Israël mènerait des frappes aériennes au Sinaï pour aider l’Egypte – média
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Plus de cent frappes aériennes en deux ans

Israël mènerait des frappes aériennes au Sinaï pour aider l’Egypte – média

Des drones non-marqués, des avions chasseurs et des hélicoptères de combat mènent des attaques contre les djihadistes liés à l'EI au profit de Sissi, a rapporté le New York Times

Une photo prise depuis la frontière de Rafah au sud de la bande de Gaza avec l'Egypte montre de la fumée s'élever dans le nord du Sinaï égyptien le 8 juillet 2017 (Crédit : Said Khatib/AFP)
Une photo prise depuis la frontière de Rafah au sud de la bande de Gaza avec l'Egypte montre de la fumée s'élever dans le nord du Sinaï égyptien le 8 juillet 2017 (Crédit : Said Khatib/AFP)

Des drones israéliens, des avions-chasseurs et des hélicoptères de combat ont mené plus de 100 frappes aériennes contre les terroristes affiliés à l’Etat islamique dans le Sinaï lors d’une initiative visant à aider l’Egypte à gérer les insurgés jihadistes dans la péninsule, a fait savoir samedi le New York Times.

Israël, alarmé par la menace de l’autre côté de la frontière, a accepté d’agir avec la bénédiction du président égyptien Abdel-Fattah el-Sissi alors que l’Egypte lutte pour gérer le soulèvement violent qui a fait des centaines de morts parmi les forces de sécurité et les civils égyptiens, a affirmé le journal.

« Ennemis au cours de trois guerre, puis antagonistes dans une paix difficile, l’Egypte et Israël sont dorénavant des alliés secrets dans une guerre couverte contre un ennemi commun », a dit le journal.

Tandis que la coordination sécuritaire entre Jérusalem et Le Caire est connue pour être étroite, ces liens sont encore impopulaires en Egypte malgré trois décennies de paix. Afin de conserver une coopération sereine, les avions israéliens sont souvent non-marqués et utilisent parfois des parcours indirects pour tenter de couvrir l’origine des frappes, a indiqué le rapport.

L’article affirme que Sissi a conservé le secret sur ces frappes israéliennes en n’investissant dans cette coopération qu’un petit groupe de militaires et de responsables des renseignements et qu’il a maintenu le nord du Sinaï sous le statut de zone militaire fermée, interdisant l’entrée aux journalistes de la région.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, avec le président égyptien Abdel Fattah el-Sissi, à droite, à New York, le 18 septembre 2017. (Crédit : Avi Ohayun/GPO)

Les responsables israéliens et égyptiens ont refusé de confirmer ou de commenter l’article qui, selon le journal, a été conçu à partir d’entretiens accordés par sept responsables britanniques et américains anciens et actuels impliqués dans la politique du Moyen-Orient et qui ont tous réclamé l’anonymat.

L’article a cité des responsables américains qui ont estimé que la campagne aérienne d’Israël avait joué un rôle décisif en permettant aux forces armées égyptiennes d’avoir le dessus contre les djihadistes.

La collaboration entre l’Egypte et Israël « est la preuve la plus spectaculaire d’une reconfiguration de la politique dans la région », a indiqué le New York Times, dans laquelle l’Etat islamique, l’Iran et l’extrémisme islamique « ont tranquillement amené les leaders de plusieurs pays arabes à s’aligner de plus en plus auprès d’Israël – même alors que leurs responsables et les médias d’information continuent à diaboliser l’Etat d’Israël ».

Selon ces sources américaines, Israël a commencé ses frappes aériennes suite à la capture d’une ville du nord du Sinaï par les islamistes et l’abattage d’un charter russe au dessus du Sinaï en 2014, qui avait fait 224 morts. Elles ont précisé qu’Israël avait connu une série de succès, tuant des chefs terroristes.

Suite aux frappes israéliennes, les Islamistes avaient ralenti leurs avancées et avaient tourné leur attention vers des cibles moins importantes, attaquant des mosquées et des églises, a indiqué le reportage.

Toutefois, Israël aurait déploré auprès des Etats-Unis le fait que l’Egypte ne s’en tienne pas aux termes de la convention et que le Caire devait initialement assurer un suivi des frappes aériennes en envoyant des forces terrestres dans la région.

Selon l’article, la dépendance de l’Egypte envers l’aide israélienne dans le Sinaï aide à souligner pourquoi le gouvernement Netanyahu se montrait si dédaigneux des propositions de paix de l’administration Obama sous lesquelles l’Egypte et la Jordanie auraient aidé à garantir la sécurité d’Israël si l’Etat juif avait renoncé au contrôle plein et entier du territoire adjacent pour un état palestinien.

Lorsque le secrétaire d’Etat John Kerry avait proposé cet accord régional, le Premier ministre Benjamin Netanyahu « s’était moqué de l’idée », a déclaré l’article de samedi.

« Les militaires israéliens renflouent d’ores et déjà l’armée égyptienne », avait-il dit, selon les Américains. « Si l’Egypte se montre incapable de contrôler le terrain dans ses propres frontières », avait-il ajouté, « elle ne saurait être en position de garantir la sécurité d’Israël ».

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