Israël, le pays le plus accusé de violations des droits humains sur Twitter – étude
L'analyse de 100 millions de tweets sur 30 mois montre que les tweets antisémites ont atteint un pic lors de troubles aux US, notamment l'insurrection du Capitole et la mort de George Floyd
Une étude poussée portant sur les discussions sur les sociaux sur la plateforme Twitter sur une période de plusieurs années a révélé qu’Israël est le pays le plus souvent accusé de violation des droits humains dans le monde.
L’étude réalisée par la Ruderman Family Foundation et le Network Contagion Research Institute, un organisme à but non lucratif, a analysé environ 100 millions de tweets publiés entre le 1er janvier 2020 et le 30 juin 2022. Elle a révélé qu’Israël est la cible de telles accusations 12 fois plus que la Chine, 38 fois plus que l’Iran, 55 fois plus que la Russie et 111 fois plus que la Corée du Nord.
La fondation a présenté cette étude lors d’une réunion du Caucus de la Knesset pour les relations entre Israël et les Juifs américains, qui s’est tenue la semaine dernière.
Les chercheurs ont postulé que la grande majorité des tweets « antisionistes » publiés au cours de cette période étaient également de nature antisémite et se faisaient l’écho de « tropes haineux identiques » et appliquaient une politique de deux poids, deux mesures au comportement israélien. L’étude a montré que les tweets antisémites et antisionistes atteignaient des sommets à des moments différents, en corrélation avec les événements de la vie réelle et la politique.
Au cours de la période en question, lorsque l’administration Trump était au pouvoir, il y avait six fois plus de tweets antisémites que de tweets antisionistes, et lorsque l’administration Biden était au pouvoir, il y avait environ trois fois plus de tweets antisionistes que de tweets antisémites.
Les tropes antisémites dans les tweets ont atteint un pic au moment de l’insurrection du 6 janvier au Capitole, de l’arrivée du COVID-19 et des théories du complot qui ont suivi, ainsi que de la mort atroce de George Floyd et des manifestations Black Lives Matter qui s’en sont suivies. Les tweets reprenant des thèmes antisionistes ont connu une recrudescence lors de la guerre de 2021 contre Gaza, de l’assassinat de la journaliste palestinienne Shireen Abu Akleh et de la publication en 2022 d’un rapport d’Amnesty International accusant Israël de pratiquer l’apartheid.
Le rapport de la fondation suggère également que ces pics sont en corrélation avec des attaques antisémites réelles sur les campus universitaires et en dehors, mais il ne donne pas d’exemples.
« De nombreuses personnes font la distinction entre l’antisionisme et l’antisémitisme, mais nos recherches suggèrent que les tropes qu’ils utilisent sont presque identiques », a déclaré Adam Sohn, PDG du NCRI, dans un communiqué. « Dans la présente analyse, comme dans les précédentes, nous avons trouvé une corrélation avec des incidents antisémites réels. Les tropes de l’antisionisme sont utilisés pour justifier une attaque plus large contre les Juifs partout dans le monde, et nous demandons instamment que des mesures appropriées soient prises pour y faire face. »