 7 octobre. (Crédit : Carli Fogel)

Lors d’une conférence de presse de l’ONU enregistrée le 25 octobre, Pillay a mentionné le communiqué de la Commission publié le 10 octobre qui condamnait les attaques du Hamas et appelait à la cessation des hostilités et au retour des otages. « Nous avons nommé et condamné le Hamas, mais nous condamnons aussi catégoriquement les attaques militaires israéliennes qui entraînent inexorablement la mort de milliers de civils palestiniens dans la bande de Gaza », a ajouté Pillay.

« Notre mandat permanent nous permet de nous pencher sur des questions telles que le droit à la défense. Mais ce que nous voyons ici, ce sont plutôt des représailles et des vengeances », a-t-elle déclaré.

Pillay a décrit les politiques et les plans militaires du gouvernement israélien dans la guerre actuelle comme relevant « de mesures visant à infliger une punition collective à l’ensemble de la bande de Gaza et à tous les citoyens palestiniens ».

Dans une interview accordée au site web anti-Israël Mondoweiss en juillet 2022, Kothari a été interrogé sur les critiques formulées à l’encontre de la Commission d’enquête de l’ONU chargée d’enquêter sur les violations des droits en Israël et dans les territoires palestiniens.

« Nous sommes vraiment déçus par les réseaux sociaux qui sont contrôlés en grande partie par le lobby juif ou par des ONG spécifiques. Beaucoup d’argent est jeté pour essayer de nous discréditer », a-t-il déclaré dans l’interview.

Il a également déclaré, le même mois : « J’irais même jusqu’à poser la question de savoir pourquoi Israël est membre des Nations unies ».

Les soldats de l’armée israélienne dans la bande de Gaza, une photo autorisée à la publication le 7 janvier 2024. (Crédit : Armée israélienne)

En juin 2022, Sidoti a rejeté les accusations d’antisémitisme portées contre la commission et a déclaré qu’elles étaient « jetées comme du riz lors d’un mariage ».

« C’est une tragédie et une parodie que de banaliser l’antisémitisme à des fins politiques, de le vider de son contenu, de l’utiliser comme bouclier pour une critique ordinaire des actions d’un État », a-t-il ajouté.

Alors qu’Israël a critiqué l’ONU et les organisations internationales de défense des droits de l’homme pour ne pas avoir dénoncé immédiatement les crimes de guerre et les crimes sexuels commis par le Hamas contre des Israéliens le 7 octobre, il s’oppose à toute enquête menée par cet organe particulier, qui a une longue histoire de partialité anti-Israël.

La Commission internationale chargée d’enquêter sur le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et en Israël a été créée par le CHD de l’ONU en mai 2021, à la suite de l’opération Gardien des Murs. Le conflit, déclenché par des tirs de roquettes du groupe terroriste du Hamas et du Jihad islamique palestinien depuis Gaza sur Jérusalem et d’autres villes israéliennes, a duré 12 jours. Le conflit a également donné lieu à de violents affrontements entre Juifs et Arabes à l’intérieur d’Israël.

La commission d’enquête a été créée sous la forme d’une « commission d’enquête internationale permanente et indépendante chargée d’enquêter, dans le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et en Israël, sur toutes les allégations de violations du droit international humanitaire et d’atteintes au droit international des droits de l’homme qui ont précédé et suivi le 13 avril 2021 ».

La commission a également pour mandat « d’enquêter sur toutes les causes profondes des tensions récurrentes, de l’instabilité et de la prolongation du conflit, y compris la discrimination et la répression systématiques fondées sur l’appartenance nationale, ethnique, raciale ou religieuse ».

La commission a tenu plusieurs audiences publiques à Genève et, en décembre 2022, elle a salué la résolution de l’AGNU demandant un avis consultatif de la CIJ relatif à « l’occupation israélienne du territoire palestinien. »

Dans l’un de ses rapports, la commission a condamné « les attaques, les restrictions et le harcèlement visant la société civile palestinienne et israélienne, et dans le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est », rejetant principalement la faute sur les autorités israéliennes.

Elle a qualifié ces agissements comme faisant « partie intégrante des objectifs du gouvernement israélien visant à assurer et à pérenniser son occupation au détriment des droits du peuple palestinien ».

Dans une interview accordée à la South African Broadcasting Corporation (SABC) en novembre, Pillay a déclaré : « Les opérations de maintien de l’ordre de plus en plus militarisées menées par Israël en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est, et les attaques répétées contre Gaza, violent systématiquement le droit international relatif aux droits de l’homme et le droit international humanitaire. »

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