Israël interdit l’entrée de Gaza à 5 eurodéputés
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Israël interdit l’entrée de Gaza à 5 eurodéputés

Les députés voulaient évaluer sur le terrain la reconstruction de Gaza, mais, selon le COGAT, ils ne sont pas sur la liste des personnes autorisées à y entrer

Des Palestiniens arrivent depuis Gaza au point de passage Erez, entre Israël et la bande de Gaza, le 3 septembre 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Des Palestiniens arrivent depuis Gaza au point de passage Erez, entre Israël et la bande de Gaza, le 3 septembre 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Cinq députés européens ont indiqué mercredi avoir été interdits d’entrée dans la bande de Gaza par les autorités israéliennes qui imposent depuis 10 ans avec les autorités égyptiennes un blocus au territoire palestinien.

« Le refus opposé arbitrairement par les autorités israéliennes au Parlement européen est inacceptable », a réagi l’eurodéputé chypriote Neoklis Sylikiotis dans un communiqué.

La délégation qu’il dirige a essuyé plusieurs refus similaires et « systématiques » depuis 2011, rappelle-t-il, à l’exception d’une courte visite du chef du Comité en charge du budget du Parlement européen. « Qu’y a-t-il à Gaza qu’il faille nous cacher ? », s’interroge-t-il.

Israël, qui contrôle tous les accès à la bande de Gaza en dehors de la frontière sud du territoire avec l’Egypte, a expliqué que les parlementaires ne faisaient pas partie des personnes autorisées à entrer dans le territoire.

Le Coordonnateur des activités gouvernementales dans les Territoires, le général de division Yoav Mordechai, en 2015. (Crédit : Gershon Elinson/Flash90)
Le Coordonnateur des activités gouvernementales dans les Territoires, le général de division Yoav Mordechai, en 2015. (Crédit : Gershon Elinson/Flash90)

« La politique israélienne est de permettre à des responsables professionnels ou humanitaires de transiter entre Israël et la bande de Gaza afin de développer l’économie et les infrastructures, ainsi que les diplomates étrangers officiant auprès de l’Autorité palestinienne ou en Israël », a répondu à l’AFP le COGAT, organe du ministère israélien de la Défense chargé de délivrer les permis.

« Ces explications sont inacceptables », a jugé Sylikiotis, qui appelle « la communauté internationale à faire pression sur Israël pour qu’il lève le blocus de Gaza ».

La délégation du Parlement européen en charge des relations avec la Palestine se proposait « d’évaluer sur le terrain la reconstruction et les efforts pour réhabiliter » la bande de Gaza ravagée depuis 2008 par trois guerres du Hamas contre Israël.

L’Union européenne est le principal bailleur d’aide financière aux Palestiniens et le premier partenaire commercial d’Israël.

Selon la Banque mondiale et l’ONU, dix années de blocus maritime, terrestre et aérien ont pratiquement tué toute exportation de Gaza et mené l’économie de la petite enclave coincée entre l’Egypte, Israël et la Méditerranée au bord du gouffre. Le blocus, doublé de la fermeture quasi permanente de la frontière égyptienne, prive de mouvement la très grande majorité des deux millions d’habitants de la bande de Gaza.

Pour Israël, ce blocus est nécessaire pour contenir le Hamas qui gouverne sans partage le territoire et empêcher l’entrée de matériaux servant aux groupes terroristes contre Israël.

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